UN BIBLIOPHILE INCONNU
Note de l'Éditet-h. — Ainsi qu'on le remarquera, le copiste de Conrart altéra parfois le texte des vers qu'il recueillit, en leur imposant une orthoy,raphe postérieure à leur création. Quoique opposés par principe à ce travestissement, nous nous sommes gardés d'en rien changer. Dans bien des cas d'ailleurs, la version du manuscrit où nous avons puisé, doit élre considérée comme originale, sinon définitive.
Multipliez le monde en vôtre accouplement, Dit la voix éternelle à notre premier Père, Et luy, tout aussi tôt, désireux de le faire, Met sa femelle bas, et la fout vilement.
Nous, qui faisons les fous disputons sottement. De ce Dieu tout-puissant la volonté si claire, Par une opinion ouvertement contraire Nous mêmes nous privant de ce contentement.
Pauvres! qu'attendons nous d'une bonté si grande! Ne fait-il pas assez, puisqu'il nous le commande? Faut-il qu'il nous assigne et le temps et le lieu?
Il n'a pas dit, Foutez; mais grossiers que nous sommes! Multiplier le monde en langage de Dieux, Qu'est-ce si ce n'est foutre en langage des hommes?
J'avois passé quinze ans les plus doux de ma vie Sans avoir jamais sceû quel estoit cet elïort Ou le branle du eu fait que Tame s'endort, Quand on a dans un c. son ardeur assouvie.
Ce n'estoit pas pourtant (ju'une éternelle envie Ne me fit souhaiter une si douce mort; Mais le v. que j'avois n'estoit pas assez fort Pour rendre comme il faut une Dame servie.
Cependant, je travaille et de jour et de nuit. Pour l'éparer la pei'te et le temps qui s'enfuit; Mais déjà l'occident menace mes journées
0 ciel! je vous invoque, aydez à la vertu. Par un acte si doux prolongez mes années Ou me rendez le temps (jne je n'ay pas foutu.
P:T l'HIAPlQUES 13
Que lu me pai'ois Ijellc en un âge si tendre! Que j'ayme ces cheveux et si beaux et si longs! Ça, mon cœur, aymons-nous, et tous deux travaillons A ce métier si doux que je te veux apijrendi'e.
Je t'ayme d'une ardeur (jui ne se i»eut coniprendi'e, Je verserois pour toy mon sang à gros bouillons, Et si j'avois cent \., el dix mille c... lions. Ils seroient tous à t(t\, si tu les daignois [irendi'e.
Ce qui témoigne bien l'amour (jue j'ay i)our toy, C'est que j'ay le v. roide alors que je te voy Et qu'en te regardant j'enrage de te fouti-e ;
Quoy! tu me ris au nez, comme n'en croyant rien, Vrayment tu me fais tort ; mais sans passer plus outre, Laisse moy foutre un coup, tu le sentiras liien.
Je ne suis point conleiil, Cloris, quoy (lue Lu fasses, Qu'aussi bien que nos co^urs nos corps ne soyent unis, Est-ce assez d'un baiser pour des maux intinis? Je n'en suis point content, il faut que tu m'emljrasses.
Gardons nous, gardons nous de séparer les Grâces,
De leur division nous serions trop punis ;
Ainsi dit à Cloris son lldele Daphnis,
En poursuivant toujours ses amoureuses traces.
Lors que le cœur épris d'un semblable désir, La Nymphe luy répond avec un doux soupir A ta discrétion, Daphnis, je m'abandonne;
Nous serons l'un et l'autre aujourd'hui satisfaits, Je ne te compte point les biens que je te donne. Et ne me compte plus les maux que je t'ay faits.
Approche, embrasse moy, ne fais iilus la farouche, L'Amour est un plaisir et si juste, et si doux. Serre moy de tes bras, mets ta langue en ma bouche. Aussi bien que ton cœur ouvre moy les genoux.
Il semble, mon soucy, que tu craignes la touche, Prens mon v. d'une main, et voy comme je fous; C'est trop te cajoller, il faut que je te couche, Et bien je suis dessus et te voila dessous.
