‹ Sonnets franc-comtois inédits, écrits au Commencement du 17e siècle et publiés pour la première fois d'après le manuscrit original, avec une introd. historique et des notes, et la description des gravures inédites de Pierre de LoysiChapitre 57 sur 72 · Se guide · texte numérisé non relu

Se guide

3. On peut supposer aussi que notre poète avait eu à souffrir de quelque haut prélat de son temps : il « se vange », l'expression ebt de lui, voyez le sonnet XLIII.

Prxvidet et provide t.

(Prévoyant, il se pourvoit.)

Un hérisson, qui s'est placé sous un pommier, reçoit sur ses piquants les pommes qui tombent de cet arbre.

Le prudent se peut maintenir Contre l'indigence à venir.

Pourvoir à l'advcnir, c'est vraiment estre sage, De peur que la disette, en l'arriére saison Que le corps est tremblant, que le chef est grison. Ne trouble de discord nostre petit mesnage.

Le poignant hérisson, sous un pommier sauvage, Se va ainsi chargeant de pommes à foison, Et, pourvoyant à temps sa petite maison. Passe en paix et repos le reste de son aage.

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L'esté de nostrc vie, ainsi que le printemps Et son automne aiissy, ne dure pas longtemps, Mais rhyver de nos jours est de longue durée.

Et malheureux celuy qui pour aroir esté

Paresseux au printemps, en automne, en esté. En l'hyrer de ses jours n'a sa rie asseurée '.

1. Cette rime est une preuve qu'on écrivait asseurée, mais qu'on prononçait assurée.

Inversa extinguor.

(Renveisé, je m'éteins.)

Sui une table, un chandelier couveii d'un éteignoir, et qui fume.

Dedans le chandelier percé S'esteint le flambeau renversé.

Versés et reversés ceste ardante chandelle La teste contre bas, vous verres à l'instant Qu'elle s'estouffera en son suif degoustant. L'aliment nourricier de sa vive estincclle,

L'ame, le vif flambeau en la masse charnelle, De ce corps terrien va de mesme abbattant

SONNETS FRANC-COMTOIS i3l

Et perdant la lueur de son feu bleuettant, Quand par trop on l'addonne à la terre mortelle.

Le naturel du feu, c'est de gaigner le haulî,

Et l'esprit, de nature actif, prompt, vif et chaud. Ne peut ailleurs qu'au ciel sa carrière resteindre.

Le vouloir donc forcer, contre son naturel. De n'avoir autre objet que ce faix corporel, N'est ce pas proprement le forcer et l'esteindre?

Patientia Ixsa.

( Patience à bout.]

Deux branches de laurier entre-croisées et d'où s'échappent des étincelles.

La patience passe en rage, Lorsque trop souvent on l'outrage.

Bastons, petits bastons de l'arbre le plus beau. Le plus fameux aussy qui soit en la nature ', Chocqués-vous, heurtés-vous, de vostre entre batturc Sort un feu suffisant d'allumer un flambeau.

Cailloux, petits cailloux, le pavement de l'eau.

Donnés vos coups sur coups, sans nombre et sans mesure,

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Trouvant un feu caché dedans rostre froideure Vous en fer es sortir un rayon tout nouveau.

Le bœuf de sa nature est doux et sociable, Mais, est-il irrité, il n'est plus maniable. Il ronfle et n'entend point la voix du laboureur.

L'homme froid et rassis est hors de congnoissance Estant mis en cholere, et, quand la patience Est trop souvent blessée, elle passe en fureur.

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