‹ Sophismes socialistes et faits économiquesChapitre 18 sur 223 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

Morelly et « le Code de la nature »

La Basiliade. — Morale sexuelle — Les principes du Code île la nature. — L'application : Babeuf e1 Darthé. — La propi la révolution.

En 1753, un écrivain sur lequel on a peu de détails, Morelly, publia deux volumes in-12 intitulés : Poème héroïque traduit de l'indien, Naufrage des îles flottantes ou Basiliade du célèbre Pilpaï. J'avoue que je ne l'ai pas lu. Villegardelle en a publié quelques extraits à la suitede l'édition du Code de la nature \ Ils m'ont suffi. Cependant Morelly se montre dans le poème en prose beaucoup plus hardi au point de vue de lamorale sexuelle, à en juger par les passages que cite Von Kirchenheim*. « On ignorail 1rs termes infâmes d'inceste, d'adultère e1 de prostitution : ces nations n'avaienl point d'idées de ces crimes : la sœur recevait les tendres embrassements du frère sans en concevoir l'horreur... -, etc. Du momenl que de vilains mois ne qualifiaienl pas actes, tout étail pour le mieux.

Le Code de la nature a paru en I7.'>;. un an après le discours de Rousseau sur V Origine de V inégalité parmi 1rs hommes. Il part de la même idée : ■ La terre n'esl à personne. » Il établit un modèle «le législation « cou*

l. Un vol. in 18, 1841.

•'. L'Éternelle utopie, p. 231

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forme aux intentions de la nature •>. Il s'esl inspiré de Thomas Moins et de Campanclla.il a le droit d'être considère comme l'inspirateur de tous les communistes et collectivistes qui ont suivi, y compris nos contemporains. Voici les conditions essentielles de son système :

Unité essentielle des fonds ei de la demeure en commun; établir l'usage commun des instruments de travail et tics productions; rendre l'éducation également accessible à tous; distribuer les travaux selon les forces, les produits selon les besoins ; conserver autour de la cité un terrain suffisant pour les familles qui l'habitent.

Réunir mille personnes au moins, afin que, chacun travaillant selon ses forces et ses facultés, et consommant selon ses besoins et ses goûts, il s'établisse pour un nombre .suffisant d'individus une moyenne de consommation qui De dépasse pas les ressources communes, et une résultante de travail qui les rende assez abondantes.

N'accorder d'autre privilège au talent que celui de diriger les travaux dans l'intérêt commun, et ne pas tenir compte, dans la répartition, de la capacité, mais uniquement des besoins, qui préexistent à toute capacité et lui survivent.

Ne pas admettre les récompenses pécuniaires; 1° parce que le capital est un instrument de travail qui doit rester entièrement disponible entre les mains de l'administration; 2° parce que toute attribution en argent est inutile dans le cas où le travail librement choisi rendrait la variété et l'abondance des produits plus étendues que nos besoins; nuisible, dans le cas où la vocation et le goût ne feraient pas remplir toutes les fonctions utiles; car ce serait donner aux individus un moyen de ne pas payer la dette de travail et de s'exempter des devoirs de la société, sans renoncer aux droits qu'elle assure.

Il a codifié ce système : et je reproduis certaines dispositions de son code qu'il est bon de rapprocher des conceptions actuelles.

-i UTOPIES ET EXPÉRIENCES COMMUNISTES

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