ANDRÉ, LE MARQUIS DE MIRABEAU
ANDRÉ, d la porte.
Donnez-vous la peine d'entrer, monsieur; mon maître est à vous dans l'instant.
LE MARQUIS
C'est bien [dpart. ) Voici donc la demeure de mon fils. . . Pour un prisonnier d'état , il s'est fort bien logé.
ANDRÉ
Monsieur connaît M. le comte?
LE MARQUIS
Oui.
ANDRÉ
Monsieur est un ami •'
LE MARQUIS
Peut-être.
ANDRÉ
Ça se devine ù l'intérêt que monsienr semhie poiter à mar» ujaîlre. Il y a long-temps que monsieur n'a vu monsieuf le oomte?
LE MABQriS.
Que TOUS importe ?
ANDBÉ, stupéfait.
Au fait, c'est vrai; ça n e m'importepas.
LE MARQUIS
Dites-moi, mon ami , comment votre maître passe-t-il sa vie ici ?
ANDRÉ
Mais, monsieur, fort bien; nous parlons politique ensemble, et c'est une justice à lui rendre, il y est très fort... quant à la philosophie , ma foi, je dois dire, tout amour-propre à part, que j'ai peine à lui tenir tête, et cependant... Enfin... si ce n'est qu'il ne peut pas sortir de la ville, il ne tient qu'à lui de ne pas se croire en prison.
LE MABQCIS.
Ce n'était pas l'intention du marquis de Mirabeau.
ANDRÉ
Ah! çà, par exemple, bien sûr... ce vieux Chinois-là..
LE MARQUIS
Hein!...
ANDRÉ
Diable de maïquis leîuurné, va...
LE MARQVI9.
Plaît-il ?. . .
ANDRÉ
Faire enfermer son fils!... le poursuivre avec tant d'acharnement!... et ça passe sa vie à l'OEil-de-Bœuf... et ça boit, et ça mange, et ça parle... ça va, ça vient comme une personne naturelle.
LE MARQris, d part. Ëh bien ! mais voilà un gaillard ijui ne m'arrange pas mai !
MIRABEAU , eritfant.
Pardon, monsieur, .si je vous ai fait attendre si long- temps ," mais... ciel! mon père!
ANDRÉ
Votre... son... hein... hein., comment, c'est nionsieur qui est M. le marquis de Mirabeau?
MIRABEAU , sévèrement.
Sortez.
ANDRÉ , à pari.
" Eh bien! j'ai fait de la belle besogne, moi... un apprenti philosophe... Pouah! c'est horrible! {Il sort.)