UNE PREUVE
0 Christ! les yeux tournés vers la céleste voûte, Je demande un rayon qui descende de toi. Je ne suis pas de ceux dont l'angoisse du doute N'a jamais altéré Tinaltérable foi.
La voix du siècle est forte, et parfois je l'écoute. Est-il une lumière, une infaillible loi? Et trop souvent, hélas ! — oh ! prends pitié de moi ! — Je vais comme l'aveugle indécis dans sa route.
Mais une preuve alors éclate à mes regards : Femmes au chaste front, jeunes gens, doux vieillards, Je vois que les cœurs purs sont partout ceux qui t'aiment.
Je vois, sous ces deux bras que tu tendis sur nous.
Que les plus vertueux sont encore à genoux.
Et que les scélérats sont ceux qui te blasphèment!