‹ Sonnets pour Hélène. Introd. et notes de Roger Sorg; avec un port. gravé sur boisChapitre 18 sur 25 · VIU · texte numérisé non relu

VIU

Je trespassois d'amour assis auprès de toy, Cherchant tous les moyens de voir ma flame es-

[teinte ; Accorde, ce disoy-je, à la fin ma complainte, Si tu as quelque soin de mon mal et de moy.

Ce n'est (ce me dis-tu) le remors de la loy Qui me fait t'éconduire, ou la honte, ou la crainte, Ny la frayeur des Dieux, ou telle autre contrainte, C'est qu'en tes passetemps plaisir je ne reçoy.

D'une extrême froideur tout mon corps se com- Je n'ayme point Venus, j'abhorre telle chose, [pose, Et les presens d'Amour me sont une poison :

Puis je ne le veux pas. O subtile deffaite ! Ainsi parlent les Roys, défaillant la raison, « Il me plaist, je le veux, ma volonté soit faite.

Page 1