‹ Sonnets franc-comtois inédits, écrits au Commencement du 17e siècle et publiés pour la première fois d'après le manuscrit original, avec une introd. historique et des notes, et la description des gravures inédites de Pierre de LoysiChapitre 4 sur 72 · I. Amabilités · texte numérisé non relu

I. Amabilités

litez, prouesses, foy et magnanimité à qui que ce soit (le ses prédécesseurs (IV, p. 25). Ne manquant au comble de sa félicite que le don d'une généreuse lignée, laquelle toute la province luy souhaitte avec des désirs aussi ardents, comme elle s'est veuc longuement et heureusement gouvernée soubs la conduite de cette illustre maison'. » (Histoire de la Maison de Vergy, par André du Chesne, livre VII, chapitre vi*.)

Le bel éloge que Voltaire, dans son Essai sur les mcpurs et l'esprit des nations, a fait de saint Louis, peut être appliqué, avec quelques modifications, à Clériadusde Vergy : « Une sage économie ne déroba rien à sa libéralité. Il sut accorder une politique (habile) avec une justice exacte. (Il fut) prudent et ferme dans le conseil, intrépide dans les combats sans être emporté, compatissant comme s'il n'avait jamais été que malheureux. Il n'est pas donné à l'homme de porter plus loin la vertu. »

Pendant vingt-huit ans, de 1602 à i63o (VI, p. 34), la Franche-Comté, « sous ce seigneur plein d'honneur et de vertus 5 >, , jouit d'une paix profonde et de tous les bienfaits d'une habile administration 4 :

1 . La maison de Vergy a donné six chevaliers de la Toison d'or, — et une longue série de gouverneurs à la Franche-Comté.

2. Voir la note V, page 3o, à la suite de cette introduction.

3. Mémoires pour servir à l'histoire du comté de Bourgogne, par Dunod de Charnage, page 3 56. Besançon, 1740, in-4.

4. Les « Serenissimes Archiducs » résidaient à Bruxelles, se reposant sur Clériadus de Vergy du soin de gouverner le comté de Bourgogne.

les villes se repeuplèrent el éteigniieni leurs dettes', le paysan reprit ses travaux, l'architecture fut en honneur; sous la double influence de la France et des Pays-Bas, les belles-lettres et les arts eux-mêmes jetèrent quelque éclat; il y eut à Besançon un graveur habile : Pierre de Loysi, et à Gray un vrai poète : Jean-Baptiste Chassignet.

Pierre de Loysi, dit le vieux, florissaità Besançon au commencement du XVIIe siècle. On ignore les dates de sa naissance et de sa mort. On a lieu de supposer qu'il était orfèvre. A ma connaissance, il a gravé : 1°, en 1614, l'Arc de Triomphe, ou Porte-Noire, dans la belle histoire, en latin, de Besançon de Jean-Jacques Chifflet 2 ; 2° les portraits de plusieurs hauts personnages de son temps, entre autres celui du comte Bonaventure de Buquoy, conseiller de Philippe 111, roi d'Espagne, et commandant en chef de ses armées (1620) ; 3° le portrait de Nicolas Gougenot, poète dijonnais ; 4° ce recueil d'emblèmes ; 5° quelques petites pièces religieuses dans le goût des Wierix, signées du monagramme P. D. L.

Il existe à la section des Estampes de la Bibliothèque Nationale deux exemplaires du portrait de Gougenot, que nous venons de mentionner. Dimen-

1. Histoire de la ville de Gray, par l'abbé Gatin et l'abbé Besson, pages 129 et i3o. i5i et i3 2. Besançon, i85i, in-8.

2. Vesonlio civitas iinperialis libéra Sequanoruin metropolis. Lyon, 1618, in-4".

INTRODUCTION l3

sions exactes : hauteur, i55 iiiillimèties ; largeur : i63 millimètres. C Cardeur pictor, P. de Loysi sculp. Gougenot est représenté dans un médaillon ovale, accosté, à droite et à gauche, de deux femmes personnifiant, l'une Minerve, l'autre la Nature, et <|ui étendent une palme et une liranche de laurier sur la tête du poète. On lit dans la bordure du médaillon : Nicolas Gougenot, escrivain dijonnois, et en pointe sont placés deux amours, l'un mesurant le monde, l'autre écrivant.

