‹ Sophismes socialistes et faits économiquesChapitre 38 sur 223 · S\IM SIMON · texte numérisé non relu

S\IM SIMON

la société vers le grand but de l'amélioration la plus rapide possible du suri de la classe la plus pauvre. » Sauf le mot « religion » el ceux de « la elasse la plus pauvre » mis à la place «du plus grand nombre », cette formule est la formule empruntée par Prietsley et Bentbam au matérialiste Helvétius.

Saint-Simon dénonce l'exploitation de l'homme par l'homme. « La manière de s'enrichir esl de faire travailler les autres pour soi. » L'Etat sera le seul héritier des instruments de travail, terres et capitaux, et les répartira de manière qu'ils soient exploités par association et distribués hiérarchiquement : à chacun selon sa capacité, à chaque capacité selon ses œuvres. Le Globe, devenu le journal des disciples de Saint-Simon, portait parmi ses devises : « Tous les privilèges de la naissance sans exception sont abolis. »

Une banque centrale réglera la production, empêchera la surproduction et la disette.

Nous voici en plein étatisme en même temps qu'en plein sacerdoce.

Les disciples de Saint-Simon voulaient christianiser l'industrie. Enfantin se croyait le pouvoir de fasciner les juges par son regard. Il se considérait comme une incarnation : « Je suis le Saint-Simon mort, vivant et naissant, passé, présent et futur, ce Saint-Simon, éternellement progressif, manifesté dans le temps par le nom d'Enfantin. C'est par moi et en moi que Saint- Simon s'avoue un dieu. » Le Saint-Simonisme unit par le couple prêtre, homme et femme, dont la conception confuse se prête à toutes sortes d'interprétations. Avec l'établissement de Ménilmontanl, il s'effondra dans le ridicule.

Cependant la plupart de ces hommes se montrèrent très pratiques dans la vie et tirent une brillante carrière dans l'industrie et la linance.

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Saint-Simon s'était adressé à Napoléon, puis à Louis XVIII. En 1830, Enfantin «'l Bayard demandèrent à Lafayette de prendre la dictature. Après le coup d'Etat du Deux Décembre, presque tous devinrent d'ardents bonapartistes. Ils n'eureni jamais la notion de la liberté politique el il< eurënl toujours la notion rétrograde tirs classes. Après l'insurrection de Lyon, le Globe disait : « Les classes inférieures ne peuvent s'élever qu'autanl que les classes suprêmes leur tendent la main. C'esl <lr ces dernières que doil venir l'initiative.» Kl ils faisaienl du socialisme d'Etat, en parlant d'assurer une retraite aux travailleurs, de leur procurer par la Banque des capitaux.

L'erreur fondamentale do Saint-Simon est cette politique de classes, <|iii érige les industriels -'ii une classe dominante, conception que le comte Jaubert, en lN.'.ii. reprenait dans un intérêt protectionniste, quand il <lis;iit : * Aucune société ne i ►* - 1 1 1 se passer d'aristocratie : voulez-vous savoir quelle esl celle <lu gouvernement de Juillet? C'esl celle des grands industriels et des grands manufacturiers. Ce sont là les feudataires d<' la dynastie nouvelle ».

Comment! la Révolution dri7.su a eu pour but de détruire la féodalité : el voici une nouvelle féodalité qui s'affirme, se proclame, détient tous les droits politiques par le cens ! Ces barons de l'industrie exploitenl les serfs de l'industrie qui sont les véritables producteurs] Telle est la genèse simple des démocratiques <■! révolutionnaires conceptions socialistes de 1830 ;i

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