J'entre, lève le c, je suis dedans, je pousse
Tire à toy, ne crain rien, cette peine est trop douce.
Ha! liai haï je décharge, ô quel aymable effort!
Quoy! tu semblés mourir, non, non, belle Silvie, Ne t'imagine pas qu'on te donne la mort Puis-qu'on a fait cela pour te donner la vie.
10 SONNETS GAILLAnns
Gagnons le jubilé, n'usons plus de remises, Cloris, ne parlons plus de bal, ni de balets, Prens de petits souliers, reforme tes colets, Jeûnons, donnons l'aumùne, allons aux quinze Églises.
Change en austérité toutes tes mignardises.
Lis tes heures au lieu de lire mes poulets,
Di'file tes coliers, fays en des chapelets.
Et prions tant, qu'en lin nos fautes soyent remises.
Tu sçays bien que TAmour n'eut jamais de plaisirs, Dont nous n'ayons ensemble assouvis nos désirs. Et (jue nous méi'itons une peine éternelle;
Mais pour avoir du Ciel ce que nous prétendons. S'il faut nous repentir d'une faute si belle, i\ous aurons l»ien du mal à gagner les jKirdons.
En fin, vous m'offencez de faire ainsi la sotte, 11 faut résolument que vous me contentiez, Et sans tant de discours que vous me permettiez Qu'en ce lieu liane à liane contre vous je me frotte.
En deussiez vous crever, je vous prendray la motte, Défendez vous des dents, et des mains et des pieds, 11 faut que je vous foute, ou que vous me foutiez. L'arrêt en est donné ; troussez-moi votre cotte.
Vous voyez ce gros v. (jne je ne puis domter, Tout au milieu du c, je vous le vais planter, Vous avez beau crier, c'est un point nécessaire.
Dans un si beau dessein, je suis trop engagé; Maintenant si j'ay tort ou laison de le faire Nous l'examinerons (piand j'auray déchargé.
C'est un étrange cas qu'en ce monde qui passe Comme on voit les torrens qui s'écoulent en bas, Si l'homme a du plaisir, il ne luy dure pas, Et tout incontinent la Nature s'en lasse.
Vous me confesserez que le foutre surpasse Tout ce qu'on peut sentir d'agréables appas, Même ce qui se boit aux célestes repas, Comme fait un haut mont une campagne basse.
Toutes fois, remarquez, foutons, et refoutons, Puis estant délassez, aussi tôt remontons. Tant que la seule mort nous en ôte l'envie ;
Si nous avions rangé tous nos coups bout à bout. Quand nous aurions vécu quinze lustres de vie, Nous n'aurions pas foutu six semaines en tout.
ET TRIAPIQUES 10
J'ayme dedans un bois à Ireiiver (raveiiture Dessus une Bergère un Berger culetanl, Qui s'attaquent si bien, et s'eearinourhent tant Qu'ils meurent à la lîn au cunil)at de nature.
J'ayme à voir dans les i)rez, non leur belle peinture, Mais un Bélier cornu sa femelle foutant. Et le Bouc échauffé sur la sienne montant, Pour un si doux ébat oubliei" la i)àture.
J'ayme à voir dans les prez en un pareil elfort,
Le Taureau qui se joint à la Vaclie si fort,
Qui voudroit, s'il pouvait, la percer d'outre en outre.
Le foutre est à mes yeux un printemps diapré, Au cœur un Paradis; et si je ne voy foutre, Je n'ayme plus ni bois, ni campagne, ni pré.
Pour foutre un pauvre coup, mon Dieu ([[l'on a de mal Mon V. ne sauroit faire assaut (\u"\\ ne s'enferre, On court l)ien rtu liazard à faire tant la guerre ; Mais par dieu le Bordel est bien aussi fatal.
Mon V. est devenu plus clair que du crystal, Et boursoufflé par tout d'un venimeux caterre (sic) Quand il pense cracher son apostume à terre L'ne carnosité luv bouche le canal.
