‹ Souffrir passe! ... [microforme]Chapitre 3 sur 6 · M" US · texte numérisé non relu

M" US

comme je l’ai dit plus haut. Les desseins de Dieu sur les personnes qu’il destine à une éminente sainteté sont suivis de pesantes croix. ÆEt quelle consolation pour vous, qui souffrez; si vous connaissiez votre bonheur! L’on souffre enfin, parce que l’on est chrétien et membre de Jésus-Christ, le chef adorable &e tout son corps mystique. Donc, pour être véritablement membre de Jésus cruciflé, il faut être attaché en croix avec lui, c’est ce que dit le grand Apôtre, quand il enseigne que ceux qui sont à Jésus-Christ sont des crucifiés.

Nous ne pouvons pas connaître les raisons de nos croix, mais il y en a toujours de très grandes, que nous ne connaissons pas, mais que nous devons adorer et aimer. Si nos croix sont justes, elles nous sont toujours utiles et glorieuses, c’est ce qui est infiniment consolant.

On raconte de Ste-Chantal que, priant un jour pour être délivrée de ses peines, Notre Seigneur lui dit: L’homme de douleur u’a pas été exaucé, ne pensez pas l'être.

LL ( timer nos croix autant qu'elles méritent.

* Je sais bien tes croix, disait un jour le

Sauveur au Père Balthazar Alvarez: je taime mieux que tu ne t’aimes toi-même:

il est en mon pouvoir de te délivrer de tes maux si je le veux, et cependant je ne le fais pas. Que l’on regarde tout ce qui s’est passé depuis la publication de l'Evangile, et l’on verra clairement que l'esprit de Dieu, qui est toujours le même, n’a fait réussir ses plus grands desseins que par les croix. Qu’on lise toutes les vies de Saints, et l’on verra s’il é’est servi d’autres

moyens pour les élever à l’éminente perfection où ils sont arrivés.

Il faudrait savoir ce que c'est que le ciel, ce que c’est qu’une éternité de gloire, ce que c’est que Dieu même, pour avoir une Juste estime de la croix, puisque, en nous séparant de la terre, en nous détachant des créatures, en nous faisant renoncer à nous-mêmes, elle nous introduit dans l’éternité glorieuse à jamais. Après cela nous . avons beau faire, nous ne pouvons pas es-

… Il est certain qu’une âme éclairée fera plus d'état d’une bonne eroix que de toùtes les richesses de la terre, d’un bon affront que de tous les honneurs du monde.

Les ignominies et les confusions lui sont plus chères que tous les applaudissemets des hommes. Elle aimerait inieux une humiliation, et qu’on lui jetât de la boue au visage, que de se voir caressée et estimée, Cela étant, il est tout clair que nous sommes très indignes de l’honneur des souffrances. Les pauvres, disait la bienheureuse Angèle de Foligny, les abjects, les humiliés, les petits, sont les favoris de J ésus- Christ, qui ont l'honneur d’être assis à sa table et de manger avec lui, étant nourris des mêmes mets; car le Fils de Dieu a été nourri d’opprobes et de pauvreté.

St-Jean de la Croix le savait bien, lorsque cet adorable Sauveur lui mettait à son choix de lui demander ce qu’il voulait :

pour récompense des grands travaux qu’il avait soufferts pour sa gloire: Seigneur répondit le saint, je vous demande surtout

de souffrir et d’être méprisé pour vous. C ‘mon âime, le reste de nos jours, n’ayons donc plus que des respects extrêmes pour les voies crucifiantes. HEstimons bienheureux ceux qui sont haïs, chassés, rebutés de tous; ceux qui sont dans les pleurs et les larmes: Que toutes les maisons qui sont marquées du signe de la croix, soient pour pous des choses vénérables. L'on respecte avec sujet les images de la croix, qui ne

