‹ Sophismes socialistes et faits économiquesChapitre 162 sur 223 · Voir !'• Mouvement socialiste · texte numérisé non relu

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faisait point partie du prolétariat dont il se déclarait le grand chef. Il en était de même pour Engels, chargé par son père de diriger une importante filature à Manchester, et qui, chassant le renard et menant la vie d'un gentleman, ne s'est point ruiné en la dirigeant. Comhieny a-t-il, à la tête du parti socialiste allemand, d'hommes qui aient le droit d'être de la classe en soi? M. Hyndman, le fondateur de la social-démocratie à Londres, est un riche bourgeois. Fait-elle partie de la classe en soi, la comtesse Frances Evelyn de Warwick qui possède un château, 9 200 hectares, est une écuyère de premier ordre et est membre de la Social-démocratie Fédération?

Toutes ces personnes mettent en commun des mécontentements plus ou moins justifiés, des déceptions plus ou moins méritées, des fantaisies plus ou moins intelligentes, des idées plus ou moins vagues, et des ambitions plus ou moins grandes.

Ce « parti pour soi » répond à la conception qu'avait Jules Guesde, en 1878-79, de grouper pour la révolution imminente tous les prolétaires pris dans les divers partis bourgeois, afin d'organiser la révolte contre le monde capitaliste. Le parti devait avoir un caractère révolutionnaire et extraparlementaire. La « préface révolutionnaire » a abouti à des combinaisons électorales qui ont fait élire Paul Lafargue, Jules Guesde et quelques autres par des coalitions. Jules Guesde soutient le ministère Léon Bourgeois en 1896. Le ministère Combes peut fermer des Bourses de travail. Les socialistes parlementaires ne l'abandonnent pas.

Les théoriciens de la Confédération du travail ne veulent pas que « la classe en soi » et « la classe pour « soi » soient superposées et que la première soit débordée et entraînée par l'autre. Ils considèrent que la politique de la lutte de classes, telle que l'entendent les

marxistes, aboutit à la constitution d'un parti politique bourgeois, et ils les assurent de tout leur mépris.

A propos de la demande des instituteurs d'entrer dans les Bourses de travail, ils disent : «Un syndical d'instituteurs ne peut s'intéresser ni aux questions de mutualité syndicale, secours de routes, chômage, ni aux questions de lutte intérieure : grève générale, diminution des heures de travail, etc.; il ne peut faire grève. Les instituteurs ne peuvent assister aux Congrès de la Confédération du travail, où ils n'uni aucun intérêt à défendre; ils ne peuvent discuter au sein des unions, des syndicats et dans les Bourses de travail pour la même raison. »

S'ils les voient d'un œil sympathique, ainsi que les syndicats de fonctionnaires, c'est seulement parce qu'ils les considèrent comme des éléments de la dissolution politique que poursuit la Confédération du travail.

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