I . Les agapes, qui réun membres d'une même
e, d'heureuses
fréquemment tes qui s'offrent
Chaque associaiîon a son chef, mais toutes reconnaissent, plus ou moins, l'autorité d'un « Chef des Jeunes a. Ce chef des Jeunes est l'organisateur des fêtes publiques.
C'est lui qui doit recruter des anistes (musiciens, danseurs, conteurs, sorciers,.,) susceptibles d'amuser la société. Parfois il est lui-même excellent diseur et conteur remarquable.
Vers 1898, à Médine, le chef des Jeunes était un serviteur de Sadio Sambala, chef de la ville. Cet homme, fort intelligent, était un pauvre être rongé par la lèpre amputante. Cette terrible maladie avait réduit ses mains à de tristes moignons, dont il tirait cependant d'excellents services, car c'était un potier fort habile. C'est à ce
aux esprits distingues d'exercer leur verve, leur humour ou leur imagination. C'est souvent dans ce milieu, sans prétention et tout bienveillant, que s'éveille et s'affirme un talent de lin diseur, ou que s'essaie l'imagination d'un conteur souvent grivois et quelquefois grossier. En sorte que, en dehors de leur rôle philanthropique, ces associations coDiribuem indirectement à la production littéraire.
lépreux que nous sommes indirectement redevable d'un certain nombre des contes qui vont suivre ; il les tenait lui-même des artistes qu'il avait engagés pour les fêtes publiques".
Souvent ces artistes sont, tout à la fois, conteurs, chanteurs et danseurs.
Ce filet se paquet de
I . Chez les Khassoitké, ces fixes ont pour la circoncisioa et l'excision. Pour sion, l'artisic de circonstance porte le i kourango ; il a lout le haut du corps voi que sorte, par un filet k larges mailles, termine au sommet de la t£te par un piquants de porc-épic el, vers le bi par des pampilles; une ceinture en à la taille. Le gankourango porte suspendu aux poignets des queues de vache, qui, au Soudan, remplacent la baguette magique; enfin, il accompagne sesexercices chorégraphiques de passes rapides el brillantes, qu'il exécute avec un sabre court, à lame
Pour i'cicision, le héros des fStea se nomme le marna dyombo (litt. le grand père au bouquet). Il disparaît sous une manière de c6ne d'étoffe brun jaunâtre, que surmonte une petite touffe de rubans et d'amulettes. C'est à cette touffe, ou bouquet, qu'il doit son nom, 11 se compare lui-même, souvent, ^ une ternitière, dont il a, en effet, l'aspect. Ses danses sont des exercices d'acrobatie parfois fort comiques,
D'aucuns ont spécialement pour métier de ciiasser les esprits du mal, qui rôdent autour des jeunes circoncis ou des jeunes excisées : tels sont le gankourango et le marna dyombo. Ils appartiennent, alors, généralement à la caste des forgerons et composent eux-mêmes les pièces qu'ils débitent.
C'est au cours de leurs danses spéciales, le soir, au clair de lune ou à la lueur blafarde d'un feu de tiges sèches de mil, qu'ils chantent les hauts faits légendaires des guerriers ou les atrocités terrifiantes des esprits du mal.
Leur langage n'est pas toujours facilement intelligible au vulgaire, car ils emploient fréquemment des termes qui appartiennent à des dialectes différents '.
I. Faut-il voir là une maDière de langage professionnel, une sorte d'argot 7 Peut-Ëire. Ou bien encore faui-il peuserquc ces iodividus, qui vont d'un pays dans un autre, où le dialecte est diflérent, finissent à la longue par user d'une sorte de volapuck. C'est encore possible. Mais, en tout cas, on nous a fait remarquer que souvent aussi les mots.
Outre ces fêtes publiques, il y eut autrefois, et il y a actuellement encore quelquefois, des sortes de fêtes de cour.
Les grands chefs noirs aimaient à entretenir autour d'eux unnombre plus ou moins grand d'artistes, qu'ils faisaient venir de fort loin et à grands frais. Ce luxe retentissant et coûteux, ajoutait à leur gloire;
apparemment inintelligibles, qulls emploient, sont seulement des vieux mots dont l'usage, et par suite la signification, sont généralement oubliés.
Nous devons encore ajourer qu'autrefois, lors des guerres interminables entre rois nègres, les gens de caste, et particulièrement ceux dont la profession consistait à chanter les louanges des puissants et les exploits des braves, étaient toujours épargnés. Leur faconde vénale était toujours acquise au plus fort ou au plus offrant. Ils étaient méprisés et craints. Ce sont eui, bien souvent, qui ont été les créateurs des noms propres de personnes chez les indigènes : car ces noms ont tous été, à l'origine, des surnoms tirés d'une qualité ou d'un défaut de l'individu, d'une circonstance de sa vie... Or, comme ces troubadours, en changeant de maîtres, changeaient de pays, ils devaient aussi changer de langage, ce qui les amenait à parler une langue hybride ou, parfois même, composite, dont on retrouve encore les traces dans les vieilles épopées, que redisent les griots actuels.
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car les artistes ne manquaient jamais de forger de toutes pièces, à la louange de leur hôte, une histoire d'autant plus merveilleuse qu'ils avaient été traités avec plus d'égards et de somptuosité.
Et c'est ainsi qu'au cours de leurs pérégrinations ils ont répandu ces légendes, dont les noirs sont si avides, et qui, reprises et modifiées, ici et là, ont constitué l'inextricable réseau d'où il est actuellement si difficile de démêler la vérité historique.
Mais, outre ces professionnels, les conteurs ne manquent pas : ce sont des individus à l'imagination vive, doués d'un grand sens d'observation et, parfois, d'une certaine originalité très personnelle. Tel ce Mahdi Kama, de Gouméra, qui fait les délices de ses compatriotes.
C'est à la veillée que ces conteurs aiment voloniiers à se produire et, aussi, pendant les longues heures de la sieste, à l'ombre des arbres touffus. Leur renommée ne passe guère le cercle de leurs intimes. Tout au plus sont-ils connus dans les villages des alentours. Aussi, leurs créations ne leur sur-
vivent guère; à peine sont-elles recueillies de mémoire par quelques auditeurs attenliTs et intéressés.
Enfin, une littérature spéciale mérite au moins d'être signalée : c'est celle des sociétés secrètes. Chacune de ces sociétés a son répertoire de chants et de récits appropriés, mais dont, quant à présent, nous n'avons pu avoir de spécimens.