= gont que de bois ou de papier: à plus forte

raison vénérons les images vivantes, comme sont tous les chrétiens affligés. Et . ne savons-nous pas que les hopitaux, lieux . de malades et de douleut, ont le grand pri- : vilège d'être appelés les hôteïs-Dieu, privi- . lège qui, dans l'usage, leur est tout singulier? Oh! quel bonheur! si nous rencon- : trions quelque personne qui fut le rebut du monde, qui ne sût pour ainsi dire où reposer la tête, qui fût délaissée, abandonnée de ses proches et de ses meilleurs amis:

‘oui, mon âme, par honneur à un état si + Saint, nous devrions baiser la terre par où

lle passe, car enfin la croix, partout où elle faraït, mérite une vénération toute particulière. Hélas! il faut pourtant bien le dire, les personnes les plus pieuses ne veulent ni de la croix ni des personnes qui la portent,

Que nous devons aimer Ia Croix.

Dominus est !.…. “ O’est le Seigneur! … ;

L'amour suit l'estime: nous aimons les | choses en proportion de l’état que nous en faisons. Nous venons de parler du prix de | la croix. Disons maintenant ce qui peut porter la dernière conviction dans l'esprit: : Jésus, notre doux Sauveur, les a aimées :

donc elles sont aimables. ŒElles ont été pour lui son trésor, sa joie, sa gloire, ses b, délices. Il a épousé la croix dès son entrée dans le monde; il est l’homme de douleur; il ne la quitte pas, il y vit, il y meurt. Il ne lui suffit pas de dire qu’il la désire, mais il assure qu’il la désire d’un désir, c’est-à-

dire’ d’un désir que les anges et les hommes doivent adorer, mais dont ils ne peurront jamais pénétrer la grandeur.

L’'Apôtre St-Paul, entrant dans les sentiments de son divin maître, proteste qu'il est non seulement remphi de consolations,

mais qu’il surabonîie de joie dans toutes . ses tribulations. Maïs il est vrai que la joie

chrétienne ne dépend en rien du sensible:

“ elle a son siège dans le entre de l’âme, où

souvent elle n’est pas apercue de la partie

infirieure, même raisonnable. Elle y de-

Lo

| meure cachée pour y demeurer dans . sa D pureté. Elle compatit très bien avecla tristesse de la partie inférieure, ce quiest évi- Ge “dent en Notre Seigneur Jésus-Christ. L’apô-

- -tre qui dit (1 Cor. VII, 4) qu’il surabonde de ” joie en toutes ses tribulations ne laisse pas . d'avoeur qu’elles l'ont affligé au point de lui faire porter la vie en dégoût. Ce qui mar- ‘que évidemment qu’il le faut satendre de

la Joie qui est en la suprême partie de l’A-

me, autrement il serait en contradiction.

,. Donc, il suffit que la joie soit dans la ci-

me de l’âme, qu’elle prenne son contentement dans l’ordre ‘de la divine conduite sur elle quoique souvent et presque toujours, l’âme ne ’ressente qu’une tristesse accablante. (Cette joie toute spirituelle n’empêche pas même les plaintes modérées de la partie inférieure, lorsque les sens ressentent toutes les afflictions, et qu’ils se plaignent, Notre Seigneur les regarde comme de petits enfants qui pleurent :

quand on les châtie, Qui les voudrait empêcher de pleurer les étoufferait. Quelle glorieuse fortune, selon l'esprit de Jésus- Christ que cellè des souffrances. Je sais qu’elles sont rudes pour notre pauvre nature, mais apprends, Ô mon me, que les croix sont des perles précieuses pour :le ciel. RARE HN A

Aussitôt qu’il nous arrive quelque affic-

tion, soit «au corps, soit à l'esprit, mettons-

nous à genoux pour en remercier la divine Providencé: et plus la croix est grande

plus elle mérite de reconnaissance. Le père

Jean Chrysostôme, de l’ordre de St-Fran-

cois, s'était engag$ par voeu de jeftner cent jours en l’honneur de St-Joseph, s’il pou-

vait obtenir du bon Dieu, par son intercession d’être méprisé de tout le monde. Un seigneur d’Angleterre ayant perdu tout son bien, et étant réduit à la plus grande pauvreté, fit chanter le Te Deum en action de grâces dans une communauté. Si l’on remercie Dieu dans la guérison d’une maladie, dans la délivrance d’une fâcheuse affaire, à plus forte raison dans l'événement d’une bonne croix, car elles sont en réalité les plus riches présents du ciel.

