‹ Sonnets capricieuxChapitre 90 sur 259 · PETITES BOUCHES · texte numérisé non relu

PETITES BOUCHES

Les femmes qu'on aimait vers Tan dix-huit cent trente Ne connurent jamais l'attrait des longs repas. Ces abeilles d'avril, stir la terre odorante, Passaient de fleur en fleur et ne s'y posaient pas.

La race est, aujourd'hui, gloutonne et dévorante. Je les vois se jeter sur les mets les plus gras. Écouter ce qu'on dit d'une âme indifférente, Manger à pleine bouche et boire à tour de bras.

L'appétit féminin fait vraiment des merveilles : Après tous les gibiers viennent tous les gâteaux; On ne manque nu passage aucune des corbeilles.

Ou a les goûts pillards et les instincts brutaux;

Vous diriez de jolis et charmants louveteaux.

Moi, qui suis du vieux temps, j'aimais mieux les abeilles!

A werthl:r

Quand j'étais jouvenceau, c'est-à-dire imbécile, Je me suis enivré longtemps de tes douleurs. C'était la mode alors, on pleurait de tes pleurs; On portait un habit étroit et difficile.

Ton livre sous le bras, je sortais de la ville. J'allais furtivement me blottir dans les fleurs; Et j'aurais fait sauter ma cervelle inutile, Si j'avais eu sur moi des pistolets meilleurs.

Je regrette aujourd'hui ces larmes idiotes; Je n'ai plus désormais, guéri de mes travers. D'autre poudre aux cheveux que celle des hivers;

Et je ris en songeant que, pour plaire aux Charlottes, Vers l'aube de ce siècle, on portait des culottes. Avec des bottes à revers !

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