‹ Sonnets capricieuxChapitre 78 sur 259 · LES MISÉRABLES · texte numérisé non relu

LES MISÉRABLES

Au rayon du couchant qui rougit la rivière,

Au murmuro du soir à travers les sureaux,

Ils sont assis tous deux : l'un sur un banc de pierre,

L'autre dans un fauteuil, derrière ses vitraux.

L'un jouit dans son cœur de la nature entière. De la fleur et du vent, du soleil et des eaux; Il a mangé son pain donné par la fermière, Et le peu qu'il en reste il le jette aux oiseaux.

Où s'abritera-t-il cette nuit? Il l'ignore.

11 dormira toujours fort bien jusqu'à l'aurore.

L'autre, dans son fauteuil, digère un long repas ;

Il a le cerveau lourd, le regard pitoyable. Et, voyant l'autre assis sur sa pierre, là-bas : « Quel est, dit-il , ce pauvre diable? »

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