O grande miséricorde de notre Dieu, qui semble quelquefois renv. “er toutes choses, pour nouS accorder le grand bonheur de souffrir, Vous verrez des pères abandonner leurs enfants, des enfants maltraiter leurs mères, des maris répudiant leurs femmes.

en les faisant souffrir de mille manières un long martyr; vos meilleurs amis vous délaisser, ou bien encore la mort vous arrachant un enfant bien-aimé, un père, une mère Chérie ; certainement ces grands coups

Hop

du ciel sont des coups de grâces. Etonnonsnons-nous avec sujet si nous en sommes honorés ; mais ne cessons jamais de nous en étonner. Le don des souffrances est une grâce trop précieuse pour des gens tels que nous, cela est bon pour les favoris de Dieu. Et si, dans notre vie, nous avons reçu ce don de la souffrance, remercions-en la Vierge Marie qui nous l’aura obtenu de son divin Fils, car elle en sait tout le prix. Les souffrances de la glorieuse Vierge Marie, dit St-Bernardin, ont été incomparables en leur grandeur, de telle sorte, que, si elles avaient pu être divisées et répandues dans toutes les créatures qui peuvent souffrir, elles leur auraient donné à toutes la mort, (Li. III, art. 2, chap. 4.)

La raison est, que la douieur est proportionnée à la connaissrnce de la gran“eur du mal qui nous afäige, et elle s'accroît à mesure que. la lumière que nous en avons s’augmente. Or, la Très Ste-Vierge a plus souffert que tous les saints, parce que son Fils crucifié était le sujet de sa douleur; sa

connaissance était suivie d’amour, son À et amour était égal à ses lumières, elle avait pie des sentiments qui ne se peuvent dire de | qu’

la grandeur de Jésus crucifié, qui faisaient Ÿ elle ie sujet de ses douleurs, et elle avait pour nes ‘lui un amour incomparable. Comme elle a en : plus aimé que toutes les créatures: il est do

indubitable qu’elle a aussi plus souffert, la les douleur, dit St-Augustin, ayant vont fonde- de ment l’amour. leu

Ste-Brigitte nous apprend que Marie, par aim

nt une lumière prophétique, connaissait toutes | la 21 : les particularités de la passion de son Fils ger unique. Un savant religieux. considérant rio! que Notre Seigneur n'avait fait que goûter sai un peu de la portion du vin de myrrhe qu’on lui avait présenté sur la croix, ce n’est pas sans mystère, dit-il, c’est qu’il Youlait que sa sainte mère bât le reste de ce Calice amer. Je ne crois pas, dit le dévôt 4 St-Bernard, que les douleurs de la Très Ste- | 4 I Vierge puissent jamais être ni expliques, | de ni connues, Mais souvenous-nous que celle | Y'a] qui souffre de la sorte est notre douce mère, |

>, Son avait

ire de

isaient t pour elle a il est ert, la fonde-

e, par toutes n Fils lérant roûter \yrrhe X, ce qu’il

te de

dévôt s Steques,

celle mère,

: — 87 — et que nous avons été faits ses enfants au pied de la croix, et que c’est pour nous qu’elle est une mère de douleur, comme elle le disait à Ste-Brigitte: peu de personnes m’aiment véritablement, parce qu’il y

en à bien peu qui ont compassion de mes

douleurs. C’est une bien douce pensée pour les âmes crucifiées de se souvenir des croix . de la Mère de Dieu, en se désoccupant de leur propre souffrance. Cette Reine bienaimée nous donnera à manger du fruit de la croix: il en faut goûter, il en faut manger, et il faut absolument que nous digérions une mourriture si solide et si nécessaire.

