‹ Sophismes socialistes et faits économiquesChapitre 42 sur 223 · LOUIS BLANC ET L ORGANISATION 1)1' TRAVAIL · texte numérisé non relu

LOUIS BLANC ET L ORGANISATION 1)1' TRAVAIL

ainsi qu'il ne savail pas que les canuts lyonnais étaient propriétaires de leurs métiers.

11 considérail que l'Etal devail fournir aux ouvriers leurs instruments de travail, el il l'appelait le «banquier des pau> res -.

Il demandait le plus tranquillement du monde que l'Étal constituât « dos ateliers sociaux, destinés à remplacer graduellement et sans secousse les ateliers individuels : ils seraient régis par des statuts, réalisant le principe d'association et ayant force, forme et puissance de loi. lue lois fondé et mis en mouvement, l'atelier • social se suffirait à lui-même et ne relèverait plus que de son principe. Les travailleurs associés se choisiraient librement, après la première année, des administrateurs et des chefs : ils feraient entre eux la répartition des bénéfices, ils s'occuperaient des moyens d'agrandir l'entreprise commencée ».

« De la solidarité de tous les travailleurs dans le même atelier », Louis Blanc concluait « à la solidarité des ateliers dans la même industrie '. En tuant la concurrence, on étoufferait les maux qu'elle engendre. »

« Qui dit machine nouvelle dit monopole. » Dans le système de Louis Blanc, plus.de brevets d'invention. L'inventeur serai! récompensé par l'État et sa découverte mise au service de tous. Plus de commerce. Le crédit ne doit être qu'un moyen pour fournir des instruments de travailaux travailleurs.

Il entre dans peu de détails sur celle organisation pour l'excellente raison qu'il ne la conçoit que d'une manière fort vague. Mais il s'indigne puce qu'elle soulève des critiques. 11 ne comprend pas qu'on ne trouve pas naturel que l'État emploie une partie des impôts a faire concurrence à l'industrie privée. Naïvement, il

YVES GCTOT. i

trouve que ce système est forl juste el Qe comporte pas la moindre spoliation.

Il déclame contre 1rs machines qui provoquent la baissedes salaires. « De l'individualisme sort la concurrence : de la concurrence, la mobilité des salaires, leur insuffisance ' .»

Sous l'empire de la concurrence, le travail produit une génération décrépite, atrophiée, gangrenée, pourrie. Non seulemenl elle produit ces effets sur les ouvriers, mais elle ruine la petite industrie au profil de l'industrie moyenne : elle est une cause de ruine pourla bourgeoisie. Elle provoqué la surproduction : el elle est condamnée par l'exemple de l'Angleterre;

li s'écrie: L'expiation a * "' t « * complète pour l'Angleterre 2. Où en est aujourd'hui sa puissance ? L'empire de la mer lui échappe, etc., elc.

Dans une réponse à ses critiques, Louis Blanc montre de quelle méthode il use : < Les capitalistes el les travailleurs m1 sont pus égalemenl nécessaires. Si les seconds sonl moins bien traités que les premiers, cela vient de ce que toutes les notions du juste el du vrai onl été renverséesel dece que la civilisation a fail fausse route. Direz-vous qu'il n'en .-aurait être différemment .' vous perdez le droit « i « * parler de Dieu

Il ne se demandait pas comment Dieu avait pu permettre que «toutes les Qotions ' 1 1 1 vrai et du juste eussenl été renversées ».

Il disait encore : La famille vient de Dieu, l'hérédité vient des hommes. » Gomme il aurait eu bien de la peine à expliquer cette conception, il se bornai! à l'affirmer.

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