‹ Sonnets franc-comtois inédits, écrits au Commencement du 17e siècle et publiés pour la première fois d'après le manuscrit original, avec une introd. historique et des notes, et la description des gravures inédites de Pierre de LoysiChapitre 71 sur 72 · DOULEUR FRATERNELLE · texte numérisé non relu

DOULEUR FRATERNELLE

A liOBERT C.

Toujours je songe à toi, pauvre frère qui dors Si pâle dans la paix ténébreuse des morts!

Ainsi, ce soir, j'étais rempli de ta pensée.

Pour dilater à l'air ma poitrine oppressée

J'avais gagné la rue, où, marchant et rêvant,

J'aspirais à longs traits les arômes du vent,

Presque gai, presque heureux, devant les deux immenses!

Mais, voici, doux ami, qu'une de ces romances,

Un de ces sombres airs que ton cœur attristé

Aimait à soupirer aux beaux soirs de l'été,

A retenti soudain au fond de ma mémoire.

Comme un louis perdu qui tombe d'une armoire.

1. Le lecteur voudra bien m'excuser de donner ici ces quelques vers, qui m'ont été inspirés par la mort d'un de mes frères.

Doux et brun compagnon de tonte mon enfance,

né, comme moi, à l'île Maurice, d'un sang doublemenl lorrain ; élève, comme moi, à l'École de Sorèze, de i SSg à i 866 ; décédé, avocat du barreau de Paris, dans cette ville, le 28 août

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