GUIGNON
On partait pour le bal : Madame était coiffée; Trois gerbes de rubis ornaient ses cheveux blonds, Magnifiques cheveux de déesse ou de fée, Qui, tout à l'heure encor, pendaient jusqu'aux talons.
Les souliers étaient mis et la robe agrafée ; Quelle robe! un jardin semé de papillons. Jamais reine de bal ne fut mieux attifée. Le triomphe était sûr, l'heure sonnait, allons !
Tout à coup, elle apprend d'un serviteur qui pleure. Elle apprend que son père est mort, frappé sur l'heure. Désespoir! pâmoison ! cris contre le destin!
Hélas! voilà qu'on rentre et qu'on se déshabille,
Et qu'on regrette bien ce père de famille,
Oui, certe, aurait pu vivre au moins jusqu'au matin !
PORTRAITS ET CARACTÉRKS. 101