La croix est notre espérance.

Dominus est!

C’est le Seigneur !.…

Les croix sont les sujets les plus assurés de nos plus douces et plus certaines espé-

rances; elles sont les plus belles, et les plus

infaillibles moyens de salut. L'âme mar-

RO AE 1e.

Hi ER HU TR Was ANR More dE LE ANDRE RP ent di d

[1] quée à la croix porte les signes de la prédestination. La vie où nous sommes et où bientôt nous ne serons plus, qui passe si vite, et qui à peine laisse le loisir de la regarder, est donnée aux souffrances. Il faut donc y être crucifié avec Jésus.

Tous ceux qui souffrent chrétiennement sont de grands rois dont les chaînes et les prisons sont les sceptres et les couronnes.

Bienheureux donc, ceux qui souffrent, plus heureux ceux qui:souffrent davantage; mais très heureux ceux qui sont crucifiés de toutes parts, qui ne savent ou reposer la tête, ou soutenir leurs corps que sur la croix, qui sont des croix vivantes, qui n’ont aucune partie du corps ou de l’esprit qui ne soit crucifiée; cette vérité est plus claire que si elle était écrite avec les rayons du soleil, | Ah! que les peines de cette vie passent vite! et que les récompenses que Dieu leur donne sont longues! ah! qu’il est doux, qu’il est avantageux de vivre et de mourir dans l’acabldment des croix! Nous sommes les

te q et taill il el laisse mon mys Cetl due bier qui

[2 a préet où sse si la rel faut

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rent, ntage; cifiés poser sur la p’ont jui ne claire as du Ssent | leur qu’il daas s les

pierres vivantes dont doit être bâtie la grande cité du paradis, dans laquelle tous les élus auront une demeure divine. Si nous, qui sommes ces pierres mystiques, nous sommes coupés et taillés par un grand nombre de tourments, c’est une marque évidente que notre maïson céleste doît être ample et magnifique. Les pierres qui ne sont pas taillées et coupées, sont jetées aux ordures: il en va de même des réprouvés, qui sont laissés à leurs désirs et aux honneurs du monde. ii

Il est vrai que la parole de la croix est un mystère que Dieu ne révèle qu’à ses saints.

Cette sagesse de l’Evangilé n’est pas entenue par, les sages du siècle: elle est même bien peu comprise par la plupart de ceux qui font profession de la dévotion: ordinairement les voies de la croix les font trembler, et ils souffrent à la seule pensée des souffrances. |

Oui, à mon Dieu, vos plus grands ouvrages se font dans le néant. Vos plus magniflques édifices ne, s'élèvent que sur'les ruli-

nes qui font peur. Les pierres vives qui les composent, ce sont celles que le monde jette aux ordures; tous les siècles font voir cette sagesse de Dieu; mais les hommes n'ouvrent les yeux que bien tard; ils la découvrent dans les siècles qui la précèdent, et ne la voient nullement dans les temps eù ils vivent.

Votre tristesse se changera en joie.

Dominus est !… J'est le Seigneur !.…

Oh! la belle science, que de savoir sauver son âme et se préparer à bien mourir! c’est ‘1à la science des sainis, science que Dieu accorde à ceux qui la lui demandent. Si nous savons tout, excepté nous sauver, cela ne nous servira de rien. C’est 1à ce qui faisait dire à St-Augustin: ‘“ Eh quoi, s’écriaitil, les ignorants ravissent le ciel: et nous, sages du monde, que faisons-nous ?