Barbier, ton industrie et ton expérience Me coûte trop (rargent et trop de patience, Mon V. depuis deux mois boit par jour un écu ;
Nature a mis le mal bien près de son remède, Celuy qui fout en c. n'est pas si loin du Cu, Qu'il ne le puisse un jour invoquer à son ayde.
Icy naquit un homme et mourut tout soudain, Icy de son berceau il lit sa séi)ulture, Un Bougre, qui forçant les lois de la Nature Fit tenir lieu de c. à sa lubrique main.
Un instant fut son âge, et le Père inhumain Qui put voir d'un œil sec périr sa créature L'exposa dans ce champ, où la terre moins dure Que ce cœur de rocher, le receut dans son sein.
Passant, si la pityé a d'assez puissans charmes Pour te faire verser en ce lieu (fueiques larmes, Arrouse de tes pleurs le tonii)eau que tu vois ;
Et s'il te prend jamais une pareille envie, Souvien-toy d'arrêter la fureur de tes doigts, Puis-qu'ils donnent oiisenibie et la mort et la vie.
Voicy la belle main cruellement lubrique, Qui sçeut si dextrement se servir du poignet, Qu'au temps que le dernier de nos Valois régnoit, Maugiron eût esté jugé paralytique.
0 combien dextrement elle branloit la pique ! 0 qu'avec de plaisir un v. elle empoignoit I Puis l'exercice fait, jamais ne se baignoit Qu'en l'eau qui découloit du vase spermatique.
Qu'à des v. cette main a fait faire d'excès !
Pour avoir du savon de Madame d'Usez !
Combien plus que Cormier cette main fit de sausses I
Combien plus qu'en extase elle a d'homme ravis !
Combien manié moins d'épingles que de v. !
Et n'eut jamais manchon qui ne fût haut de chausses.
Que je suis tourmenté par un injuste sort ! Toujours à mes desseins la fortune est contraire, La femme de Césy m'a quitté pour mon frère, Avecque des mépris plus fàclieux que la mort.
Antragues pour moy seul a pu faire un effort, Et de moy, seulement s'est fait nommer sévère, Et chez Madame Aubry un puissant adversaire M'a fait voir que l'argent est par tout le plus fort.
Madame de Vilars n'est plus qu'une guenuche, Saint Brisson avec moy a partagé Fanuclie, Et ma garce ordinaire est dedans le Bordeau ;
Qu'en dis-tu ma raison ? qu'est-ce qui te retarde ? Que ne vas tu chercher un plaisir tout nouveau, Et voir en sûreté le jeune Bellegarde ?
Ça, ça pour le dessert, troussez moy cette cotte. Vite, et chemise et tout, qu'il n'y demeure rien. Qui me puisse empêcher de reconnaître bien Du plus haut du nombril jusqu'au bas de la motte.
Voyez ce traquenard qui se pique sans botte, Et me laissez a part tout ce grave maintien, Suis-je pas votre cœur ? Estes-vous pas le mien ? C'est bien avecque moy qu'il faut faire la sotte !
Il est vray, mais je crains de vous échaufer trop.
Remettez-vous au pas, et quittez le galop ;
Ma belle, laissez moy, c'est à vous de vous taire.
Ma foy, vous vous gâtez, en sortant du repas ;
Mon cœur, vous dites vray ; mais se pourroit-il faire
De voir un si beau c, et ne le foutre pas ?
ET l'RlAPIQUES 25
Je songeois (jue Philis, des enfers reveniie, Belle comme elle estolt à la clarté du jour Youlolt que son faulôme eiicoi'e lit Tamour, Et que comme Ixiou j'embrassasse une niie.
Son ombre dans mon lit se glisse toute nue, Et me dit, cber Amant, me voicy de retour, Je n'ay fait qu'embellir en ce triste séjour Où, depuis ton départ, le sort m'a retenue.
Je viens pour rebaiser le plus beau des Amans, Je viens pour remouiùr en tes embrassemens ; Alors qu'en cette Idole eut abusé ma flame,
Elle me dit, à dieu, je m'en vais chez les morts. Comme tu t'es vanté d'avoir foutu mon corps, Tu te pourras vanter d'avoir foutu mon ame.
