T. VII, p. lxiv
M. North, en produisant ce tableau, déclare du reste qu'un certain nombre des agents du recensement n'ont pas pris leurs renseignements avec un soin suffisant. Cependant on peut en retenir que les établissements nouveaux installés dans Vannée représentent de 8 à 9 p. 100 des établissements existants: qu'ily " augmentation, sans exception, dans toutes les industries, comme il y n augmentation dans tous 1rs Etats.
Le tableau XII nous donne le nombre des établissements et leur production d'après le caractère de leur organisation.
Sur les 512 25 i établissements, on trouve :
Valeur des produits.
Appartenant à des individus
*-!•,:'* ooo ooo
— à des firms ou sociétés en
participation
— iï des sociétés par actions. .
— ù des sociétés coopérative»
et diverses
Le nombre des établissements appartenant à des individus représente 72, S du total, soit près des trois quarts; sur ce chiffre, 183 500, ou près de la moitié, étaient engagés dans les ffand trades.
Leurs produits représentent 20,6p. lOOdu total. Leur production moyenne est de jjf 7176 (37315 fr. par établissement.
Les établissements en société en participation, comptant deux ou trois associés, représentent 18,9 du
total. Leurs produits valent 19.7 du total.
Ces deux loi nie- d'établissements donnent doue !»l , 7 du total des établissements, etleur production donne 40,3.
Non-, laissons de côté les sociétés coopératives dont le nombre et laproduction sont insignifiants.
Les sociétés par actions, qui représentent 8p. lOOdes établissements, donnent 59,5 des produits.
Les quatre grandes industries de l'alimentation, des textiles, du fer et de l'acier et du bois sont représentées surtout par des sociétés par actions. Toutefois, il y a, dans l'industrie du coton, 72,8 p. 100 des établissements qui appartiennent à des individus ou à des sociétés en participation, firms; dans l'industrie delà soie, 27,3p. 100 des établissements appartiennent [à des individus, 31 ,9 à des fi nus; il n'y en a que 40,8 p. 100 appartenant à des sociétés par actions; de même, dans la bonneterie et passementerie, 38,3 p. lOOappartiennent à des individus, "11 , 4 p. 100 à des firms.
Dans l'industrie sidérurgique, sur les 13896 établissements, il n'y en a que 4 843 qui appartiennent à des sociétés par actions, soit 34,9 p. 100. Ils donnent, il est vrai. S 1 508 493 000 sur # 1 703 490 000, soit 84 p. 100 de la valeur de la production.
Dans l'industrie du bois, 28 470 établissements appartiennent à des individus, 13900 à des firms, 4675 seulement à des sociétés par actions : et la valeur des produits des deux premières catégories est de # 521 millions, celle des produits de la troisième de # 508 383 000.
Sur les lii!»S!i établissements travaillant le cuir, 12 906 sont individuels, 2 990 appartiennent à des firms, 1 091 appartiennent à des sociétés; ces. derniers ont une production d'une valeur de £ 257 808 000; celle des firms est de $ 208 571 000. Le Cousus ne donne pas la valeur des produits de la première catégorie.
L'industrie du papier et de l'imprimerie comprend •26 747 établissements, dont 16 332 appartiennent à d<>s individus, 5 682 à des firms, et seulement 4 490 à des sociétés par actions. Les deux premières catégories ont une production de $ 233 millions sur $ 606 millions, soit de 38 p. 100.
La fabrication de la pâte de bois appartienl presque exclusivement à des sociétés; il en est autrement pour
YVES GO'nT. H
les établissement d'imprimerie et pourles publications périodiques.
L'industrie des liqueurs et boissons compte 7 801 établissements, dont 1333 appartiennent à des sociétés par actions qui produisent S 305 millions sur $425 millions, soit 81 p. 100.
La production des produits chimiques compte 2 206 sociétés par actions sur 5 AU établissements ; elles produisent # 450 millions sur environ $ 553 mil- Lions.
Dans la céramique et la verrerie, la petite industrie domine: sur les 14800 établissements, 8 760 appartiennent à des individus, 3 890 à des firms et seulement 2 2oii à des sociétés par actions; celles-ci produisenl S 157 330000 sur $ 293 564000, soit 53 p. 100.
Dans les établissements métallurgiques autres que les sidérurgiques, sur lii 300 établissements, il y en a 10060 qui appartiennent à des particuliers, i 167 a des firms. Le Census ne donne pas la production des, établissements personnels : sur une production estimée $ 749 millions, les t 170 sociétés par actions produisenl ,S 578 millions.
Sur les 15 250 établissements traitant le tabac, 12800 appartiennent à des individus, 2 080 à des firms, 358 a des sociétés qui produisent s 12s millions sur # 283 millions, soit '.:> p. 100.
La carrosserie, le charronnage comprenant la construction des wagons comptent 10113 établissements, sur lesquels 2283 sociétés par actions produisenl s 130 855 000 sur 508 millions. Ce qui est étonnant, ce n'est pas que ces 2283 sociétés par actions aient une production de 84 p. 100 du total, c'est qu'il y ait encore plus de 7 000 établissements appartenant a des individus ou a des firms. Pour quelqu'un iinlm de l'idée de la concentration, il n'y a aux Etats-Unis qu'un constructeur de
wagons, c'esl Pfillmann. Onvoil qu'il a des concurrents.
La construction navale comprend 1 I l(i établissements, sur lesquels 151 sociétés par actions qui ont produit, en 1 900, § 55 571 000 sur # 74 57S 000.
Quant aux industries diverses qui comptent 29 479 établissements, 4 750 appartiennent à des sociétés qui produisent $ 641 millions sur un total de$ 1 004 millions.
Les Handtrades, les ateliers, ne comptent, sur 215 800 établissements, que 2 690 établissements appartenant à des sociétés par actions qui ont produit $ 100 646 000 sur S 1183 615 000 ; mais d'après les explications données par M. North, il y a bon nombre de ces établissements qui ne sont pas connus : à plus forte raison, connaît-on encore moins leur production.
M. North dresse un tableau (p. lxxti) de seize industries. Je prends les deux périodes extrêmes, 1850 et 1900. Voici ce que nous trouvons (voir tableau p. 184).
La thèse marxiste de la concentration comporte la diminution des établissements. Or, sur dix-sept groupes industriels, sans chicaner sur le caractère que pouvait avnir un établissement en 1850 et sur celui qu'il a aujourd'hui, nous constatons qu'il n'y a eu diminution que dans cinq groupes : machines agricoles, chaussures, tabac, tissus de laine, et laines peignées, pour un chiffre insignifiant le coton; partout ailleurs, il y a eu augmentation du nombre des établissements en même temps que de la production par établissement, sauf pour l'industrie de la laine peignée.
D'après Karl Marx et ses disciples, toute industrie doit se concentrer dans quelques établissements. L'industrie de la laine peignée présente un phénomène exactement contraire. Le nombre des établissements augmente, mais le nombre des salariés par établissement diminue. Elle n'en comptait que trois en 1850 ayant cbacun un capital de 35p. 100 supérieur au capital de cha-
l.Si
cun des établissements actuels et un personnel de
60p. 100 plus élevé.