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LE SABOTAGE ET LA GRÈVE GÉNÉRALE

vail préventif, où les malheureux esclaves du Métro en paralyseront le trafic, où les travailleurs des chemins de 1er désabusés immobiliseront les locomotives, le jour qui verra ces crises, quelles que soient les conditions présentes viendra comme est venu le jour qui a vu Paris sans lumière et sans force électriques.

Ce jour-là, chez nos bourgeois, se manifesteront «des émotions » plus intenses et plus vives que celles éprouvées ces jours derniers.

Un autre, M. Passérieu, secrétaire adjoint du Syndicat des industries électriques, dit :

Mais les usines de M. Sartiaux, est-ce que nous n'en sommes pas copropriétaires? Est-ce que nous n'y avons pas incorporé notre travail? C'est une richesse que nous avons aidé à créer, à développer: nous en voulons notre part. Si les soldats se font les esclaves du capital pour défendre contre nous notre part légitime, ils deviennent pour nous des ennemis. Tant pis pour eux. Nous emploierons tous les moyens pour préparer l'équitable répartition de la richesse.

Et, « tous les moyens », c'est l'action directe, c'est le sabotage. Quand l'ouvrier se sent torturé par la faim, devant la richesse qu'il a produite, il répond au crime capitaliste par de justes représailles, ou plutôt par la plus légitime des légitimes défenses.

Ainsi les meneurs de la Confédération du travail croient que « le sabotage » peut se pratiquer impunément et que, s'il se pratiquait, ceux qui l'y auraient exécuté auraient le loisir d'en contempler tranquillement les effets.

Ils déclarent qu'ils préparent « l'action directe », « la grève générale », et ils croient que « la société capitaliste » doit les laisser faire.

Un peu plus tard, M. Griffuelhes indiquait de la manière suivante les procédés de la Confédération générale du travail:

— Qu'est-ce qu'une statistique? Que prouve-t-elle ? Oui,

en politique, le nombre est important; là une voix est un

appoint qu'il ne faut pus dédaigner. En politique, on peut établir des calculs; on peut dire que 1 = 1. Mais nous ne sommes pas des politiciens : nous croyons à la transformation sociale par le syndicalisme. Notre arme n'est pas le bulletin de vote, mais la grève. Or, pour supputer l'importance d'une grève, il est impossible de dire qu'une statistique de nos adhérents apportera un renseignement quelconque.

Voici dix mille tisseurs qui se mettenl en grève pendant des semaines. Ils n'obtiennenl rien parce que les magasins patronaux contiennent d'innombrables réserves de tissus. En revanche 700 à S00 électriciens chôment deux soirs. Ils ont entière satisfaction. Est-ce que l'on ne pourra pas dire que 700 est plus que 10000 ?

Ce que M. Griffuelhes appelle la politique, c'est le vote. On a transposé à la solution des questions politiques et légales le préjugé militaire que la victoire appartient aux gros bataillons. On compte des unités qu'on suppose toutes de même ordre; et les plus nombreuses triomphent.

Mais M. Griffuelhes n'est pas partisan do ces moyens pacifiques. Il compte et choisit ses troupes, et il dit qu'en portant son effort sur tel cm tel point, avec tels ou tels combattants, il peul désorganiser le fonctionnement de la \ ie sociale.

C'est exact. M. Griffuelhes esl un conspirateur dans le genre de Blanqui. .Mais celui-ci en étail encore aui fusils cl aux poignards, tan<lis que M. Griffuelhes entend se servir d'autres moyens, que notre <!<>ile pénal n'a pas prévus, tandis que la loi de issi a uns à sa disposition les syndicats, comme associations de combat. Il indique une lacune qu'il faudra combler; et elle esl moins grande qu'il ne le supposi

En tout cas, lui et ses collaborateurs <>ni la franchise de déclarer que la grè> eesl un moyen de guerre sociale ei qu'ils doivent être considérés comme des belligérants.

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