‹ Sophismes socialistes et faits économiquesChapitre 33 sur 223 · CABET ET LES ICARIES AMERICAINES · texte numérisé non relu

CABET ET LES ICARIES AMERICAINES

(es Mormons avaienl dû abandonner récemment. Ils purent louer 800 acres de terres, acheter un moulin, une distillerie, plusieurs maisons.

Pendant cinq ou six ans, les affaires de l'Icarie se développèrent. On y voyait un bâtiment en bois, long de cinquante mètres, qui servait de salle à manger et de salle de réunion.

Les Icariens se donnèrent une constitution. L'élection du président était annuelle. Cabet fut élu. Mais un parti d'opposition se forma de plus en plus violent. Cabet y résista avec la même violence. En 1856. il refusa de reconnaître l'élection de trois membres du conseil d'administration. Non seulement l'Icarie fut déchirée par des discours, des libelles, des dénonciations, mais on s'y battait. Cabet demanda à l'État le retrait de la Charte de l'Icarie, Il fut expulsé de la communauté et en novembre 1856, avec cent quatre-vingt membres fidèles il se retira à Saint-Louis où il mourut huit jours après son arrivée.

La plupart de ses compagnons étaient des ouvriers de métier qui trouvèrent de l'ouvrage dans cette ville. Deux ans après, cent cinquante d'entre eux résolurent de recommencer la vie commune. Avec l'aide des Iciriens restés en France qui leur envoyèrent cinquante mille francs, ils achetèrent le domaine de Cheltenham, situé à six milles de Saint-Louis.

Mais dès 1859, ils se partagèrent en deux partis : les plus vieux voulaient que la direction appartint à un dictateur; les plus jeunes voulaient une organisation de discussion. Battus, ceux-ci se retirèrent au nombre de quarante-deux. Ils représentaient l'élémenl le plus actif. La communauté ne cessa de dépérir. En 1864, elle ne comptait plus que quinze adultes des deux sexes avec quelques enfants. Leur président Sauva les réunit dans « une assemblée populaire » qui déclara dissoute

ib UTOPIES ET EXPÉRIENCES COMMUNISTES.

la communauté de Cheltenham. Les Icariens qui étaient restés à Nauvoo ûrenl des dettes et déclarahl qu'ils étaienl trop près de la civilisation pour pouvoir réalise! leur grand rêve, ils achetèrent un domaine de 3.000 acres dans le Sud-Ouesl de l'étal d'Iowa à soixante milles du .Missouri. La terre étail lionne Mais il n'avaient pas de moyens de transport, ils étaienl grévésd'hj polhèques. Au moment de la guerre de la Sécession il n'étaient plus que quinze les enfants compris. La guerre leur donna

des ressources. Ensuite, le Chicago, Burling 1 and

Quincy railroad desservil leur propriété. La prospérité avait succédé à la misère : mais alors des factions se formèrent. Les Icariens perdirent de vue leur ancien idéal, les jeune- -eus s'imprégnèrent des doctrines marxistes et tonnèrent un nouveau parti.

lui 1877, ils demandèrent la dissolution. Elle fui refusée. Ils la réclamèrenl aux tribunaux en alléguant que la société, enregistrée comme société agricole par actions, avait viole ses statuts en se livrant a des pratiques communistes. Le <• Circuit court » nomma trois trustes pour en liquider les affaires: le «jeune parti» resta en possession du vieux village. Mais il ne prospéra jamais et aboutit à une dissolution en IssT. |.r « vieux parti » recul la partie Est du \ ieux domaine, une indemnité de # 1.500, huit maison-. Ceux qui le formaient luttèrent jusqu'en 1895, époque où la communauté disparut définitivement '.

1. Ci- chapitre ''tait écrit losrqu'a paru le volume; Icarit <•/ son fondateur Etienne Cabet, par M. Prudhommeaux. Il le confirme.

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