I . Ce mot représente deux syllabes
l52 SONNETS FRANC-COMTO
Naufragus it nisi remm (igot.
(Sans la rame, le navire fait naufrage.) Deux navires sur une mer agitée.
Prens la raison pour ton naucher, Tu passeras ban et rocher.
Vois-îu bien ce batteau qui, foible et chancelant, Vocgue tousjours en peur, flotte tous jours en doute i* Si la rame en passant ne gouvernoit sa route, Il ferait en peu d'Iieure un naufrage dolent.
L'homme erre et court ainsi sur le flot turbulent Du monde aveugle et sourd qui n'oit et ne voit goutte, Où la chair et Sathan sont tousiours à l'escoute Pour le prendre en surprise et le perdre en allant;
Et n'estoit la raison qui, pilote fidelle,
Gouverne en ce destroit sagement la nacelle, Il coulerait en bris du jour au lendemain.
M. lis que Sathan, le monde et la chair mesme gronde, Pourveu que la raison prenne la ratfie en main. Il rira de Sathan, de la chair et du monde.
SONNETS FRANC-COMTOIS l53
Cette gravuie et ce sonnet ont été complètement déchirés. Voici la description de la gravure, par M. Auguste Castan, d'après l'exemplaire de Besançon :
« Dans une chapelle, Cleriadus de Vergy, en costume de guerrier antique, et sa femme, sont à genoux, de chaque côté d'un autel dont le tombeau porte un écusson parti de leurs armoiries réciproques, avec la couronne et ie mouton de la Toison d'or. Sur la table de l'autel sont trois figures allégoriques : l'Hyménée, tenant un flambeau; l'Amour conjugal, symbolisé par une femme qui tient un cœur enflammé ; l'Amour sensuel, c'est-à-dire un cupidon ailé qui a un carquois aux reins et un arc dans la main gauche. «
l54 SONNETS FRANC-COMTOIS
Species sic decipit ons.
C'est ainsi que l'air du visage nous trompe '.)
Une pomme avec sa tige et ses feuilles.
La beauté n'est pas tousjours belle, La vertu seule est perennelle.
Toy qui ne vas cerchant, pour le comble absolut De Ion contentement au lyen d'hymenée, Que la seule beauté qui rend l'ame geisnée Et de ton propre bien te fait estre goulut,
Ah! qu'au dedans le fruit est souvent ver moulut, Par qui cent fois le jour tu maudis la journée Qjii, pour le vain plaisir d'une ardeur effrénée, Te fit à le choisir si prompt et résolut.
Qiic pcnse-tu que soit le beau qui te consomme. Te martelle et te cuit, qu'une vermeille pomme, Qui, douce, bien flairante et rermcille en dehors.
N'est, helas! en dedans que vers et pourriture^ De la femme de bien la bonne nourriture Rend heureux le mary, non la beauté du corps.