‹ Sophie et Mirabeau, ou, 1773 et 1789Chapitre 4 sur 42 · SCENE IV · texte numérisé non relu

SCENE IV

SOPHIE, seule.

Aurait-il reçu, avant moi, une réponse à la démarche que j'ai fait l'aire auprès de IVl. Lenoir, en faveur de Mirabeau ? Ce cher Gabriel!... si je pouvais le rendre à la liberté... Voyons... (Elle ouvre la letire.)^on. .. c^cst une déclaration d'amour. ..(soariant.) Une déclaration d'amour de M. de Saint-Mauris... ah! ah! ah !... [changeant de ton, et prenant un air indigné.) Malheureuse! et pourquoi rire?... Celte déclaration si brusque n'estelle pas un outrage?... Ne connaît-il pas ma position?... Ah! si ce monde, qui nous juge toujours sur l'apparence, pouvait apprécier ma faute, et lire dans mon cœur, il me trouverait bien moins coupable qu'on ne le croit... Mirabeau aurait dû mettre plus de réserve dans sa conduite... Moi-même... {froissant la lettre avec colère.) oui, je me serais épargné ainsi l'humiliation que je reçois.

AiH de M. Doche.

Ali! j'aurais dû, froide et sévère, Ne jamais écouter sa voix :

A l'amour, mon ame étrangère, De la raison suivant les lois, Serait calme comme autrefois.

Oui, j'essayai de me défendre...

Mais sa voix si douce et si tendre, De ses malheurs parlait toujours .

La pitié commença nos amours.

Si le bonheur, de sa carrière Toujours eût marqué l'avenir, Je serais libre, heureuse et fîère ; Et ce respect, notre désir, Je l'obtiendrais sans en rougir.

Mais contre un sortplein de rudesse, Alors que de mon cœur sans cesse Il implorait un doux secours, La pitié commença nos amours.

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