‹ Sonnets capricieuxChapitre 95 sur 259 · LA MAJOR · texte numérisé non relu

LA MAJOR

(ancienne cathédrale de MARSEILLE)

J'ai VU, SOUS le marteau, tomber ma vieille église, Et des pleurs de tristesse ont cculé de mes yeux; J'ai vu la cathédrale, au bord des mers assise, Joncher de ses débris la plage des aïeux.

Elle était pourtant belle avec son humble frise, Et ses cloîtres obscurs, et ses autels si vieux! Et, quand son Angélus chantait avec la brise, La voix de son clocher semblait venir des deux.

Jadis, je m'en souviens, pour Noël et pour Pâques, Tout un peuple aflluait sous les arceaux opaques; L'orgue entonnait son chant profond et solennel :

Superbe, il répandait ses clameurs triomphales; Puis il faisait silence, et, dans les intervalles, La mer continuait le cantique éternel!

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