LE DEM OM ASMODEE
U'aprcs Colliii de Plancy.
état d'automatisme complet. Elles sentaient toujours le diable en elles, et c'était pour lui obéir qu'elles se roulaient ou prononçaient des discours incohérents, injuriaient ^Dieu, blasphémaient et commettaient des actes abominables.
Laissez-moi vous lire dans le Père Joseph le récit d'un de ces exorcismes qui réussissaient surtout à développer la fureur hystérique des malheureuses :
tt Un jour, la supérieure pria le Père de faire une neuvaine en l'honneur de saint Joseph, pour obtenir que ses dévotions ne
fussent pas si souvent troublées et interrompues , ce qui fut aussitôt accordé par l'exorciste, lequel ne douta pas du bon succès de cette dévotion extraordinaire, et qui promit, de son côté, de dire des messes à la même intention, dont les démons furent enragés, et, pour s'en venger, le jour des Rois, qui était le troisième de cette neuvaine, ils la troublèrent. Ils rendirent son visage bleuâtre et firent arrêter fixement ses yeux sur une image de la Vierge...
LE DEXIOIV ASTAUOTH.
D'après CoUin de Plancy.
11 était déjà tard ; mais le Père Surin prit la résolution d'exorciser puissamment, et de faire adorer avec effroi au démon celui devant lequel les mages s'étaient prosternés... Pour cet effet, il fit passer l'énergumène dans la chapelle, où elle prononça quantité de blasphèmes, voulant frapper les assistants et faisant de grands efforts pour outrager le Père même, lequel la conduisit pourtant enfin doucement à l'autel, oii il la fit lier sur un banc, et, après quelques oraisons, il ordonna au diable Isaacharum de se prosterner en terre avec signes de révérence et de sujétion, pour honorer
LES SORCIERES.
Feiifant Jésus ; ce quo le démon refusa de faire ea blasphémant horriblement. Alors l'exorcisle chanta le Magnificat, et lorsqu'il vint à ces paroles : Gloria Patri, etc., cette impie religieuse, dont
l'exorcisme des possédées.
Fac-similé d'une estampe du temps.
le cœur était véritablement rempli du démon, s'écria : « Maudit « soit le Père, maudit soit le Fils , maudit soit le Saint-Esprit, « maudite soit Marie et toute la Cour céleste ! ... 5)
« Le diable redoubla encore ses malédictions contre Marie, à l'occasion de VAve, maris Stella, et dit qu'il ne craignait ni Dieu
50 LES SOUCIÈKES.
ni Marie, efqu il les défiait de l'ôler du corps qu'il occupait... On lui demanda pourquoi il défiait un Dieu qui est tout-puissant. « Je « le fais par rage, répliqua-l-il, et désormais ni moi ni mes compare gnons ne ferons plus autre chose. » Alors il recommença ses malédictions, et il maudit en même temps la neuvaine. Le Père
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