L’HYÈNE ET LE LIÈVRE
(Conte khassonké.)
Les deux compères arrivèrent un soir dans un village Khassonké.
— « Toi, dit le lièvre à l’hyène, tu t’appelleras Lountandin et tu m’appelleras Morolou. »
« Comment, dit l’hyène, toi, si petit, tu pré- « tends avoir un nom aussi grave que Morolou « et un aussi gros personnage que moi s’appel- « lerait d’un nom aussi piètre que Lountandin? « Point, mon compère, tu t’appelleras Lountan- « din et moi Morolou. »
— « Allons ! comme tu voudras, ditle lièvre, « comme à regret, il est donc bien entendu que « tout ce qu’on apportera pour Lountandin sera « pour moi et tout ce qu’on dira pour Morolou « sera pour toi ? »
— « C’est entendu », dit l’hyène.
Ils entrèrent dans une maison et furent bien accueillis.
A l’heure du repas, une femme portant un plat s'approcha des étrangers et dit : « Lountandin, voilà ton souper. »
Le lièvre prit et mangea; l’hyène n’eut rien.
Le lendemain nouveau plat pour Lountandin et encore rien pour Morolou.
Or, dans la nuit, le lièvre se leva, alla dans le foyer, y fit un trou et y déposa ses crottes.
Les ménagères Khassonké sont levées de bonne heure et s’occupent de suite à nettoyer la cuisine. En balayant, la femme remarqua
cette terre fraîchement remuée et, y ayant mis le doigt, s’exclama aussitôt : « Morolou 1 ! » .
L’hyène furieuse se sauva en disant : « Les « bonnes choses sonttoujours pour Lountandin 2 « et jamais pour Morolou, je ne l’oublierai pas. »