LA VIEILLE ORTHOGRAPHE
Tout s'en va, mes amis : la foi, l'aiilique foi, L'honnêteté première et la vieille droiture. L'amour et le respect que l'on vouait au roi , Le menuet, la valse et même récriture.
L'orthographe, jadis, valait une peinture : Représenter aux yeux, telle en était la loi. Une lettre peignant l'objet d'après nature, L'objet, ami lecteur, se dressait devant toi.
L'y dans le mot lys en doublait le prestige ; C'est la fleur elle-même et le bout de sa tige. L'/i dans le mol llirône était un vrai fauteuil.
Depuis qu'on écrit lis la fleur semble fanée ; Et le trône vacant ne dit plus rien à l'œil, Depuis que ïli est condamnée!