CHAPITRE IV
Andreœ et Campanella
I. Le pasteur V. Ajadreœ el La République chrétienne universelle.
II. Le dominicain Campanella el la Cité il» Soleil. — Les attributions des ministres. - Le ministre de la génération. — Lu couvent avec la promiscuité îles sexes.
Le pasteur JeanValentin A.ndreœ publia en 1620 une Description de la République chrétienne universelle. Il refail ['Utopie le Thomas Morus au poinl de vue protestant. L'autorité gouvernementale esl entre les mains d'un pontife, d'un juge et d'un ministre des sciences. Il répète sur tous les tons qu'il tant le retour ver- Dien ri l'absorption dans la grâce 'lu Christ.
La même année un dominicain né en Calabre, qui, accusé de conspirations contre la domination espagnole • •! autres crimes, axait passé plu- de \ ingt-cinq an- dans le- prisons de Naples il subi trois luis la torture, publia la Cité duSoleil*. Le gouvernement esl confié a un prince sacerdotal nommé Hob, avec trois chefs son- ses "i dres, l'an. Sin. Mor, préposés a la guerre, a la science ri ;i toul ce qui concerne la génération ri l'alimentation.
1 . Y. la traduction française dans les Œuvres choisies de panella, par M1" Louise Colet, isii
ANDREŒ ET CAMPANELLA. 13
M Von Kirchenheim dit avec étonnemenl que ce sont les premiers ministres spéciaux connus dans l'histoire de la politique.
Campanella a l'audace du communisme : pas de lo-
gemenl privé, communauté des femmes et des enfants. Le ministre Mor, aidé d'employés des deux sexes, choisit les couples et, après avis des astrologues, leur ordonne de procréer à tel jour et à telles heures. Dès qu'ils sont sevrés, les enfants sont élevés en commun. Campanella leur fait donner un enseignement spécial. Pour les adultes, le travail est réduit à quatre heures par jour et est dirigé par des fonctionnaires qui ont le droit de punir. Il n'y a qu'une juridiction criminelle, puisqu'il ne saurait y avoir d'affaires civiles. Une fois par an, chacun doit se confesser. Les repas sont pris en commun, sous la surveillance d'un médecin. L'usage du vin est interdit.
Campanella a commencé par présenter les sentiments de l'honneur, du devoir, comme des mobiles d'activité suffisants; il finit par des sanctions pénales. Sa conception sociale est celle d'un couvent avec la promiscuité des sexes.
Dans son livre la Monarchie Espagnole, il expose un plan de monarchie universelle sous la suzeraineté du Pape, appuyé par la force militaire de l'Espagne. Tous les peuples de l'Europe ne feront qu'un, les hérétiques seront exterminés, la paix régnera sur la terre, la communauté des biens supprimera toute misère.