‹ Sonnets capricieuxChapitre 75 sur 259 · LE GUÉRIDON · texte numérisé non relu

LE GUÉRIDON

Où sont les jours heureux? Ah! la vie est mauvaise. De quel rapide vol s'éloignent nos vingt ans! Où sont les heureux jours, quand riait au printemps Cette fleur d'Albion dans sa grâce française !

Avec tous les hasards femme toujours à l'aise, C'est elle qui faisait la pluie et le beau temps; Et, comme le sculpteur prend de la terre glaise, Elle prenait un cœur dans ses doigts inconstants.

Tout le jour on courait; par les champs, par la ville, On suivait, haletant, sa fantaisie agile; Puis, rentrant vers le soir à son petit palais.

On voyait sur sa table, image de sa vie. Une Bible, un vieux gant, une rose flétrie, Un roman et des pistolets I

Page 1