Au sommet de l'estampe, les deux monogrammes entrelacés de Nicolas Gougenot et de Pierre de Loysi, et, en pointe, le quatrain suivant, signé I. ou J. R. (Jean Rotrou ou de Rayssiguier, poètes dramatiques et comiques, contemporains de Gougenot?) :

De Loysi, crayonnant, de son docte pinceau. Du fameux Gougenot l'image et l'escriture, S'estonnoit de poursuivre un si rare tableau S'il n'eust veu prés de luy Minerve et la Nature.

Faut-il conclure de ces vers mystérieux, ainsi que de ces deux monogrammes entrelacés, que Gougenot a été le collaborateur de Pierre de Loysi, en d'autres termes qu'il est, avec Chassignet, l'un des auteurs du manuscrit que je publie ? Je serais porté à le penser, à moins que P. de Loysi n'ait voulu simpleiTient nous donner dans ces vers gravés en caractères de l'époque un spécimen de l'écriture de Gougenot. On peut supposer, d'un autre côté, que le texte de ces sonnets

était destiné à être grave comme les estampes '. De plus il était d'usage aux XVJe et XVIIe siècles de placer dans les recueils d'emblèmes les portraits des auteurs, et, me dira-t-on, ce portrait de Gougenot était destiné au livre d'emblèmes c|ue vous publiez. A cela je répondrai (|ue la largeur du portrait en question excède de 53 millimètres celle du portrait de Clériadus de Vergy, dont je donne plus loin la description, et qui se trouve dans l'exemplaire de Besançon. On peut en conclure que le portrait de Gougenot est par trop grand pour figurer avec les Emblèmes de Pierre de Loysi. Quoi qu'il en soit, j'aurais de la peine à admettre que Gougenot, poète essentiellement frivole et comique, fût l'unique ou le principal auteur de ces sonnets. Peut-on lui en attribuer la partie galante? Peut-être. M. Guignard, conservateur de la Bibliothèque de Dijon, n'a pu me communiquer aucun renseignement sur Gougenot. On sait seulement que ce poète était de Dijon et qu'il naquit à la fin du XVI« siècle. Il a publié :

1° La Comédie des Comédiens, tragi-comcdic, par le sieur Gougenot. A Paris, chez Pierre David, au Palais, sur le petit perron de la grand'salle, du costé des consultations, i633. In-8° de viii-194 pages, plus l'extrait du privilège.

I. Celte opinion est très-admissible, le quatrain qui accompagne le portrait de Clériadus de Vergy, dans l'exemplaire de Besançon, étant gravé au burin.

INTRODUCTION l5

Cette pièce a été reproduite de nos jours par Edouard Fournier, dans son Théâtre Français aux X V/« et XVW siècles. Paris, i 87 i , gr. in-8°, et 1 874 , 2 vol. in-! 2. «Elle présente, dit la Biographie Didot, une singularité dont il n'existe guère d'autres exemples : ses deux premiers actes sont en prose et les trois derniers en vers ; elle est d'ailleurs curieuse à cause des détails qu'elle donne sur l'intérieur des coulisses dans les théâtres de Paris à cette époque. Les artistes dramatiques de l'Hôtel de Bourgogne, mis en scène sous leurs noms de théâtre Bellerose, Turlupin, Beauchasteau, etc.), se disputent les rôles d'une pièce nouvelle qu'ils finissent par représenter, et qu'on pourrait intituler la Courtisane vertueuse. »

2° La Fidelle Tromperie, par le sieur Gougenot, Dijonnois. A Paris, chez Anthoine de Somnuiville, dans la petite salle du Palais, à l'Escu de France, i633. Petit in-8° de vi-i58 p. L'édition de 1634, qui est la même que celle de i633, contient en plus une dédicace à monsieur Jean Bernard, comte et noble seigneur de Lippe.

Le sujet de cette pièce est le même que celui que Rotrou a traité, en i635 , dans son Agésilan de Colchos ; il est tiré d'Aniadis de Gaule, célèbre roman en prose du XIV« siècle, écrit moitié en espagnol, moitié en français, par divers auteurs. Gougenot y a ajouté quelques épisodes de sièges et de batailles. Note de M. de Paulmy, fondateur de la Bi-

l6 INTRODUCTION

bliolhèque de l'Arsenal, écrite sur l'exemplaire que possède cette Bibliothèque.)

3° Le Komant de iinfidelle Lucrine, par N. G. G. D. (Nicolas Gougenot, gentilhomme dijonnois). A Paris, chez Matlhieu Colombcl, rui' Ncufve-Saincte-Anne , prés le Palais, ii la Colombe, 1634, avec privilège du Koy. In-8» de 664 p.

C'est un roman en VI livres, en prose, avec quelques pièces de vers, sans gravures. (Renseignement communiqué par M. Guignard, conservateur de la Bibliothèque de Dijon.)

