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CHAPITRE VI Le Sabotage et la Grève générale

Théorie du sabotage. — La grève générale. — La copropriété des usines. — L'action directe. — Les unités électorales et les unités de combat. — M. Griffuelhes et Blanqui. — La loi de 18S4 sur les syndicats. — Sociétés secrètes légales.

Les chefs de la Confédération du travail ont ouvertement fait part de leurs desseins dans des interviews publiées par le journal Le Matin.

M. Pataud, secrétaire général du Syndicat des travailleurs des usines électriques, dit :

S'il n'y a pas de droit de grève sans sabotage, nous le pratiquerons. Et le gouvernement seul en portera la responsabilité, comme il assume la responsabilité de notre antimilitarisme.

M. Merrheim, membre de la Confédération générale du travail, dit :

La surprise d'hier n'est que le prélude de ce que • sera demain. Nous travaillerons chaque jour, plus âprement, à préparer ce demain, et ce ne sont ni les Clemenceau, ni les Briand, encore moins les Viviani, qui empêcheront que ce « demain » soit ce que nous voulons.

Fini de rire, messieurs les exploiteurs et capitalistes, le cornet à surprises est ouvert et ne se refermera que pour mieux vous engloutir!

M. Yvetot, secrétaire généra] de la Confédération du travail, dit :

S'il? n'avaienl pas eu satisfaction immédiate, les travailleurs du gaz se seraient joints à eux par solidarité. Alors

Paris était enseveli dans les ténèbres. Imaginez en même temps la grève des transports, et tout est dit.

L'expérience d'hier, ainsi commenté»', donne un argumenl formidable aux partisans de la grève générale. La grève générale, sans barricades, -ans effusion de sang, est l'arme sûre et toute-puissante de la révolution.

M. Bousquet, secrétaire du Syndical de l'alimentation :

Quatre ou cinq corporations en France peuvent, à elles seules, préparer une révolution ou tout au moins une perturbation économique ayant des conséquences énormes.

Exemple : Si, par une entente prolétarienne très possible, — les faits viennent de le montrer, — la lumière s'arrêtait dans les grandes villes comme cela vient de se produire à Paris, si le gaz venait à manquer, si l'eau taisait défaut, si les télégraphes, les postes et les téléphones oe fonctionnaienl plus. ruminent ferail le gouvernement central capitaliste pour savoir ce qui se passe en province el donner des ordres? Et, de plus, si l'alimentation s'arrêtait également, qu'arri- \ erait-il ?

J'en ('(inclus que le gouvernement, quel qu'il s< obligé de compter avec 1rs forces ouvrières pour la bonne raison que, tout en se préoccupant du but économique, il y a des personnes qui visent un autre but : celui de la démo lition de la société capitaliste.

M . Grifluelhes, de la Confédération générale du travail. voil aussi dans la grève <\<^ électriciens le pi d'événements plus importants. Comme M Merrheimil a lui-même écril -a réponse :

L'acte conscient des électriciens permet d'escompter un acte identique chezles travailleurs du gaz, débarrassés enfin des préoccupations politiciennes, dont quelques individus tirent profil : il permet d'entrevoir le jour <>\\ les travailleurs 'le- postes pratiqueront dans nos égouts un savant Ira-

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