Toy qui cours Teguilletle, et d'estoc et de taille, Aymant mieux trois putains, que trois mots de vertu, Pour t'avoir imité mon argent est foutu, Philidor, tu me vois sans denier et sans maille.
Mais ce qui plus encor maintenant me travaille, C'est le dépit que j'ay, qu'Alain au pié tortu. Me trouvant sur sa femme, ajjrés m'avoir batu, Ait pensé m'avaller comme une huitre à l'écaillé.
Je quitte maintenant le séjour du Bordel, Afin de consulter les écrits de Bandel, Agréable entretien d'un cœur mélancolique ;
Mais pour charmer mon deuil par forme d'entregent, Je ne laisserai pas de bien branler la pique. Et contraindray mon v. à pleurer mon argent.
Le même feu divin qui dévora Gomorre,
Tomba l'un de ces jours au Faux bourg Saint-Germain,
Où cet ange vengeur, apparaissant encore,
Portant l'ire en ses yeux, et la flame en la main.
Tous vœux sont impuissans sur cet Ange inhumain, Qui veut exterminer ce que le Ciel abhorre. Déjà son feu céleste une maison dévore ; Mais ce n'est pas assez pour une telle faim.
Lors qu'une bonne Dame, à la jupe haussée Plus puissante que Lot, et bien mieux exaucée, Sans s'arrêter aux vœux recourt à l'action.
Et Cotillon en l'air par toute la famille. Prononça ces beaux mots tous pleins d'affection. Foutons, foutons en en nous sauverons la ville.
Je songeois cette nuit qu'enfui cette farouche Qui n'eût jamais pour moy de mouvemens courtois Estoit entre mes Ijras, et que je la foutois Si bien qu'à tous momens nous ébranlions la couche.
Mon V, dedans son c, ma langue dans sa bouche, Lui témoignoyent assez l'ardeur que je sentois; En ce plaisant combat, souvent je luy portois, Et n'ay mis bas le fer tiu'à la septième touche.
Cependant, au réveil je n'ay rien dans mes bras, De mon foutre perdu ma chemise, et mes draps, Semblent me reprocher le visible dommage.
Ah! si Cloris vouloit epreuver mes efforts! J'ay déchargé sept fois en foutant son image, Que ne ferois-je point si je foutois son corps?
Je ne m'étonne pas que dès le second jour Sans nulle émulction, ni remède topique, Le chancre qui campoit sur le bout de ta picjue Voulut abandonner un si triste séjour.
Le travail de la Muse, et celuy de l'amour Qui depuis un long temps rendent ton corps éthique, Sont cause qu'après eux ce glouton domestique Ne treuva plus de quoy te manger à son tour.
De sorte que voyant que tu portois la mine De luy faire chez toy des leçons de lésine, Et qu'efTectivement il estoit au filet ;
Il ronge son lien, il dévore sa bride
Et s'enfuit promptement de ce s(|uelette aride,
De crainte que la faim ne le prit au colet.
Qu'une sévère loy Lient Dorindc captive ! Le vice et la vertu la gène[nt] également, Et son cœur des plaisirs attiré doucement, Touché de repentir en même temps s'en prive.
Elle brùloit pour moy d'une flame lascive, Et vouloit satisfaire à son embrasement. Quand l'heure du salut ht naître en un moment Le souvenir du sien à son ame craintive.
Un même temps nous vit baiser et prier Dieu, Le Temple et le Bordeau ne fut qu'un même lieu, Commencer et hnir n'eut point de dilférence ;
Mais nous ne verrons plus même chose arriver ;
Car si toute vertu mérite récompense
Nous méritons do Dieu qu'il nous laisse achever.
ET rUIAPIQUPIS
Alix cstaiil sur le retour De son ;ige déjà passée, Avoit baiiiiy de sa pensée Tout dessein de faire Taninur
Alors (lu'uii Douiire de la Cour Pour sou lils eùL rànie blessée, Et baisa d'une cliaude arsée Ce mignon plus l)eau (lue le jour.