Le premier de ces trois ouvrages se trouve à la Bibliothèque Nationale sous la cote Y''' 3-joS; le premier et le second à la Bibliothèque de l'Arsenal (deux exemplaires) sous la cote B. L. 10921 et 10921 '\ et à la Bibliothèque de M. Henri Joliet, de Dijon; le troisième à la Bibliothèque de la ville de Dijon.

Didier Gougenot, conseiller secrétaire de Mgr le prince (de Bourbon), fit enregistrer ses armoiries de la façon suivante dans V Armoriai général de France, dressé en vertu de l'édit loyal de novembre 1696, par Charles-René d'Hozier, juge d'armes de France et garde dudit Armoriai, reg. de Paris, vol. II, p. 1171, bureau de la rue de Tournon : d'azur, à un chevron d'or, accompagné en chef de deux étoiles et en pointe d'un cœur enflammé de mènie.

Le 16 janvier 1716, Georges Gougenot était cura-

teur de Louis-Henry, duc de Bourbon, prince du sang, pair et grand maître de France, gouverneur et lieutenant général pour le roi en ses provinces de Bourgogne et de Bresse. (Bibl. Nat., Cabinet des titres, vol. relié 554, ^°^ -^' ^'^ -^^O

Jean-Baptiste Cliassignet, né à Besançon vers i 5^8, était fils de Jaccjues Chassignet, docteur en médecine '. Il fit ses études sous Antoine Huet, principal du collège de Besançon, homme de mérite et professeur habile, qui lui inspira une piété profonde, avec le goût des belles-lettres et de la poésie 2. Il se fit recevoir docteur en droit et obtint la charge d'avocat fiscal au bailliage de Gray 5. En 1600 et 1602, la ville de Gray le chargea de négociations en Flandre.

1 . Jean-Baptiste Chassignet avait un frère, Jacques-Antoine, vivant en 1594. Leur père ne vivait plus à cette date. Voyez dans Le Mespris de la Vie et Consolation contre la Mort, page 129, VOde sur la fragilité de la vie humaine, aux ombres de Jacques Chassignet, médecin, père de l'autheur. Voyez aussi dans le même ouvrage, page 24, le sonnet que Jacques-Antoine Chassignet, frère de l'autheur, adresse à celui-ci.

Claude Chassignet était co-gouverneur de Besançon en 1606; Daniel Chassignet, item en i63 5 et 1637.

2. Huet, auquel je dois tout cela que la Muse De sçavoir et d'honneur en mon ame a infuse.

{Le Mespris de la Vie, p. 3 5i.)

3. Sous le règne de Charles-Quint, Gray fut l'objet de plusieurs faveurs importantes : le puissant empereur y créa notamment un bailliage composé de quatre-vingt-quatre communes, y compris les quatre bourgs de Champlitte, Gy, Pesmes et Marnay. (Louis Suchaux, Dictionnaire de la Haute-Saône, tome I*'', page 327. Vesoul, 2 vol. in-8°, 1866.)

l8 INTRODUCTION

En i6i 5, le conseil tic cette ville le pria de se rendre de nouveau en Flandre, mais il prétexta la gestion des forges de Filain pour refuser. Le véritable motif de ce refus était plutôt la parcimonie avec laquelle le conseil de Gray lui marchandait les frais de voyage. Les registres des délibérations du conseil de Gray contiennent des détails sur ces négociations en Flandre pour les intérêts de cette ville. (Note communicjuée par M. G. Jourdy, bibliothécaire de la ville de Gray.) J.-B. Chassignet mourut vers i635 '. 11 a publié :

1° Le Mcspris de la vie et Consolation contre la mort, par Jean- Baptiste Chassignet, Besançonnois , docteur aux droits. A Besançon, par Nicolas de Moingesse, 1594. In-8°. (Bibl. Nat., Réserve, Y 4778 B.)

C'est un recueil d'odes, de discours en vers et de sonnets, composé par l'auteur dans sa première jeunesse, et qui est loin de valoir les sonnets que je publie.

2° Paraphrases sur les douze petits prophètes du Vieil-Testament, niis en vers françois (et dédiés) à Leurs Altesses Sercnissimes Albert et Isabelle, archiducs d'Austriche , par J.-B. Chassignet , docteur es droicts.

I . J'emprunte ces détails biographiques à l'Histoire abrégée du comté de Bourgogne (par dom Grappin), page îo3, Besançon, in-8", 1780, et à l'£ssf(( iiistorique sur quelques gens de lettres nés dans le comté de Bourgogne (par Girod-Novillars), Besançon. in-S". 1806.

