I . Auprès de la science. Du latin doclrina, science
•2. Ce sonnet est un chef-d'œuvre, par la délicatesse de la pensée, la beauté de la rime et le bonheur de l'expression. On pourrait en dire autant, ce me semble, de quelques-unes des pièces de ce recueil.
Concordes ita nectit amor.
(L'amour unit ainsi les amoureux.)
Deux pigeons liés l'un à l'autre par une branche (Je myrte, qui leur entoure le cou, se becquètent; au second plan, un colombier.
L'amour parfait et légitime
Deux corps d'une seule ame anime.
Un amour légitime, honncstcment conduit, Brusle les deux amants d'une si douce flame Qu'il fait de deux corps un, de deux âmes une ame, Qu'en mesme esgalité il accorde et réduit.
L: mary sans son pair ne gouste aucun déduit, La femme sans le sien de tristesse se pasme, Et leurs vouloir tissu sur une mesme trame Mcsmes affections en leurs âmes produit.
Ainsi ces deux pigeons, que ce myrthe enclior délie, Praticquent leurs amours et du bec et de l'aisle. Couchants, passants ensemble et la nuit et le jour.
6o SONNETS FRANC-COMTOIS
Que si quelque courroux les deux amants allume, Il s'esteint aussy tost : les pigeons et l'amour, Les uns estants sans fiel, l'autre sans amertume
I. Il faut relire après ce sonnet le chef-d'œuvre de La Font line, les Deux Pigeons :
Deux pigeons s'aimoieiu d'amour tendre ;
L'un d'eux, s'eniiuyant au logis.
Fut assez fou pour entreprendre
Un voyage en lointain pays.
L'autre lui dit : » Qu'allez-vous faire?
Voulez-vous quitter votre frère ? »
Etc.
(Livre IX, fable ii )
Hic terminus esta.
(Tout aboutit là.)
Une tête de mort, placée sur deux os croisés, repose sur un socle, à côte d'un mur en ruine et d'une colonne brisée.
La mort est le terme commun Que le ciel praescript ' à chacun.
Ambitieux humain qui dans ton amc roule
Maints fantascques projets F un sur l'autre entassés, Qui d'honneurs et de biens foule à foule amassés, i\on plus quErisichton - tant soit peu ne te souk.
SONNETS FRANC-COMTOIS 6r
Quand tu auras conquis et l'une et l'autre boule, Soit des pays bruslans, soit des pays glacés, Encor n'auras-tu pas, pauvre hydropicquc, asscs Pour combler le tonneau de tes désirs qui coule '.
La terre est trop petite et ton désir trop grand, Pour estre contenu au peu qu'elle comprend. Si le ciel te suffit, declaire-lui la guerre.
Mais vois-tu pas la mort qui rit de tes discours, Qui rompt ton entreprise au milieu de son cours, Et clost tous tes desseins dedans sept pieds de terre 4 ?