La Nature ne s'en put taire Et cette généreuse lAbM'e, Qui jamais ne ci'aignit de v.,
S'écria, luy livrant jjatailles,
Pren mon en laisse-la mon lils,
Il m'est plus clier (jue mes enti'ailles.
Cher Vigeon, que ta mort va nous coûter de peines! Qu'un V. est malheureux d'arser dans un pays Où l'on punit du feu ces nobles appétis Qui ne sont condamnez que chez les souveraines!
Ordonnez, pour le moins aux femmes d'estre saines, Juges, si vous avez quelque pityé des v. Seigneur, fay que les c. deviennent plus petis, Et qu'ils n'ayent jamais ni fleurs, ni mal-semaines.
Bougres, qui l'aveu veù, sans l'oser secourir, En chemise, tout nu, dans la Grève mourir. Qui pouvoit retenir votre fureur lubrique?
Plutôt que luy chanter tristement un Salve, 11 falloit sur le feu venir branler la pique ; Le feu se fût éteint, et vous l'eussiez sauvé.
Notre amy si frais, et si beau,
Que Venus en estoit blessée
A la couleur plus effacée
Qu'un mort de trois jours au tombeau.
C'est vous Damoiselle Ysabeau, Qui l'effoutez (sic) de telle sorte, Quand sous luy vous faites la morte.
Qu'il n'a que les os et la peau.
Quand de trop d'aise il vous ravit, Vous lui succez l'ame du v.
Et de votre main sadinette.
Vous le pressez, vous le dressez, Et croy, ma foy, que vous pensez Que son v. soit une espinette.
Un parler ordinaire, avec afféterie,
De perles, de rubis, et d'un grand diamant.
Et pour deux ou trois coui)s vouloir ell'rontément
Tout ce (piiui Pont-au-Change on voit d'orfèvrerie.
En femme d'Archiduc faire la renchérie, Commander à baguette, offenser librement, Toujours couteau sur taldc, un boire insolemment. Comme si ma maison fût une liôtélerie.
S'engager jusqu'aux yeux, pour prendre chez Gerbaut Du Damas, du Satin, et tout ce (pi'il luy faut, La peur de prendre mai : un c n insatiable:
Estre toujours dessus, ou toujours estre auprès. Font, sans payer en sot, ni faire l'agréable. Que me branlant le \ ., je fous à petit frais.
ET l'RIAPIQUES 35
De ce V. que tu vois, apprens, ambitieux, Comme on traitte les v. sur la croupe jumelle. Ce V. qu'ores tu vois qui va trainaut de Taile, Est l'exemple parfait des v. audacieux.
Grimpaut sur THélicon, un Dieu malicieux Luy arracha le nez, et creva la prunelle, Et Tlialie. escrimant d'une vieille allumelle. Le rendit sans oreille, aussi bien que sans yeux.
Mais ([uoy «lu'estropié d'yeux, de nez, et d'oreille, Parniy ces neuf Putains encor lit-il merveille, Aculant a deux doits du Bordel la Vertu ;
Et n'eût esté Méduse à la laide grimace, Qui empierra ce v. de malheur condjatu, 11 foutoit Apollon, et Pégase, et Parnasse.
Maudite soit la nuit par trop brunette, Et le trouppeau des Astres assemblez, Trop peu luisans alors que dans les blez J'estocadois le ventre de Tienuette.
Mieux m'eut valu qu'elle eut esté Nonnette, Et que mes yeux eussent esté troublez, D'un fort sommeil alors (| n'estions couplez, Et que son cas me servoit de brayette.
Je n'eusse hélas ! enduré tant de maux, Comme j'ay fait, qui or' comme animaux Rongent le frein de ma triste mentule ;
Et n'eusse aussi dans mes chausses logé Je ne sais quoy, qui m'a tant outragé Qu'an lieu d'aller en avant, je recule.
ET PRIAl'IOlES 37
Beaux sont ces bois épais, belle cette prérie, Belles ces vives fleurs, et beaux ces verts rameaux, Beau le crystal coulant de ces petits ruisseaux, Beau le divers email de cette herbe fleurie.
