BOTTE DE PAILLE
(ChanioD khassonké).
Que ceux qui soDt protégés contreles sorciers
me viennent en aide!
11 était une vieille femme qui avait eu beaucoup d'enfants, mais à laquelle un seul restait : c'était un garçon.
Un ami dit un jour à ce ieune homme : « Tu « ne sais sans doute pas que ta mère est une « sorcière, que c'est elle qui a mangé tous tes e frères et que tu auras le même sortî •
Le jeune homme avoua son ignorance de ces choses et affirma bien haut que sa mère n'était pas une sorcière.
— e Eh bien, dit l'ami, cette nuii même les sorcières viendront danser sur le béra (place publique) et il ne tient qu'à toi de voir ta mère
— " Comment ? o demanda le jeune homme.
— Voici: je vais metire une grosse botte « de paille sur le béra, tu te cacheras dedans, B nul ne soupçonnera ta présence et tu pourras « voir tout à ton aise. »
Ainsi fut fait.
Or, le compagnon du jeune homme — et à l'insu de ce dernier — était un sorcier qui voulait du mal à sa mère. La nuit venue, à la sarabande des sorciers sur le béra, le jeune homme vit sa mère et il entendit un sorcier crier :
— « Que la botte de paille regarde et elle verra sa mère. »
Le lendemain, le jeune homme tua sa mère.