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3 . Le texte de ce sonnet est lacéré; je l'ai reconstitué de mon mieux en m'inspirant des idées et des procédés ordinaires de l'auteur. Les mots reconstitués sont placés entre crochets.
SONNETS FUANC-COMTOIS
Quod necal, idem animal.
(Ce qui tue donne aussi la vie.)
Deux squelettes : l'un, debout, tient de sa main droite une faux et trois flèciies, et de sa main gauche un sablier; l'autre est étendu à terre. A droite, un mur brisé sur lequel fleurit une plante.
La mon qui nous souffle et consume Après le trespas nous rallume.
Allons gays à la mort, piiisi]iic s'est la coutume Aux hommes de mourir et que la mesme mort Qui de ce monde-icy vieux ou jeusnes nous sort Nous fait vivre autre part, francs de toute amertume.
Ainsi le mesme vent qui la chandelle allume
Pareillement Festeint d'un souffle un peu trop fort. L'homme aus.sy pour un temps dessous la tombe dort, Et de luy seulement le mortel se consume.
La mort n\i rien en soy d'horrible que le nom. Et, bien qu'elle ne fit autre chose sinon De nous tirer des maux, cncor est-elle aymable.
Aymons-la, suyrons-la, presentons-luy le sein. Hé! faut-il redouter celle qui dans sa main De nostre heureux repos tient la clef désirable.
Pietate et justitia.
f?3r la piété et la justice.)
Une couronne que soutiennent deux colonnes. Au second plan, une ville maiitime.
La justice et la pieté Tiennent Testât en seureté.
Sectaires malheureux du Tuscan secrétaire ', Qui, l'esprit corrompu-en sa contagion, Dictes que la justice et la relligion Ne sont qu'en apparence au prince nécessaire.
La justice exerceant sa charge salutaire, • La pieté visant à la dévotion.
Sont les deux pilotis en chacque région Qui soustiennent l'estat du prince débonnaire.
Renversés ses pilliers, l'empire tombera, Et le monarcque impie à sa perte sçaura Qu'il relevé vassal d'un seul Dieu sa couronne.
Lequel, pour felonnie envers sa majesté,
Retire à soy le fief, le chasse hors de son throne, Et remet en son lieu justice et pieté.