LES PAUVRES DEVIENNENT PLUS PAUVRES
lion. A partir de 1837, les chiffres des bureaux de bienfaisance donnent les résultats suivants:
Années.
Malgré l'augmentation du nombre des bureaux de bienfaisance, de la population qui a passé de 27 millions et demi d'habitants à 39 millions, on retrouve à peu près le chiffre de 1829.
La loi du 14 juillet 1905 oblige, en 1907, les communes à alimenter « intégralement, l'assistance obligatoire aux vieillards, aux infirmes, aux incurables privés de ressources». Le nombre des assistés augmentera certainement, mais le nombre des pauvres réels n'en sera pas plus grand.
La loi du 15 juillet 1893 a organisé l'assistance médicale gratuite non seulement pour tous les « Français malades privés de ressources », mais encore pour tous ceux qui, « en cas de maladie, se trouveront hors d'état de se faire soigner à leurs frais » (circulaire du 18 mai 1894). Cette clientèle est plus nombreuse que celle des bureaux de bienfaisance. On peut estimer qu'elle est appliquée dans des départements représentant 34 millions d'habitants. Le médecin qui n'a pas de confiance dans la reconnaissance pécuniaire d'un client l'engage à bénéficier de l'assistance médicale gra tuite. De cette manière, il est sûr d'être payé.
Ces assistés ne sont donc pas tous des indigents. Le nombre des bénéficiaires éventuels de cette loi était en 1903 de 2 millions (1.957,000) sur lesquels 860.000 avaient reçu des soins effectifs dans l'année. La propor-
lion se fixerait donc entre o et demi et t> p. 100 relativement à l'ensemble de la population française. Ce chiffre est plutôt au-dessus qu'au-dessous de la vérité.
En Angleterre, la vieille loi des pauvres du temps d'Elisabeth fut complètement modifiée en 183'.. L'époque antérieure n'est pas comparable a l'époque actuelle ; mais on peut comparer les chiffres de 1850 et ceux de l'époque actuelle.
En 1849, en Angleterre et dans le Pays de Galles, il y avait plus d'un million de pauvres, soit de 5 et demi à 6 p. 100 de la population.
D'après un tableau présenté à l'Institut international de statistique, à la session du Congrès de Londres août 1905), par M. C. S. Loch, professeur au King's Collège et secrétaire de la Charity Organisation Society, le taux du paupérisme a subi les variations suivantes :
Angleterre et Paya '/<• Galles.
Indigents
Taux du
Année'-.
Population.
secourus.
paupérisme.
Milliers
Milliers
(Fin janvier)
d'habitants.
d'indig