Beaux les derniers accens qu'un doux Echo marie. Aux charmes amoureux de mes chants tout nouveaux. Beaux les riches épis de ces jaunes tuyaux. Beaux les airs qu'un Berger sur sa flûte varie.
Beaux les seps amoureux où pendent ces raisins. Beaux les courbez valons de ces coteaux voisins, Beau cet antre, où parfois avec toy je sommeille ;
Mais toutes ces beautez, mon Alcine, crois moy, Cèdent à la beauté de ta motte vermeille Que je tiens maintenant, assis auprès de toy.
Si tôt (lue le suiiiiiifil au iiiaLin m'd quiUé, Mou premier souvenir est le c. de Nérée, De qui la motte Terme, et lu barbe dorée Égale ma fortune à l'immortalité.
Mon V. de qui le l'outre est la félicité, S'allonge incontinent à si douce curée, Et d'une échine roide au condiat préparée, Montre que sa colère est à l'extrémité.
La douleur que j'en ay m'ùtc la patience, Car de me le branler, c'est cas de conscience; Ne me le branler point, ce sont mille trépas.
Je fays ce que je ])uis afin (|u'il se contienne;
Mais eu l'amadoiiant, je ne m'appercois pas
Qu'il me crache en la main sa fureur, et la mienne.
ET PRTAPIQUES 39
C'esl à bon droit, belle main, que je doy Priser, vanter, chérir ta bonne grâce; Par ton secours aisément je me passe Du sexe ingrat, sans amour, et sans foy.
En m'éi)atant un quart d'heure avec toy, Les feux d'amour je convertis en glace. Malgré leurs dents les plus flères j'embrasse; Et l'ays cocus l'Empereur, et le Ro\ .
Argent, ne temps ne me faut point dépendre, Nouveaux venus ne me font point atlciidre. Mon temps je passe, et suis chaste tenu;
Tu m'affranchis de chancre, et de vérole. De Maître Andjroiso, et de Maiti'e Nicole, Et le Gajac i)ar Loy m'est inconnu.
Un visage à rantique, une vieille Cybéle, Qui sans estre lassée, un chacun a [laissé], Qui dés le berceau même a ce train commencé. Et ne se souvient point d'avoir esté pucelle.
Vieille mule au frein d'or, qui pour faire la belle, Couvre de fard sa joue, et son front crevassé, Et voyant son crédit, comme sou temps, passé. Afin d'y revenir veut estre maquerelle.
Et pour premier essay de son nouveau savoir, La vieille enchanteresse entreprend d'émouvoir Par ses propos rusez la Beauté qui m'affole ;
0 Ciel ! pour me venger de ses malheureux tours, Fay que ceux qu'elle paye, en ses chaudes amours Ay'nt le membre aussi mou qu'elle a la fesse molle.
Elle a trop fait pour moy de m'estre impitoyable, Car ses seules faveurs me font frémir de peur, Et si j'en recevois, pour décharger mon cœur J'yrois rendre ma gorge au fonds de quelque étable.
Le parfum de sa bouche est chose insupportable, Et sa chair rousse et noire a tant de puanteur. Que pour me garantir d'une telle senteur. Je fay l'amour de loin, dont je luy sers de fable.
Ainsi sa cruauté m'est cause de plaisir. Car de la bien sentir je n'ay pas le loisir. Feignant ne l'approcher, pour la voir si rebelle ;
Un jour je la priois, mais s'elle eût dit ouy, En m'écriant de peur, je me fusse enfuy; Car sa seule rigueur me fait estre fidelle.
Sainte inére d'amour, et toy Père Priape Puissant Dieu des jardins, vigoureux rougissant. Las ! voyez en pitié ce Catze languissant, Aussi mou qu'une trippe, ou la c.lle d'un Pape.
Le pourpre est elï'acé qui coloroit sa chappe, Il n'a plus le j)ort fier, terrible, et mena(;ant; Mais drs qu'il treuve un en, sa dague il va baissant. Et me faut rendre au bord le foutre qui m'échappe.
