CHAPITRE X Impuissance du socialisme
Qu'en reste-t-il donc quand on le serre de près? Et quelles sont les chances d'avenir de cette politique de spoliation et de tyrannie ?
Le parti socialiste ne peut faire l'appoint d'une majorité de gouvernement sans détruire le gouvernement lui-même, car il ne peut admettre que le gouvernement remplisse le minimum de ses devoirs. Quand une grève éclate, ses membres entendent qu'il ne garantisse pas la sécurité des personnes et des biens ; et en cela, ils ont été précédés, appuyés et suivis par certains radicaux qui, mis à l'épreuve, ont été obligés de faire des actes qu'ils avaient reprochés violemment aux gouvernements précédents.
La politique socialiste représente le mépris du droit : et tous, riches et pauvres, ont intérêt à la liberté, à la sécurité, à la justice, car l'intérêt particulier de chacun est lié à ces biens communs. Les socialistes les méprisent.
Une loi qui a pour objet de protéger la propriété de chacun a pour elle tous ceux qui possèdent, et dans les sociétés avancées en évolution, où est l'homme qui ne peut pas être volé, parce qu'il ne possède rien?
Une loi qui a pour objet de dépouiller une partie des
citoyens réunit contre elle ceux contre qui elle est faite, ceux que cette loi alarme, car ils redoutent qu'elle ne s'étende à eux ; et elle n'a même pas pour elle ceux au profit de qui elle est faite ; car un très petit nombre en profite directement; la grande majorité n'en éprouve que des déceptions et retourne contre les bénéficiaires les sentiments d'envie et de rapacité qui avaient fait réclamer et approuver la loi.
Une loi de spoliation peut être votée, appliquée ; mais alors même que ses effets peuvent durer, elle risque de tuer le gouvernement qui en a assumé la responsabilité.
La politique socialiste est une menace permanente contre la liberté et la sécurité des citoyens ; et ainsi elle ne peut être une politique de gouvernement, parce que le premier devoir d'un gouvernement est de faire respecter la sécurité à l'intérieur et à l'extérieur. Quand il y manque, il se dissout, l'anarchie le remplace : et comme chacun a horreur de cet état qui se traduit par l'oppression de violents, de groupes unis seulement par des appétits, on en appelle au gouvernement fort, a l'homme à poigne, et on risque de retomber dans toutes les hontes et les désastres du césarisme.
11 y a trois mots que le socialisme doit effacer de la façade de nos monuments publics. Ce sont les trois mots de la devise républicaine :
Liberté, parce qu'il est un régime de tyrannie et de police.
Égalité, parce qu'il est un régime de classe-.
Fraternité, parce que sa politique, c'esl la lutte de classes.