‹ Sophronime, ou, La ReconnoissanceChapitre 3 sur 20 · S O P II R O N I M E · texte numérisé non relu

S O P II R O N I M E

Est-ce que. vous ne le seriez pas?

B A L T I D E , fs'éiïpïHt.)

Mail... c'est selon.

SOPHRONIME, V autant.

Parlez.

Parler ! moi , parler?...

Vous. Ne savez-vous point parler ?

Je sais parler, sans doute, et je parle bien quand je parle; mais je ne parle pas pour parier. SOPHRONIME.

Je le vois bien. ( en confidence*} Je voudrois savoir....

Savoir?... Ah ! vous êtes curieux? C'est tout naturel. Eh bien? Voyons, que vculez-vous savoir?

Pourriex-vous m'apprendre?...

Le chemin du temple d'Apollon?

Eh ! non.

Combien la Sybille vend ses oracles?

Mais écoutez- moi donc!

Je n'ouvre pas la bouche.

Apprenez-moi...

Avec plaisir.

S O P II R O N I ME, L'état de la famille...

BALTIDE, finement. )

(Sophroni'/ie la re^a-Je .;>. , i . a/iena , ou$\ par rfcgrc.r

ar, c 4 toi fit/ht :. )

De la famille?.. Ah! rende2 grâce au ciel de vous avoir adressé à moi. Je sais par cœur toutes les families de Déios , père, ayeul, bwayeuf , trisaytul , enfans, petits enfans, arrières petits enfans, ligne directe Cl collatérale , sans compter les petiis cousins et les bâtards.

f à part.) Quelle volubilité! (à mi-ptrte.) En vérité, si cette pauvre Baftide n'est pa3 morte...

BALTIDE, fiaient.

Morte î... Murte !... Si je le laisse faire, il va n'enferrer toute vive.

Quoi !... ce seioitl...

BALTIDE, /« considérant.

O JupiteY ! est-ce un songe?

SOPHRONIME , se piicipitant dans ses bras. Ma chère Baltidc î

BALTIDE,^ mime.

Mon cher Sophronime !

Mes vieilles amours ! pardon si j'ai eu peine à reconnoitre tes traits ; c'est que le Temps gîte un peu les chemins par où il passe.

BALTIDE, avec iépit.

Comment! est-ce que j'ai l'air d'un sentier battu ?

Non pa<\.. Mais oserois-je , après trente ans, te demander ces nouvelles Je taùdciité?

BALTIDE, avec embarras Nous en parlerons à tête reposée.

SOPHRONIME, vivement.

Et notre bon maître Alcime?

BALTIDE , le conduisant vers le cyprès. Mon ami , sens-tu battre ton cœur ?

SOPHRONIME, approcher.

Oui. fil avance et se trouve sur le tombeau- )

BALTIDE, vivement.

Dieux! retires-toi , tu marches sur ta cendre.

SÛPHRONIME , L'attirant près Je lui.

Approches. Quand la tombe de l'homme sensible est couverte des heureux qu'il a faits , quel héros peut s'ennorgueillir d'un aussi beau mausolée ! ( Ils se tiennent embrassés su la tomîe. Après un silence- ) Ses enfans sont heureux sans doute ?

BALTIDE.

Il n'a laissé qu'un fils que tu viens d'appercevoir.

SOPHRONIME , d'un air satisfait.

Ah ! il est...

BALTIDE.

Aussi malheureux qu'aimable. Alcime trompé par des associés infidèles , vient de mourir insolvable. Sa ruine a même entraîné celie d'Ariste ,son vieil ami. Et notre jeune Evandre perd en même-temps son père, l'héritage de ses ayeux , et la main de sa chère Eucharis.

SOPHRONIME,o<c;oifc

O ciel ! je te rends grâce !

BALTIDE indignée.

Tu ris?

SOPHRONIME, dissimulant.

C'est que... jç vois d'ici cette jeune Eucharis. Elle est charmant* ?

BALTIDE.

Oh! l'adoration des hommes.

Et le désespoir des femmes ?

BALTIDE.

Tu sais que j'etois jolie, Que j'avois l'ail sémillant fct le coup d'oeil attrayant D'un minois de l'antaisie.

Eh ! I ic-> , quand tu songes à moi, A mes grâces fraiches-ecloses, Frcs d'Ëucharis .gures-toi Les violetres prestes roses.

Sans être spirituelle ,

Je ne matiquois pai u'esprir.

J'avois, à ce que l'on dit ,

De la gaieté nat . celle.

Eh ! bien quand les jeux et les ris Couvraient mes lèvres demi-closes, Figures-toi , près d' i-ucharis , Les violettes près des roses.

Tu me charmes! cette chère enfant !

BALTIDE.

Hélas ! plus elle est aimable , plus Erandre est à e. Les parents d'Eue ha ris Tort promise à celui qui doit acheter aujourd'hui le bien et la maison J'Alcime.

SOPHRONIME, •vu joie.

Aujourd'hui?

BALTIDE, plturant.

Dans une heure.

SOPHRONIME , avtc transport, Ali ! ma chère Ealtide, que je t'embrasse !

BALTIDE.

Qu'as-tu donc ?

SOPHRONIME, à part.

Lui dirai-je mon secret?

BALTIDE,a»«c impatience»

Parle!

Sa figure est bien changée , mai» sa langue..,

BALT1DE, vivement.

Eh bien?

SOPHRONIME, à part.

Parlons, comme tant de gens, sans rien dire. (Il se tourne vers elle, j

B À L T I D E , s' apprêtant à l'écouter.

Ah!

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