Besançon, par Nicolas de Moingesse. In-S", 1601 '. (Bibl. Nat., Réserve, Y 4796 H).

3° Les Paraphrases sur les cent cinquante pseaumcs de David, niis en vers français par Jean-Baptiste Chassignet , docteur es droicts , et advocat fiscal au siège et ressort de Grey. Dediùs aux Sercnissimes Archiducs d'Austriche, Albert et Isabelle, fis et frère d'Empereur^, fille et sœur de Koyi, Princes souverains des Pays-Bas, Ducs et Comtes de Bourgongne. A Lyon, par Claude Morillon, imprimeur de Madame la Duchesse de Montpensier. 2 vol. in-12, 161 3 4,

Il a traduit du latin en français l'Histoire de Besançon de Jean- Jacques Chifflet. Cette traduction, qui n'a jamais été publiée, et dont on conserve le manuscrit, porte la date de 1619J.

1. La première édition de cet ouvrage est de 1600. Besançon, Cliouet. in-8°.

2. Fils de Maximilien II et frère de Rodolphe II et de Mathias, empereurs d'Allemagne.

3. Fille de Philippe II et sœur de Philippe III, roi d'Espagne.

4. Se trouve à la Réserve de la Bibliothèque Sainte-Geneviève sous la cote Y 1 191 .

5. M. Charles Weiss, dans la Biographie Universelle, à l'article qu'il a consacré à Jean-Baptiste Chassignet, parle du manuscrit de cette traduction, mais sans dire où il se trouve.

Gérard (de Nerval) a publié un CIwix de poésies de Ronsard, Dubellay, Baïf, Belleaii, Dubartas, Chassignet, Desportes, Régnier, précédé d'une introduction; Paris, in- 18, i83o. Bibliothèque Nationale, Z i yS, s. d. i 5. Dans ce volume se trouvent quatre odes sacrées et deux sonnets de Jean-BaptisteChassignet.

INTRODl'CTION

Il fut enfin le collaborateur de Pierre de Loysi pour ce Recueil d'Emblèmes, resté jusqu'à présent inédit '.

1. Ce Recueil ne figure dans aucun catalogue imprimé ou manuscrit. Il n'a pas été décrit par le baron de Heineken dans l'ouvrage suivant : Livres d'architecture, de sculpture, d'antiquités, sur les cérémonies publiques et livres d'emblénies. i vol. manuscrit in-fol. Bibliothèque de Dresde. Le baron de Heineken, dans ce manuscrit, cite une centaine de livres d'emblèmes, mais aucun par Pierre de Loysi.

Ce Recueil est donc inédit.

Le seul exemplaire (incomplet) connu et décrit jusqu'à présent est celui de Besançon.

(Voir page 7.)

;n iSgS, Philippe II, roi d'Espagne, avait tenté de faire proclamer reine de France, par les Etats-Généraux réunis à Paris, sa fille Isabelle-Claire-Eugénie, qu'il avait eue, en i 566, "d'Elisabeth de France, fille de Henri II. Cette tentative ayant échoué, grâce à la loi salique et au patriotisme des États-Généraux, Philippe II maria sa fille avec son neveu, le cardinal Albert, archiduc d'Autriche, qui dut pour cela renoncer à la pourpre romaine, et lui donna pour dot les Pays-Bas et la Franche-Comté, comme fiefs réversibles à la couronne d'Espagne à défaut de postérité ( i SgS).

« C'estoit, dit Brantôme, une princesse de gentil esprit, qui faisait toutes les affaires du roi son père et y estait fort rompue. »

Le 3 janvier 1596, l'archiduc Albert, alors lieutenant des Pays-Bas pour le roi d'Espagne, était entré

solennellement à Besançon, par la porte Notre-Dame, accompagné du prince d'Orange ' et d'une armée de I 5,000 hommes tant à pied qu'à cheval. Chaque citoyen de Besançon dut loger un certain nombre d'hommes jusqu'au 6 janvier, jour auquel l'archiduc Albert, qui avait occupé le palais Granvclle, avec sa suite, quitta Besançon. (Bibl. Nat., Fonds français 14,422.)

L'archiduc Albert mourut en 1621, et la fille de Philippe II, sans cesser pour cela de gouverner les Pays-Bas et la Franche-Comté 2, prit le voile de carmélite; c'est dans ce costume qu'elle a été peinte par Van Dyck (Musée du Louvre). Elle mourut en i633.

