DE L'ESPRIT
De tous les apanages de notre esprit, celui dont nous nous montrons le plus fiers, c'est certainement notre liberté.
L'homme, disent les philosophes, a son libre arbitre : il agit comme il veut, et de son indépendance morale résulte sa responsabilité; toute la doctrine des récompenses et des peines découle de ce principe fondamental.
Il ne faudrait pourtant pas croire qu'il soit toujours demeuré sans attaques : il s'est élevé contre lui une école philosophique qui a cherché à démontrer que, loin d'être libres, nous sommes enchaînés, et que ce n'est que dans des circonstances aussi rares que particulières que notre spontanéité peut entrer pleinement enjeu.
Ne sommes-nous pas gouvernés par les lois physiques ? Toute atteinte que nous essayons de leur porter reçoit vite sa punition. Ceci ne saurait guère se discuter; c'est d'ailleurs en dehors du débat.
Mais, disent les physiologistes à l'école psychologique pure,