‹ Sonnets franc-comtois inédits, écrits au Commencement du 17e siècle et publiés pour la première fois d'après le manuscrit original, avec une introd. historique et des notes, et la description des gravures inédites de Pierre de LoysiChapitre 66 sur 72 · Récompense · texte numérisé non relu

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SONNETS FRANC-COMTOIS I -}i)

Victoria pendet ab alto.

(La victoire dépend de Dieu.)

Deux armées qui en viennent aux mains; une épéo, à l'extrémité de laquelle est une couronne, pend du ciel, la pointe en bas.

La main ne fait tout ce qu'il fault, La victoire dépend d'en hault.

Grands Negus, grands Sophits, grands empereurs, grands roys, Grands Cams et grands Soit ans, aux premières alarmes Armés un million de valhenreux gens d'armes, Qui de leurs propre sang establissent vos loix.

Si ne ferés rous pas de trop braves exploits, Si les cieux courroucés résistent à vos armes. Dieu prxside aux combats, il commande aux vacarmes, Oste ou donne la peur au seul air de sa voix;

Non au gros des chevaux, non au scadron robuste Des fantassins crestés, mais en la cause juste. Consiste des combats et la force et l'honneur.

Les Roys, par convoitise ou par haine ou par gloire. Se font la guerre entre eux, mais Dieu, leurs gouverneur. Envoyé à qui luy plaist le prix de la victoire.

5o SONNETS FRANC-COMTOIS

Super et Garamantas et Indos.

(Au-dessus des Garamantes el des Indiens.)

Une renommée ailée qui vole dans les aiis en soufflant dans deux trompettes.

La foy n'est point sans charité, Ny Vergy sans fidélité.

(Qu'est-ce que je roy là si hauUemenî volera C'est des faits valheureux la belle renommée. Son aisle nous apprend sa vistesse emplumée, Qiie nulle agilité ne sçauroit esgaler.

Ces deux trompes qu'on y oit de sa bouche caler, L'une tendant en hault, l'autre en bas déprimée, Qu'est-ce autre que le bruit de sa voix animée Qui dez ce bas séjour passe au delà de l'air:'

Mais que dict-elle au ciel, qu' annonce-elle en terre? Que les preux de Vergy sont des foudres de guerre. Sages, riches, puissants, mais fort hommes de bien.

0 renom glorieux en ce siècle où nous sousmes, Qui part d'une vertu si rare entre les hommes . Qu'honneurs, moyens, grandeurs, sans elle ne sont rien!

Potens dominatiir ubique.

(Le plus fou est parioiu le maîire.

Un oiseau de proie qui s'abat sur un autre oiseau plus petit. Au second plan, un rocher qui domine la mer, et un château fort qui surplombe deux maisons.

En quelque part que tu puisse esire, Tousjouis le plus fort est le maistre.

Dans les cachots torîus des profondes rivières, Parmy les bleuds manoirs de la froide Thelys, Tousjours les gros poissons font la guerre aux petits. Les journaliers butins de leurs gueules meurtrières '.

Les sacres, les faucons aux jambes hcronnieres, De la chair des moyncaux paissent leurs appétits, Fondants d\m roide vol sur les poussins craintifs, Et lavent en leurs sang leurs griffes carnacieres.

Et les grands parmy nous, soit à tort ou à droict, Gourmandent les petits, estants en leurs endroict Ce que sont aux brebys les loups espouvantables.

Bref, en tout ce qui peut parler, nager, voler, Sur la terre, sur mer, dans le vuidc de l'air, Les grands sont aux petits tousjours insupportables.

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