FOURIER ET LES PHALANSTÈRES AMÉRICAINS
n'avaient ni capacité, ni énergie-, ni ressources, fondèrenl dos phalanstères dont quelques-uns n'eurenl pas $ 1 .000 de capital. Ils prenaienl un petil morceau de terre dans une région sauvage, le çhargeaienl de toutes les hypothèques qu'Us pouvaienl ; et la plupart des associés n'étaient même pas des cultivateurs . Ils succombaient au moment du paiement des intérêts. Trois phalanstères vécurent un peu plus longtemps : le North american Phalanx dans le New Jersey douze ans, le Brook farm Phalanx cinq ans, le Wisconsin Phalanx dans le Wisconsin six ans.
Le North american Phalanx fut organisé avec la collaboration des plus célèbres Fouriéristes des Etats-Unis Brisbane, Horace Greeley qui, en 1872, fut candidat du parti démocrate à la présidence des États-Unis, Ripley, Godwin et Channing. Le capital était à l'origine de $ 8000 (40.000 francs). En 1844, on estima que la propriété valait ,S' 28.000 (140.000 francs) et en 1852, # 80.000 100.000 francs).
On appliquait au travail des groupes et séries selon la théorie de Fourier; les travaux recevaient des salaires d'autant plus élevés qu'ils étaient plus pénibles et répugnants. Les maçons recevaient dix cents (0,50) par heure et le médecin six un quart. Pour son habileté, le chef des constructions recevait en plus de son salaire une prime de cinq cents (0 fr. 25) par jour.
Les profits étaient partagés à la fin de l'année : les salaires étaient ainsi augmentés à peu près de .S' 13, tandis que le capital recevait à peu près 5 p. 100. Le loyer d'une chambre confortable était de .S' 12 i'tiO francs) par an.
La vie était en commun, mais cependant le service était faità la carte, le café au lait au prix d'un demi cm! [0,025) la tasse, la portion de viande 2 cents (0,10), le « pie » le mets national des américains du Nord, pâté de viandes dans de la pâte, 2 cents (0,10) etc. Mais chaque
I rOPlES ET EXPERIENCES COMMUNISTES.
membre devail payeren \)\u< 36 cents Ifr. su par semaine poiir l'usage de la salle à manger. Les comptes étaienl réglés à la fin du mois.
Les membres de ce phalanstère étaienl instruits, la vie y étail agréable : ils Faisaient dé la musique, ils organisaienl des bals, il- avaient une bibliothèque, l<'enfants y recevaienl une bonne instruction.
Le North american Phalana ; i \ ait survécu à toutes les autres tentatives. Eependanl chacun réfléchissait que la vie en commun n'a va il pas apporté les avantagés rêvés, l'existence y était étroite, l'administration y était discutée.
lui 1854, If feu détruisit un moulin qui appartenait au Phalanstère. Greely offrit les sommes nécessaires pour 1»' reconstruire. Une assemblée lui réunie pour examiner cette proposition. Au cours de la discussion quelqu'un proposa la dissolution. Quoique la question ne lui pas à l'ordre du jour, elle répondail si bien aux préoccupations de tous que la dissolution fut votée. La propriété lui vendue, les actionnaires touchèrenl 66 p. loi) île leur capital h les phalanstériens retournèrenl parmi les ■ odieux ch ilisés