LA NATION AL" SERVICE DES GRÉVISTES. 2G
vaudrait mieux que de voir 4"> p. 100 <lrs concessions non exploitées, comme le constate la commission d'enquête de
Je demandais au Conseil municipal, pour qu'il fût logique, d'ouvrir un chapitre particulier, ayant pour titre : « Primes et encouragements aux grèves. » Ce que je disais par ironie fut réalisé. Le septième Conseil municipal n'a pas subventionné moins de vingt-deux grèves. Il a donné 2 000 francs à la grève des ouvriers des allumettes, qui sont des ouvriers de l'État. Je ne sais si le préfet a approuvé cette intervention du Conseil municipal contre le gouvernement. Le Conseil avait, le 11 juillet 1891, donné un secours de 10000 francs aux ouvriers en grève du chemin de fer d'Orléans, et, le 24 juillet 1891, de 20 000 francs à l'ensemble des ouvriers des chemins de fer. Ces deux délibérations furent annulées : mais l'administration ne fut pas aussi rigide pour toutes. Elle transigea, en ne distribuant aux familles qu'après la grève, comme si, par ce moyen hypocrite, elle ne donnait pas à la grève un crédit moral et matériel.
C'était si bien un appui que le Conseil municipal voulait donner aux grévistes, que M. Mesureur, au Conseil municipal, rapporteur de la proposition de sub vention à la grève de Decazeville, qui avait préludé pai l'assassinat de M. Watrin, disait : « Il faut plus qu'une manifestation platonique de sympathiejpour les mineurs de Decazeville. Il faut un acte. »
Tandis que le Conseil municipal subventionnait ainsi les grèves, la question se posa pour la première fois au Parlement le 25 novembre 1*X9. M. Ferroul déposa une proposition de loi tendant à l'ouverture d'un crédit de 150000 francs pour secourir les victimes des grèves du Nord, du Pas-de-Calais et de Tours.
Ministre des travaux publics, je fis le même accueil
à cette proposition que celui que j'avais fait, cinq ans auparavant, à celle qui avait été présentée au Conseil municipal de Paris. Ayant dit « que la grève était un fait volontaire », je fus violemment interrompu «sur plusieurs bancs de l'extrême gauche ». Mais je demandai de nouveau si nous devions « faire un budget » en faveur des grèves; si nous devions poser la règle de la « subvention des grèves par l'Etat ». La proposition fut repoussée par 364 voix contre 117.
Les principes, invoqués pour son rejet, n'ont pas changé et il est intéressant de constater qu'au moment de la demande d'urgence pour la subvention aux grévistes de Fougères, personne ne les ait rappelés.
Les grévistes réclament l'arbitrage. C'esl le premier mot d'ordre. Ils le réclament même obligatoire. Mais ilne l'acceptent que sous bénéfice d'inventaire. >< C'esl demain que le syndicat de Lens décidera si \eâ mineurs doivent s'incliner ou au contraire continuel la grève (8 novembre 1902 . »
Je n'admets pas qu'un tiers désintéressé puisse régler les rapports de salariants et de salariés, ce n'est pas lui qui est responsable des échéances.
Mais en cas d'arbitrage, la reprise >\u travail devrait être simultanée avec le commencement de la procédure.
l\ Tous les gouvernements qui se sonl succédé depuis
1892 ont leur part de ie-|M .n»abililé dans les e iin> - .1
délits commis à propos de- grèves, il suflil qu'une grève se produise quelque pari pour qu'ils se sentenl