‹ Sophismes socialistes et faits économiquesChapitre 114 sur 223 · CHAPITRE II Les Prophètes « Catastrophales · texte numérisé non relu

CHAPITRE II Les Prophètes « Catastrophales

La catastrophe anglaise. — Le Labour Party ne comprend pas la lutte des classes. — L'équivoque du congrès de Stuttgart. — « La grande symphonie » de Behel. — Les rêves catastrophiques de Karl Marx et d'Engels. — Prophétie d'Engels pour 1898. — « Les principes internes du marxisme » et M.Georges Sorel. — « Les mythes ». — Le jugement dernier socialiste et le millénaire chrétien.

Karl Marx et Engels, et leurs disciples, 'prouvent que, tout en invoquant la «nécessité naturelle», tous prévoient une révolution sociale fulgurante, la fin du monde capitaliste, s'effondrant dans un embrasement général, au milieu des éclairs et des tonnerres.

Dans la préface du Capital en 1867, Karl Marx dit : « En Angleterre, la marche du bouleversement social est visible à tous les yeux. » Et, en 1875, en dépit de l'expérience de la Commune, il répète, dans une note à la fin de l'édition française : « L'Angleterre sera le centre de l'explosion centrale (t. I, p. 351 .

Cependant tous les socialiste? autorisés du continent s'accordent pour déclarer que les Anglais ne comprennent pas la lutte des classes! Ils continuent, si bien que vingt-cinq membres des Trade unions rattachées au Labour parti/, n'ont pu être admis qu'à l'aide d'une équivoque au congrès de Stuttgart. Les ouvriers anglais se disent que, s'ils ont certains

intérêts contraires à ceux des industriels, ils en ont encore i»lus de connexes. M. Vandervelde ;i dit que toutes lesi'ois que les ouvriers combattent pour de pluhauts salaires, ils appliquent le principe de la guerre de classes. On n'a pas voulu éloigner ces recrues récalcitrantes '.

Il y a vingt ans que Wolmar raillait Bebel de ses pi ■•'■dictions relatives à une grande guerre européenne au lendemain de laquelle les peuples, indignés de cette boucherie, ruinés par la banqueroute générale, prendraient en mains leurs destinées: et, dan- cet le grande symphonie, la démocratie sociale jouerait le rôle de premier violon ».

Depuis ISi,'), disait M. Werner Sombart, Marx el Engels n'ont pas cessé de rêver de révolutions, de vraies révolutions où cela chaufferait, el de prédire leur explosion prochaine. Cela ne pouvait être que le résultat d'une analyse non réaliste de la situation et d'un jugenieni erroné sur les relations des Forces politiques, économiques et sociales (p. 109). » Ces lignes étaient écrites en 1886 ; et dans une lettre à M. Paul Lafargue, datéede 1892, Engels lixait à 1898 le moment où, en Allemagne, le parti socialiste s'emparerait du pouvoir. - Karl Marx el Engels onl donc toujours été en contradiction avec leur affirmation de « la oécessité naturelle tantôt en demandant au gouvernement d'y apporter des obstacles par la législation ouvrière, tantôt en rêvant d'insurrections, de révolutions el de catastrophes dramatiques. Leurs disciples continuent d'entretenir les mêmes chimères, quelques-unes comme moyen d'entraînement pour taire des recrues et d'intimidation pour leurs adversaires, d'autres avec la naïveté des croyants au millénaire. M. Gabriel Deville faisaitappel

i Cong rès • Ialiste de Stuttg irt, 20 août I9i

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« à toutes les ressources que la science mot à la portée de ceux qui ont quelque chose à détruire ». M.Jules Guesde, hier encore au Congrès de Nancy, «mettait son fusil en joue, » quoique ce geste soit démodé.

M.Georges Sorel, ingénieur en chef des Ponts et Chaussées en retraite, qui a trouvé intéressant d'utiliser ses loisirs à faire une étude systématique et loyale du socialisme en général et du marxisme en particulier, a trouvé au cours de ses recherches que Karl Marx lui-même et, à plus forte raison, ceux qui se réclament de lui, étaient coupables de beaucoup d'hérésies et il les combat à l'aide des « principes internes » du marxisme.

11 propose de traiter comme des mythes les théories que les « savants » du socialisme ne veulent plus admettre et que les « militants » regardent comme des axiomes à l'abri de toute controverse. Quelle chute ! le socialisme scientifique aboutissant à un « folk-lore » !

Karl Marx n'est plus qu'un inventeur et fabricant de mythes qui abuse de la crédulité de ses disciples; mais M. Georges Sorel ajoute que le dogme de la tin du monde a eu une telle intluence au point de vue de la propagande du christianisme qu'il faut précieusement conserver le dernier dogme du jugement socialiste.

M. Faubèrt lui demanda un jour :

— Mais est-ce que maintenant le dogme de la lin du monde n'a pas une valeur de déception ?

M. Georges Sorel lui répondit :

— Les promesses du millénaire chrétien ne se sont jamais réalisées, et le christianisme a toujours des fidèles.

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