‹ Soudan françaisChapitre 9 sur 54 · L’HYÈNE ET LE LIÈVRE · texte numérisé non relu

L’HYÈNE ET LE LIÈVRE

(Conte khassonké.)

Les deux compères arrivèrent un soir dans un village Khassonké.

— « Toi, dit le lièvre à l’hyène, tu t’appelleras Lountandin et tu m’appelleras Morolou. »

« Comment, dit l’hyène, toi, si petit, tu pré- « tends avoir un nom aussi grave que Morolou « et un aussi gros personnage que moi s’appel- « lerait d’un nom aussi piètre que Lountandin? « Point, mon compère, tu t’appelleras Lountan- « din et moi Morolou. »

— « Allons ! comme tu voudras, ditle lièvre, « comme à regret, il est donc bien entendu que « tout ce qu’on apportera pour Lountandin sera « pour moi et tout ce qu’on dira pour Morolou « sera pour toi ? »

— « C’est entendu », dit l’hyène.

Ils entrèrent dans une maison et furent bien accueillis.

A l’heure du repas, une femme portant un plat s'approcha des étrangers et dit : « Lountandin, voilà ton souper. »

Le lièvre prit et mangea; l’hyène n’eut rien.

Le lendemain nouveau plat pour Lountandin et encore rien pour Morolou.

Or, dans la nuit, le lièvre se leva, alla dans le foyer, y fit un trou et y déposa ses crottes.

Les ménagères Khassonké sont levées de bonne heure et s’occupent de suite à nettoyer la cuisine. En balayant, la femme remarqua

cette terre fraîchement remuée et, y ayant mis le doigt, s’exclama aussitôt : « Morolou 1 ! » .

L’hyène furieuse se sauva en disant : « Les « bonnes choses sonttoujours pour Lountandin 2 « et jamais pour Morolou, je ne l’oublierai pas. »

Page 1