La cause de cette folie des hommes, c’est qu’ils né pensent qu'au présent, à la terre,

qui les e jette * cette

n’oudécouetne eù ils

Joie.

t !.… ur !….

auver c’est Dieu NI , cela, i fairiaitnous,

c’est erre,

Eu < QU

et nullement à l’avenir. 1ls sont tout à leurs affaires. Le roi Ezéchias disait en gémissant: “ Le Seigneur a coupé. le fil de ma vie, comme le tisserand coupe sa trame à peine commencée.” (Js. 38. 12) ‘Ah! que.de paurves gens, tout occupés à tirer le mieux qu'ils peuvent, leur toile, c’est-à-dire, à former et, à poursuivre leur projets, combinés avec tant de mesure, sont tout à coup surpris par la mort, qui tranche tout! Bt que sont tous ces projets, sinon des toiles d’araignée ? (Js. 59, 5) L'araignée s’épuise pour faire sa toile, afin de préndre une mouche; à ciel! que de pauvres hommes s’épuisent, se fatiguent pour mille bagatelles, qui ne valent pas une mouche!

Dans les plages où la mort les transpcrte, savez-vous combien valent leurs domaines, leurs champs, leurs vignes, leurs maisons de campagne et leurs parcs? Zéro.

Leurs billets de banque? Zéro. Leurs actions de chemin de fer? Zéro. Leurs sacs d'or? Zéro. Leurs sciences, leurs découvertes? Zéro, et rien que Zéro. Ils ont dormi

leur sommeil, et ‘ous ces hommes de ricnesses et de plaisirs n'ont rica trouvé dans leurs mains, (Ps. 15.) Eux-mêmes le reconnaîtront, mais trop tard; et dans leur désespoir ils s’écrieront: Nous nous sommes donc trompés !

Nous nous sommes épuisés à chercher la vie où. elle n’est pas. Pitié, mon Dieu, pour ces pauvres tisserands de toiles d’araignée!

Mais, Ô divine Providence, pour que ses enfants ne se perdent pas, par une attache désordounée aux biens de ce monde, Dieu leur envoie la souffrance pour les préparer à une sainte mort: c’est là le grand remède:

savoir bien souffrir! Les souffrances bien endurées de la dernière maladic surtout, servent à former la plus belle et la plus grande partie de la couronne que Dieu réserve à ses élus. Mais, hélas! qui connaît la science dc bien souffrir? Pour que la souffrance soit méritoire, il faut la patience, la confiance, l’esprit de prière, le sacrifice de sa vie. Le

St-Jean a vu tous les bienheureux vêtus de blanc et tenant des palmes a la main,

ESSES leurs tront, ir ils nnpés !

er la pour gnée!

e ses tache Dieu parer nède:

bien tout, plus éserît la soufe, la e de

)ÊtUSs vain,

(apoc. 7. 9.) La palme est le symbole du martyre; cependant tous les saints n'ont

pas été martyrisés? C’est, répond St-Grésoire, que tous les saints ont été martyrs,

soit par le fer, soit par la patience; et nous pouvons, ajoute-t-il, l'être comme eux, il suffit de pratiquer la patience. “ Penses-tu, ma fille, disait Notre Seigneur à Ste-Thérèse, penses-tu que le mérite consiste à jouir?

Nullement, il consiste à travailler, à souf-

frir et à aimer.”

St-François de Sales avait un profond respect pour les âmes souffrantes: ‘ Tant que je vous verrai afäigée, disait-il à une personne malade, je vous porterai une révérence toute particulière comme à une créature visitée de Dieu, habillée de ses habits, et son épouse chérie.”

La souffrance est un grand moyen d’expier nos fautes. Le péché est un abcès qui se forme dans l'âme: si la douleur ne vient ôter l'humeur corrompue, l'âme est perdue.

