‹ Sonnets franc-comtois inédits, écrits au Commencement du 17e siècle et publiés pour la première fois d'après le manuscrit original, avec une introd. historique et des notes, et la description des gravures inédites de Pierre de LoysiChapitre 50 sur 72 · LUI · texte numérisé non relu

LUI

Nemo potest dominis servire duobus.

t^Nul ne peut servir deux maîtres.)

Une tête d'homme sur un cube; l'œil droit regarde le ciel, l'œil gauche la terre ; à gauche, un homme, dont le front est soutenu par une femme, vomit; à droite, un enfant donne la main droite à un ange et la main gauche à Satan : une jeune femme ailée dont le front a des cornes, et qui, sous sa robe, laisse passer son pied d'oiseau de proie.

Ne soyés point menteurs ny iraistres :

On ne peut servir à deux maistres '.

Regarde de choisir ou la. paix ou la guerre.

Tu ne sçaurois hausser l'un sans l'autre tes yeux;

L'un ne se peut dresser vers la voûte des deux

En mesme temps que l'autre est penché vers la terre. Tu ne sçaurois servir au grand lance-tonnerre ^

Et rendre un vil hommage au diable captieux.

Le cœur n'est divisible, et, s'il vise en deux lieux,

Sans resolution inconstamment il erre.

Mb SONNETS FRANC-COMTOIS

La rie avec la mort, la chair arec l'esprit, La niiict avec le jour, Sathan avec le Christ, La terre avec le ciel n'a point de convenance.

Ou sois du tout au diable ou tout au Dieu tres-haiilt. L'estomach revomit l'eau tiède qui l'offence 5 : Le breuvage qui plait est tout froid ou tout chaud.

Page 1