FOUBIER ET LES PHALANSTÈRES AMERICAINS
Au milieu de tous ses rêves, Fourier voulait cependant respecter queîques données économiques : il attribuait, à la Bn de l'année, cinq douzièmes du produil au travail, quatre au capital et trois au talent. Ces parts seront distribuées d'abord entre les séries, puis entrèles groupes, etc.
Cette distribution n'exigera aucune opération d'échange. Chacun consommera suivant son revenu, el une simple b ilance de compte suffira chaque armée pour établir sa situation.
Fourier croyait avoir tout prévu. 11 rêvait d'expérimenter son système sur une lieue carrée de terrain. Il en appelait aux princes. 11 s'imaginait qu'un homme riche viendrait un jour lui offrir un million pour créer le premier phalanstère : il avait donné rendez-vous à ce riche inconnu à midi : et pendant dix ans il l'attendit régulièrement à cette heure1.
Cependant quelques jeunes gens aisés tentèrent la fondation d'un phalanstère à Condé sur Vesgres : les murs n'étaient pas achevés que l'anarchie régnait parmi eux et que leurs ressources étaient épuisées. Un autre essai tenté à Citeaux n'eut pas plus de succès.
Fourier mourut en 1837 en laissant des disciples qui ont propagé en France ses idées par des livres, des conférences et des associations. Parmi eux, on comptait beaucoup d'anciens élèves de l'École polytechnique, soit ingénieurs, soit officiers d'artillerie séduits par l'analogie de son point de départ avec la gravitation universelle. L'und'eux, Victor Considérant, qui avait renoncé à sa carrière d'offîcierdu génie pour se, vouer au Fouriérisme, en traça le programme en deux volumes : Destinée Sociale. Il le dédia au roi. Comme les Saint-Simoniens les Fourièristes auraient désiré l'intervention du prince
J. Ch. Pellarin, t. II. p. 203.
YVES GDTOT.
UTOPIES l.l EXPÉRIENCES COMMUNISTES.
Devenu député à l'Assemblée nationale, Victor Considéranl demanda trois séances pour expliquer lf Fouriérisme à ses collègues. Le ii avril 1849 il parla au milieu de l'indifférence générale : H quand il conclut en demandant à l'Étal 1 tioo hectares el de un à quatre millions pour expérimenter le phalanstère, personne n'appuya sa proposition.
Mais aux États-Unis, de ixio à 1850, il y a eu quarante expériences de phalanstères. Brisbane réduisit à quatre cents le nombre de personnes nécessaire poui fonder un phalanstère, chacun devait souscrire p-'Ui .S t. 000 de manière à tonner un capital de .S 100 000 (plus de deux millions de francs . Les actionnaires recevraient un quart du produit total de l'association, ou s'ils préféraient, unintérêl île, s p. 100. Pour s l. 000 chaque personne recevrait ,s su 400 francs), el avec cette somme, l'association garantissait le vivre el le «couvert aux souscripteurs. Le palais coûterait ,s 150.000 (750.000 francs) dont l'intérêl à 10 p. 100 serait de S 15.000. Ce sérail dune pour chacune des ion personnes $ •'!" 185 francs de loyer par an: la moitié des appartements seraient de .s J<» (100 francs), d'autrea sciaient de s 100 500 francs II resterait à une personne logée au plus bas taux .s 60 300 francs par an. Comme l'association produirai! elle-même ses grains, ses fruits, ses légumes, son bétail, el qu'elle économiserait beau coup pour le chauffage el la cuisine, ce 'sérail suffisant.
Brisbane, avant l'ail le calcul «le la Perrette du Po1 au lait, chercha el ne trouva pas les souscripteurs. Hais d'autres phalanstériens moins méthodiques exploitèrent la propagande phalanstérienhe. Des hommes qu