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CHAPITRE 11 Les pauvres deviennent plus pauvres

[. Pauvres réels et pauvres officiels — La formule de Victor Modeste. — Quantité des pauvres — Les bureaux de bienfaisance en trouvent toujours. — Nombre décroissant à Paris du Consulat à 1903. — Nombre des indigents secourus de 1851 à 1903. — L'assistance obligatoire. — Assistance médicale gratuite. — Abus. — Total o et demi à 6 p. 100 de la population.

II. Angleterre et Pays de Galles. — Diminution du nombre des pauvres. — La bourgeoisie et son esclave.

En vertu du processus prévu par Karl Marx, « la société se trouve subitement rejetée dans un état de barbarie momentanée et dans le paupérisme ». La barbarie a-t-elle augmenté depuis soixante ans ? J'en doute. Le paupérisme est-il plus grand maintenant qu'alors ? Examinons.

Les statistiques de l'Assistance publique signifient peu de chose : le pauvre réel et le pauvre officiel sont deux êtres très distincts : la loi, les mœurs, 1rs traditions font le second pauvre.

La formule qui condense la théorie de Karl Marx sur les deux classes : « Les riches deviennent plus riches et les pauvres plus pauvres », est due à Victor Modeste, caractère morose.

Ayant dépouillé des registres de l'Assistance publique, il avait remarqué qu'on y trouvait toujours les mêmes familles, de générations on générations. 11 en a conclu : « Les pauvres deviennent plus pauvres, les riches deviennent plus riches. » Telle n'est pas la conclusion qu'il faut tirer de ce fait ; elle est tout autre. Ce fait prouve que des gens protégés par l'Assistance, habitués à vivre par elle, avec un minimum d'effort, n'essaient pas de s'en dégager ni d'en dégager leurs descendants. Se considérant comme les rentiers de l'Assistance, ils estiment qu'elle a des devoirs à leur égard en échange de leur soumission el de leur assiduité quémandeuse.

Le nombre des assistés doit augmenter en France par ce fait très simple que le nombre îles bureaux de bienfaisance a augmenté. Comme le disaient M. William Chance et sir Athelstane Haines: « un bureau d'assistance trouve toujours autant de pauvres qu'il consent à en secourir ' ».

D'après les travaux de M. E. Chevallier, en l'an \. sous le Consulat, on comptait 20 Parisiens indigentssur cent habitants, 12 en 1818; 5 ou 6 vers 1880. En 1903, l'administrai ii m n'en comptai! que 2 p. ion parce qu'elle ne comprenait dans cette catégorie que les gens qui recevaient tics secours annuels el non ceux qui avaient reçu un secours temporaire. De toutes manière-, dit M. dc> Foville on n'arriverait pas à trouver a Paris 5 vrais pauvres sur 100 habitants. (Test la proportion du Consulat renversée.

M. de Villenêuve-Bargemont, en 1829, comptai! en France 1.329.000 indigents, soi! \ p. 100 de la popula-

1, Royal slatistical sociely, 20

2. Le Paupérisme en Fronce, el en Angleterre, l'Eco lis, août 1906.

s'ombre des bureaux

Nombre

do bienfaisance

des indigents

existants.

secourus.

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