Donc, saintes Déitez, guérissez ma langueur. Et soufflez en mon v. ma première vigueur. Que la fièvre traîtresse a tinement ravie;
Ou bien s'il ne vous plaît contenter mon désir. Ne soulfrez que je vive exenq)t de ce plaisir, Car si je suis sans v., je veux estre sans vie.
Je ne connus jamais femme de tel courage, Ni d'un si haut esprit, qui veut tout enihrasser, Vn seul de tant d'amans on ne luy voit cliasser, A tous éoalement sa Iranchise elle ciiiiage.
Par des regars trompeurs, et pai" un doux visage. Elle peut, à son grr les esprits entasser, Et ne se lasse point d'attraii'e et poui'cliasseï' Vn Prince maintenant, et maintenant un Page.
Pour savoir bien danser le muguet est aymè ;
L'autre chante assez bien; et l'autre est estimé
Pour ce (pi'il fait des vers; l'autre est de hoiine mise.
Et bien soit, de par Dieu, je ne l'en veux blâmer; Mais il me fâche fort de luy voir tant aymer Ce sot qui ne fait rien que fraiser sa chemise.
Le fruit d'amour, trop longtemps attendu, Pert sa saison, et n'est plus agréable, Pour un amy, vous rendre redevable, Donnez-le tôt, ou bien il est vendu.
Non, toutesfois, qu'il vous soit défendu De mettre à prix de peine raisonnable, Ou qu'il en faille estre si charitable Que pour chacun au croc il soit pendu.
Mais je voudrois que sans longue poursuite ;
A un amy l'on en fit charité.
Voire devant qu'il le gagne et mérite ;
Car le donnant quand il Ta mérité.
C'est récompense, et iilatùt on s'acquite. Qu'on ne fait grâce et libéralité.
Ne laissez point de faire amour nouvelle, De peur d'entrer en un nouveau tourment, Ou d'estre dit, par votre changement, Volage Amant, ou léger de cervelle.
Puis-qu'en amour de douceur n'est point telle, Ni le plaisir tel qu'au commencement, Qui veut toujours treuver contentement.
Faut que l'amour souvent il renouvelle..
Un vieil amour, ainsi qu'un habit vieux, Pert sa façon, et devient ennuyeux.
Et même l'or au temps se décolore ;
Tout le plaisir d'amour, est sur le point Que l'on prétend d'avoir ce qu'on n'a point, Ou que l'ayant, on en est las encore.
i(i SONNETS GAILLARDS
Un Mignon circoncis, sorty de la fontaine
Des Marrans (?) i)lus famcnx, dont son nom est venu,
Qui d'un prêt usurier a crû son revenu,
Et s'est venu camper d'Avignon en Touraine.
Un amoureux, punais, du nez et de l'haleine, Par ses faits importuns nouvellement connu. Qui n'a qu'un des témoins, encore bien menu, Et marche à pas contez comme un vieux Capitaiiip.
Le gentil babouin, pour plus s'autoriser. Ose aynier ma maîtresse, et la pense épouser, Cruciliant d'ennuy mon ame languissante ;
Mais, ô lils d'Abraham, source de ma douleur. Tu peux bien, sans profit, amortir ta chaleur ; Car de ton bois punais la flame est troj) jaiante.
Forget, au nez tortii, qui forgoz sans mesure Eu dépit (rApollou, tant de vers mal rymez, Et qui blâmant les Juifs, vos parens dilfamez, Comme un maudit enfant, et de traître nature.
Si votre nez punais désormais s'aventure
A lâcher dessus moy ses traits envenimez,
Je consens que mes vers ne soyent plus renommez,
Au cas que d'un tel sot je ne venge l'injure.
Je puis, si j'en veux prendre une licuro de loisir Pour réjouir la France, et me donner plaisir. Ourdir par mes écrits un cordeau i)our vous pendre ;
Mais il ne le faut pas, car sans m'en travailler. Le collier quelque jour je vous verrais bailler, Pour l'argent dcrol)bé que vous ne sauriez rendre.