U.V SOUCIER
E\frait du livre de A. Palingh. 1659.
l'air; finalement, l'attaque se terminait par une période de délire et par des vomissements.
J'ai hâte d'arriver à un point très-important de la sorcellerie, à une série d'hallucinations provoquées qui constituaient ce qu'on a toujours appelé le sabbat.
Jaloux de Dieu, Satan veut comme lui réunir ses fidèles dans son (emple un jour par semaine, et il imagine le sabbat, où se parodient toutes les cérémonies de la religion.
22 LKS SORCIÈRES.
Il y a deux sabbats principaux : le petit et le grand; ils sont identiques, sauf que le grand sabbat réunit les sorciers de toute une région.
C'est la nuit que la cérémonie a lieu : l'endroit choisi est quelque bruyère déserte, un cimetière abandonné, un gibet, un château ou un monastère en ruine; le procédé pour s'y transporter est des plus simples : le diable a remis à la sorcière une graisse spéciale faite du foie d'enfants morts sans baptême. Il lui
DEPART POUR LE SxlRRAT,
Eslrait du livre de A. Palingh. 1659.
suffit de s'en frotter le corps, de prononcer des paroles magiques et d'enfourcher un manche à balai pour être aussitôt transportée à travers les airs : dès maintenant, je puis vous dire que, de l'avis de tous, ces onguents contenaient des sucs de solauées vireuses, de mandragore et de belladone, qui ont pour action précisément de provoquer des hallucinations persistantes et enchaînées. Voyez cette gravure du dix-septième siècle, elle vous montre une sorcière qui est en train de se graisser, pendant qu'une autre se sauve par la clieminée, à cheval sur son bâton. Dans quelques cas, la sorcière appelait simplement son démon, qui la prenait sur son
LES SCRCIÈRES. 23
dos et la portait dans les airs. C'est ce que vous montre une gravure extraite du Traité de théologie du R. P. Fr. Guaccius.
En cas de pluie, on se protégeait durant le trajet par quelques paroles magiques. Eu arrivant au sabbat, on devait subir un léger examen et faire constater qu'on portait bien le stigma dia-
boli.
Puis une fois entré, il fallait rendre bommage à Satan, au pré-
EiM ROUTE PO LU LE SABBAT.
Exlrait du livre da R. P. Guaccius, seizième siècle.
sident de l'assemblée. Il se tenait sur un trône, et cette fois il n'était ni déguisé ni travesti. 11 avait une tète et des pieds de bouc (vieux souvenir du dieu Pan), une queue immense, des ailes de chauve-souris. Il lui arrivait bien quelquefois de se costumer autrement (les hallucinations des sorcières ne pouvaient être toujours les mêmes), et alors il se présentait sous la forme d'un baudet, d'un grand cyprès, d'un chat noir, etc.
Tout au sabbat se passait à rebours : on faisait à Satan une révérence, mais en lui tournant le dos; puis, solennellement, on renonçait à Dieu, à la Vierge, aux saints, et l'on se vouait au diable.
Voici encore de vieilles gravures du seizième siècle- elles vous
HOMMAGE A SATAN, ARRIVEE AU SABBAT. Extrait du livre da R. P. Guaccias, seizième siècle.
'epréseDtent ces épisodes. Ce n'était pas suffisant : Satan bap-
rUOFAAlATlOiV DU BAPTEME AU SABBAT. l'-sirait da livre du R. P Guaccius, seizième siecie.
lisail chaque néophyte en ridiculisant la cérémonie ordinaire,
et il forçait cliacun à piétiner sur une croix ; puis, munis chacun
OL'TRAGE A LA CHOIX AU SABBAT. Eïtrait du livre (la P., P,. Gnaccius, seizième siècle, fij
d'une forclie, tous les sorciers dansaient en rond, en se tournant