V. — Au dessus de la loi
Le développement dVs crimes et délits commis a propos des grèves e>t imputable à la Faiblesse des pouvoirs publics.
A la suite «If la grève des sous-agents des postes, quelques facteurs avaient été révoqués. Le 23 juin 1906 les députés font des démarches auprès du président du conseil pour 1rs réintégrer. Celui-ci répond par la nécessité <!<• la discipline. M. Maujan montrait une singulière manière de comprendre \o gouvernement quand (1 s'écriait:' Ce que les ministres ne peuvent consentir, les représentants de la nation peuvent l'accorder! »
Tous les facteurs, y compris on certain nombre qui avaienl toutes les qualités requises pour étr»1 mis a II porte, onl été réintégrés : de sorte que les agents es
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arrivèrent aavoir cette conviction : Soyez un détestable employé, sur qui pèsent les charges les plus graves, et mettez-vous à la tête d'un mouvement : dès lors, vous êtes consacré, nul ne pourra plus vous toucher. Vous donnerez des ordres au lieu d'en recevoir. Ces employés se mettent dans la situation des gredins chinois qui se convertissent au christianisme pour devenir les protégés de la mission. Ils peuvent impunément commettre des crimes et des délits; et si un magistrat chinois les touche, ils crient à la persécution!
Au moment de la grève de Fougères, le 11 janvier 1907, M. Betoulle dépose une demande de subveir tion de 100 000 francs pour les grévistes de Fougères ; le ministre du travail déclare que « le gouvernement ne s'oppose pas à l'urgence ; » et le député de la circonscription, M. Lefas, l'appuie.
Si les ouvriers de la chaussure sont au nombre de 6 000 personnes, cela n'aurait fait que 16 fr. 66 pour chacun d'eux : la gravité de la proposition ne vient pas du chiffre de la somme, elle vient du principe qu'elle engage. Elle fait intervenir les pouvoirs publics en faveur d'une des parties. Elle donne du crédit aux grévistes et fait naître en eux des illusions décevantes.
La première fois que la question se présenta, ce fui au conseil municipal de Paris, en 1881, à propos de la grève d'Anzin, sur une proposition d'un secours de 10 000 francs. Je la combattis et la lis repousser par 55 voix contre 20 par quelques arguments que je me permets de rappeler.
M. Yves Cuyot. — Je vous prie, messieurs, de repousser cette proposition, afin de rester fidèles aux principes de la
politique de liberté, au point de vue économique, que vous avez adoptée au Conseil municipal.
M. Joffrin. — Pas moi.
M. YvesGuyot. — Si, aujourd'hui, vous intervenez entre les employeurs et les travailleurs, vous donnerez un démenti aux principes auxquels vous vous êtes ralliés. Que chacun intervienne individuellement en faveur des mineurs et l — ce qu'il lui convient. (Très bien .'
Nous, nous ne pouvons intervenir qu'avec l'argent des contribuables. Si, aujourd'hui, vous intervenez dans les contrai- qui existent entre les particuliers, nhi> prétexte de grèves, il n'y a pas de raison pour que vous ne preniez pas parti demain dans les autres grèves, et cela sans exception. Car pourquoi refuserez-vous votre concours à l'une d'elles? Ce serait une intervention perpétuelle du Conseil dans les conventions particulières. .Non- ne pouvons pas plus subventionner les ouvriers que nous ne pourrions subventionner la compagnie...
Vous demandez une politique de compression en préconisant l'intervention de la Ville de Paris.
Piteusemenl vous proposez un secours de lOOOOfrancs. Qu'allez-vous faire? Vous allez leurrer les mineurs et faire naître en eux des illusions décevantes, vous allez leur faire croire que la Ville de Paris se compromel en leur faveur.
Aujourd'hui, on vous propose une intervention houleuse,...
Si je suivais cotte politique, ce n'est pas 10 000 francs que j'aurai- demandés.
Car, lorsque le- 10000 francs seront épuisés, que fereivous? si vous \oulez prendre une mesure efficace, décidez que vous mettrez chaque semaine 100000 francs à la disposition des l'ainilles des mineurs.
M. Joffrin. — Cette disposition serait repoussée aussi bien que la mienne.
M. Vves Guyot. I.a mine, quoi que vous prétendiez, constitue une propriété individuelle, et la concession d'Anzin a été primitivement accordée à quelques individus.
on vient parler de bénéfices réalisés. Il semblerait que
certains Français n'ont d'autre désir que de voir ton- leurs
compatriotes se ruiner dans toute- leur- entreprises. Quant
à moi. je regrette qu'il n'existe pas un grand nombre de
télés minières ayanl réalisé le- mêmes bénéfices; cela