1. Philippe-Guillaume, frère aîné de Maurice de Nassau. Philippe II, en iSçô, avait rendu la liberté à ce prince dans l'espoir de pouvoir l'opposer à son frère, mais les États de Hollande interdirent à Philippe-Guillaume l'entrée de son pays.

2. La Franche-Comté, conquise par Louis XIV en 1674, devint française par le traité de Nimègue (1678).

(Voir page 8.)

François de Vergy, d'abord gentilhomme de bouche de Philippe II, roi d'Espagne, puis gouverneur du comté de Bourgogne et chevalier de la Toison d'or, mourut le 5 décembre iSgi. Il avait épousé :

i°En I 555, sa cousine Claudine de Pontailler, fille de Henri de Pontailler et d'Antoinette de Vergy. De ce mariage vinrent : a] Claude, baron d'Autrey, puis, à la mort de son père, comte de Champlitte, et par lettres patentes données à Madrid, le i 4 janvier i 592, gouverneur du comté de Bourgogne; 6) Fernand , seigneur de Flagey, mort sans postérité en 1 594 ; cjAiine, mariée: i°à Philibert de Montmartin, chevalier, baron dudit lieu; 2° à Jean-Louis de Pontailler, chevalier, seigneur de Talmay ; d) Béatrix, qui épousa Vandelin-Simon de Cusance, baron de Belvoir et de Saint-Julien.

2° En i5y7, Kenée de Ray, dame de Vaudrey, dont il eut : a) Clé^iadus de Vergy, gouverneur du comté de Bourgogne, de 1602 à i63o; b) Alcxandrine, morte à Dôle en 1592, sans avoir été mariée.

(Voir page 8.)

La maison de Bauffremont est très-ancienne; elle a pris son nom d'un château fort dont on voit encore les ruines dans le département des Vosges, arrondissement de Neufchâteau. « Elle s'illustra, dès le XII'' siècle, par ses alliances avec les maisons souveraines de France, de Lorraine, de Bourgogne et de Savoie; par son admission dans les ordres de la Toison d'or, du Saint-Esprit, de Saint-Michel, d'Alcantara, de Rhodes, de Malte et de Saint-Georges; par les dignités qu'elle occupa à la cour des rois de France et à celle des ducs de Bourgogne ; enfin par les prélats et les hommes de guerre distingués qu'elle donna à l'Eglise et aux armées. » (Louis Suchaux, Galerie heraldo-nobiliaire de la Franche-Comte.)

La maison de Bauffremont est encore très-vivante et nombreuse.

(Voir page i i .)

Aux Manuscrits de la Bibliothèque Nationale se trouvent un certain nombre de lettres de Clériadusde Vergy qui donnent une idée exacte des hautes qualités qu'il sut appliquer au gouvernement de la Franche-Comté. Parmi ces lettres, je me bornerai à transcrire la suivante, adressée à l'archiduc Albert et relative à la ville de Dôle.

Monseigneur,

Ceux des villes de ce pays s'esians, ces jours passez, assemblez à Dole [dont Hz ni'ont adverty) pour entendre la ncgotiation du docteur de Sninct-Mauris qu Hz avaient délégué vers Vostre Altesse Sercnissime, tant pour obtenir une concession absolue de se pouvoir assembler désormais à quantesfois qu'ilz vouldront que pour le faict des esleuz^ ; l'ayans ouy et veu la déclaration de Vostre Altesse Serenissime sur ces deux chefz, Hz m'ont envoyé deux des leurs pour me signifier le tout, et l'ayant depuis meurement pesé et recongneu que Vouctroy que Vostre Altesse Serenissime leur faict de s'assembler (en adveriissant le Gouverneur et la Cour de Parlement du lieu,

1. Les élus de Dôle comprenaient le vicomte, le majeur, les échevins et le consul.

2b PREUVES ET NOTES

Umps et suj(ct de leur future assemblée) ' est préjudiciable à son service, pour beaucoup d'importantes raisons, j'ay jugé estre de mon devoir de luy en représenter queUpi'unes, entre aultres que c'est un privilège que ceulx du Tier(s) Estât auront par dessus ceux de l'église et de la noblesse, ce que pourra les occasionner aussi d'importuner V. A. S. de mesnie gratiffîcation, puisqu'ilzne la méritent pas moings. De plus qu'il ne peult estre que de dangereuse conséquence en un estât monarchicque, estant mesme inusité en celuy-cy et en tous aultres. Qu'il y a d'aultres moyens plus convenables comme de recourir au souverain, soit par des estafz generaulx ou par

Page 1