Comprenez-le done bien, dit St-Augustin,

quand le Seignenr vous envoie Ja souf- : :

ST GE VERRE ét : : e ë vi à sr “a * Lie CRE È > :

france, il le fait en médecin charitable, et c'est le remède destiné à vous sauver. Dites donc encore avec St-Augustin:

Seigneur, brâlez, tranches, ne m'épargnez pas ici-bas, afin que vous m'épargniez dans 1 Etcrmité. Heureux donc celui qui souffre avec patience, car, après avoir 6t6 éprouvé, il recevra la couronne de la vie éternelle.

Les tribulations de cette vie sont une marque de prédestination. Tâchez de ne pas laisser échapper des paroles d’impatience

‘ ou des plaintes; vous ne tarderez pas à gofter le fruit de cette victoire: Je donnerai au

vainqueur une manne cachée, dit le Seigneur. qu’ Quand une personne embrasse sans délai gai

la croix ‘que Dieu lui envoie, Oh! quelle U ell douceur le Seigneur lui fait trouver dans la toi

. tribulation même qu’elle endure! - | co

. St-Félix de Cantalice, au fort de ses souf- ir frances, se mettait à chanter, et il disait à at ceux qui le visitaient, en leur montrant ses de

- plaies: “ Voici, mes frères, des fleurs du 5 >4. Paradis.” | è | gi . : Les malades qui souffrent et qni ne sa- 4

vent pas se conformer à la volonté divine, sont les gens les plus à plaindre du monde, non parce qu’ils souffrent, mais parce qu’ils ne connaissent pas les richesses que Dieu leur offre dans les Sopffrances. Notre Seigneur révéla à Ste-Gertiude que, dès qu’il | voyait une âme afligée, «il se sentait attiré ( vers elle, et qu’il faiSRf ses délices d’être | avec les, personnes raides ou Halhearer

pas sert soit

ence Sachez que votre iaïhdie est la pierre de |

goñ- touche qui fera connaître si vous êtes ce

É aù l'or ou du cuivre. Gestaines personnes, tant |

eur, | qu’elles sont bie®.portantes, paraissent

lélai gaies, patientes et dévotes, mais quand

1elle LL elles sont : visitées! par la souffrance elles -

S la tombent dans mille fautes, et semblent in- Ë consolables: elles {éttoignent de l’impatien- |

Juf- ce envers tout le monte, même envers ceux x

It à qui les assistent par charité; la moindre

ses Ÿ douleur, leur fait pousser des gémisse- 5

du ments; elles se plaignent du médecin, de la ::

garde-malade, des remèdes. Voilà le cuivre.

qui se montre au lieu de l’or. ;

is :: mon? n'est-ce pas pour plaire à Dieu? Eh

je pas dire ce que je souffre?—Il ne vous est pas défendu de dire vos souffrances quand elles sont grawes; mais quand elles

. Sont légères, c’est ‘une. faiblesse de vous en

plaindre à tout le fnèênde. Si les remèdes ne

parviennent pas à ous délivrer de votre :

mal, pratiquez la patience. Oh! quel grand remède pour tout tpälade que cette belle parole : Que votre volonté soit faîte !

Où est donc la chhrité? dites-vous; voyez ‘comme on m’oublie sûr ce lit de douleur?

Pauvre malade! on rous oublie; mais vous n’avez-vous pas oublià Sésus-Christ, qui est mort abandonné sur. une croix pour votre ‘amour? À quoi bon nûs plaindre? reprochez-vous seulement æn vous-même d’avoir

st peu d'amour pour Jésis, et si peu de pa-

tience.

