‹ Sonnets capricieuxChapitre 96 sur 259 · A MON AÏEULE · texte numérisé non relu

A MON AÏEULE

Seul désormais, le soir, au foyer domestique, Tandis que le vent pleure au fond du corridor, Souvent je songe à vous, ô mon aïeule antique! Et je vous redemande aux ombres de la mort.

Avec un cher accent d'origine exotique.

Dans votre vieux fauteuil vous devisez encor; Je vous revois portant le voile asiatique, La veste de velours et la calotte d'or.

Femme aux yeux noirs, que Smyrne à son soleil vit naître, Grâce à vos longs récits, enfant, je pus connaître La nature, les mœurs, les arts de l'Orient.

Vous me parliez d'Homère, ô tendre Smyrniote ! Et moi, sur vos genoux, écolier souriant, J'avais déjà l'amour de ce compatriote!

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