‹ Sonnets franc-comtois inédits, écrits au Commencement du 17e siècle et publiés pour la première fois d'après le manuscrit original, avec une introd. historique et des notes, et la description des gravures inédites de Pierre de LoysiChapitre 37 sur 72 · I. Ainsy la sourde mort fiiit celuy qui la suit · texte numérisé non relu

I. Ainsy la sourde mort fiiit celuy qui la suit

Et suit sans y penser celuy-là qui la fuit.

( Le Mesprh de la vie et Consolation contre la mort, sonnet CXXXIV, p. iio.)

Parmy tant de destours, il faut prendre carrière Jusqu'au fort de la mort, et, fuyant en arrière. Nous ne fuyons pourtant le trespas qui nous suit. Allons-y à regret, l'Eternel nous y trainc, Allons-y de bon cueur, son vouloir nous y meine : Plustost qu'estre traisné, mieus vaut estre conduit.

(Ibidem. Sonnet XV", page 52.)

•!. Caduque, du latin labilis.

î. Ce mot représente deux syllabes, c'est-à-dire que la svllabe muette doit être prononcée.

4. Chassignet veut parier de Jovien [h'Iavim-Claudius-Jovianius), qui fut acclamé empereur romain par les légions, en 363 ap. J.-C. Jovian eiit éié plus correct. Chassignet confond, sans doute, le nom de cet empereur avec celui du moine hérétique Jovinien, qui vivait au IV"^ siècle.

Hostia grnta Deo.

[Victime agréable à Dieu.) Un cœur enflammé sur un autel.

A Dieu plaisante est la victime Du cœur repurgé de tout crime.

Non, ce n^est pas assez d'adorer la peinteure, De parfumer d'encens la cœleste maison, De redire en tout temps une mesme oraison Et parer de flambeaux toute une sépulture :

Il faut encore avoir la conscience pure,

Tenir ses sens réglés au'reail ' de la raison, S'abstenir de mal faire et donner à saison Aux pauvres souffreteux habit et nourriture.

La foy dedans nos cœurs sa demcurance fait; Si celuy-là n'est pur, tout le reste est infect, Me sortant rien de doux d'une racine amere.

Le cœur, d'avoir péché langoureux et dolent, Et neantmoins d'amour à toute heure hruslant, Est la victime à Dieu sur toutes la plus chère.

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