‹ Sophismes socialistes et faits économiquesChapitre 156 sur 223 · L ARBITRAGE OBLIGATOIRE · texte numérisé non relu

L ARBITRAGE OBLIGATOIRE

court » chargé de les imposer. Dès que les ouvriers ont formé une union, ils peuvent imposer cette juridiction même aux industriels qui ne font pas partie d'une union. Ils peuvent (article 104) imposer l'arbitrage à ces industriels, « alors qu'aucun de ces membres de l'union ouvrière ne serait intéressé dans le conflit ». Si l'industriel ne compte pas d'unioniste parmi ses ouvriers, il n'est pas à l'abri d'une action.

La grève et le lock-out sont interdits. Cette législation a abouti à faire régler toutes les conditions de l'industrie par des ordonnances delà cour, qui agissait comme ayant reçu du Parlement une délégation du pouvoir législatif.

L'ouvrier, comme l'individu, n'a plus de statut. Il faut qu'il fasse partie d'une union et l'objet des unions de travailleurs est d'empêcher le travail trop intensif. L'union a toujours en vue cinq choses: les salaires plus hauts, le temps plus court, la question des heures supplémentaires, la limitation du nombre des apprentis, l'exclusion des non-unionistes.

Lors de la présentation de l'acte, on affirmait que les bureaux de conciliation régleraient 99 pour 100 des conflits ; seulement leurs décisions sont sans valeur, et si bien reconnues comme telles qu'il est admis que cette procédure n'a plus de raison d'être. On cite directement devant la cour d'arbitrage.

La cour se heurte à une première difficulté : c'est de savoir de quoi il s'agit. La sentence doit ensuite entrer dans de si minutieux détails qu'il est impossible de savoir ce qu'elle permet et ne permet pas : et toute différence d'interprétation entre le salariant et l'union provoque un nouveau conflit.

Dans ces conditions, le salariant interprète toujours la sentence de la manière la plus étroite : le salaire minimum devient le salaire maximum ; l'antagonisme

remplace toute morale professionnelle. De là diminution de la production, et comme conséquence, augmentation du prix de la vie et restriction du pouvoir dachat de leurs clients '. Les ouvriers qui emploient la plus grande partie de leurs salaires comme consommateurs trouvèrent que leur situation ne s'était pas améliorée.

La Nouvelle-Zélande a besoin d'exporter de la viande de mouton ; et forcément, il en faut compter le prix de revient. Quand les bouchers des abattoirs, d'accord avec les ouvriers des usines frigorifiques de Wellington, de Cantorbury, d'Otago, de Gtsbome e1 de Southland, firent des demandes d'augmentation de salaires, la cour d'arbitrage ne les accepta pas : ils se mirent en grève le 7 mars 1906.

Le 8 mars, il furent condamnés à des amendes montant à £ 700 (17 500 francs). L'attorney général et unjugedela cour suprême déclarèrent que ce n'était ni une detù ni un dommage, ni une sanction à la rupture d'un contrat, maisecune pénalité dans le sens strict du mot et qu'en cas de non payement, les condamnés iraient en prison ».

Le 20 mars 1907 la grève prit lin. h>> condamnés payèrenl ou disparurent en allant chercher de l'emploi dans d'autres colonies. Cependant M. Hall Jones, représentant le gouvernement de la Nouvelle-Zélande, affirma que ce n'était pas un échec poui l'acte. Le gouvernement devrai! toul simplement le modifier pour lui donner plus d'efficacité.

Mais ce ne sonl pas les seuls métiers affectés. Les journaux de la Western Australia du 20 mai annoncèrent que, - à Perth, M. Bolman et deux employés d s la Sawmill Society avaient été condamnés à des amendes on ii

i. The Times, :tl août 1906. Lettre de M. F. 11. Templer, anciep secrétaire de l'Auckland provincial Employer»' Association.

Page 1