‹ Sophismes socialistes et faits économiquesChapitre 116 sur 223 · AVEUX DES APÔTRES · texte numérisé non relu

AVEUX DES APÔTRES

pies fidèles faisaienl acte de foi au second volume qui ne devait paraître qu'en 1885, deux ans après la mort de Karl Marx. Si l'on osait encore contester quelques aperçus de Karl Marx, ils vous renvoyaient au troisième qui n'a paru qu'en 1X95. Ces deux volumes ont été publiés par les soins d'Engels qui reconnaît que, surtout pour le troisième volume, il ne disposait que d'une ébauche très incomplète. Alors, se pose une question : si Karl Marx avait une idée aussi nette qu'il le prétendait, pourquoi donc cette lenteur dans l'élaboration de cette exposition ? 11 a entendu réduire toute la science économique, historique, sociale à une formule. Pourquoi donc tant d'efforts pour la dégager ? Lorsqu'on lit ces trois gros volumes, on y trouve non seulement du fatras, mais quantité de compilations extraites surtout des Reports on commercial distrtss (1847-18-48) et des Reports on Bank acls de 1857-1858. Il en résulte donc que la documentation de Karl Marx remonte à plus de soixante et à plus de cinquante ans. Ces trois volumes ont été traduits en français ; le premier sur la seconde édition allemande a été revu et complété par Karl Marx et a paru en 1875 chez Maurice Lachâtre. Les deux autres volumes ont été traduits à l'Institut des sciences sociales de Bruxelles et ont paru en 1900 et 1901 chez Giard et Brière. Nous connaissons donc l'œuvre définitive de Karl Marx et d'Engels.

En 1886, un professeur de l'Université de Breslau, M. Werner Sombart, fit, à Zurich, une série de conférences destinées à la glorification de Karl Marx ; mais il commença par cet aveu :

« Si nous parcourons les écrits de Marx et d'Engels, seulement depuis l'éclosion complète de leurs idées, c'est-à-dire depuis 1847 jusqu'à 1883, l'héritage intellectuel qu'ils nous ont légué se présente tout d'abord à nos veux comme un enchevêtrement désordonné des idées

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les plus diverses. Il représente un pêle-mêle extrêmement lourd de doctrines contradictoires '. »

Toutefois, en disciple consciencieux, il ajoute : < Un demi-siècle après sa conception, nous sommes encore à la recherche du vrai sens de la signification profonde de la doctrine. » Dans sonbesoin d'orthodoxie inquiète, il avance que « Marx et Engels n'ont pas toujours été des marxistes conséquents, soit en théorie, soit en pratique (p. 109) ».

M. J. Bourdeau n'a pas exagéré en disant qu'il y avait trois doctrines dans le marxisme, une doctrine « hermétique», que possédaient seuls ses auteurs et dont M. Kautsky, le grand théologien marxiste, le directeur de la Neue Zeit, est peut-être demeuré un des seuldépositaires, en admettant qu'Engels n'en eût pas emporté le secret dans la tombe ; une doctrine « ésotérique » que commentent un petit nombre de docteurs et de disciples; et enfin une doctrine <■ exotérique pour la propagande et les réunions publiques J.

En réalité, Karl Marx avait au moins trois socialismes :

1° Le socialisme dit scientifique : la Révolution sociale c'était « la nécessité naturelle » de la lutte dis deux classes ; les prolétaires de plus en i>lu> nombreux et de plus en plus misérables; les capitalistes de plus en plus riches et de moins en moins nombreux.

2° Le socialisme théâtral : la Révolution devant faire une explosion volcanique.

3° Le socialisme opportuniste : limitation des heures 'lr travail, minimum il»' salaires, repos hebdomadaire, etc.

La plupart des socialistes imitenl Karl Marx et, mal-

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