Ce’ que je regrette le plus, direz-vous encore, c’est qüe je ne puis ni aller à l’église, ni communier.— Dites moi: pourquoi voudriez-vous aller à l'église et à la commu-

| Mais, direz-vous, je souffre tant! ne puis-

bien! maintenant il plaît à Dieu que vous n’alliez ni à l'église ni à la communion, mais que vous restiez sur ur lit de douleur, pourquoi vous en gfliiger? Le vénérable Jean d’Avila écrivaif “ùf jour à un malade:

‘“ Mon ami, ne vous’ * æpliquez pas à examiner ce que vous ferjez,« “si vous vous portiez bien; mais contentez-yous d’être malade aussi longtemps qu'il: plaira à Dieu.” La maladie est le chémhf royal des saints, Ecoutez cette historez ‘+. Dominus est !.… | °... C’est le Seigneur !.. |

Une jetine fille Gé-douze à treize. nommée Lidwine, marchant un jour sur la glace, tomba et se "ca $sa une côte; quelque temps après il lui vint au côté un gros abcès qui perca de lui-même à l’intérieur, infecta tout son corps et la rendit paralytique. Ses parents très pauvres n’en prirent aucun soin, de sorte que le mal s’accrüt..

pue éprouvait à la tête des douleurs aiguës,

son. front n’était qu'une plaie, èt son menton entr’ouvert se remplissait de caillots de sang, de telle sorte qu’elle ne pouvait ni manger, ni parler. Fille n’y voyait plus que d’un oeil, et cet oëil était tellement rempli d’humeurs, qu’elle De! douvait souffrir la lumière du jour, ses.-déuts lui causaient de Cuisantes douleurs. «Joignez à cela un flux . de sang continu pañf°Ei ‘bouche, les narines, les oreilles. La fièvre.me.la quittait plus. Ses parents fatigués de Avoir dans ce triste état disaient qu’elle n’était née que pour leur tourment. Comme elle. restait toujours couchée sur le dos, ne pyuvant faire aucun . mouvement, sa chair se corrompait et se collait à sa pauvre paillagé Elle vécut ainsi pendant trente-huit .ans, en supportant mille mauvais traiteménts. Cependant, la ‘pauvre enfant ne cesédit de bénir le Seigneur, unissant toutes ses souffrances à la passion de Jésus-Christ. ‘ Quand, disaitelle, je regarde mon Jésus attaché à la croix, je ne sens plus mes maux. La dou-

. ga] bo:

leur me fait pousser des cris, mais mon.

coe ble

pot

ent

lui

lai te]

coeur ne cesse de répéter: Ô Jésus, redoublez mes peines tant qu’il vous plaira, pour- . vu que vous redoubliez aussi mon amour pour vous.” Si quelqu'un la plaignait, elle répondait: “mon mal n'èst rien; car je suis entre les mains d’usg-bonté infinie.” Quand on lui disait: “Lidwihg, suppliez le Seigneur d’éloigner de vous tiñt°de maux.”—Je m'en

-Sarderais bieri, répondäit-elle, Dieu est un bon père dont j'adqré les jugements sur

moi, il frappe, maig‘f aime.” Mille fois on lui entendit répéter: “Le” désir de vous voir au ciel, Ô mon Die, me dévore et me con-

sume, mais je préfét® votre div'ne volonté,

laissez- moi dans la souffrance aussi longtemps que vous le voudrez, cependant l’heure de la délivrance allait sonner. Lidwine en fut avertie par ‘févélation; aussitôt elle fait venir ges parents près de son lit, et cet ange de douceur leur demande pardon pour toutes les peines qu’elle avait pu leur causer. Peu après, Jésus, Marie et les anges viennent Pinviter aux noces éternelles. A

cette tue, elle pousse un cri de joie et d'a- 4

‘mour, et expire. À la nouvelle de cette mort, le peupic accourt, et veut voir la petite sainte qu’on avait recouverte d’un voiïle, afin de cacher au public l’aspect hideux de Son cadavre à demi vorsume. O merveilles!

tout à coûp Lidwine-se transforme. Ses plaies, ses zicères, là ““difformité de son visage, tout disparaît. Leg yeux, les joues, le . menton, les lèvres, tout. ç ee qui avait été ensanglanté, fendu, redplenäit d'un éclat surhumain, ses lèvres $oupiaient divinement.

Jamais on n'avait vu ‘visage aussi céleste, une chair aussi vermell: “ Ah! qu’elle est

belle !” répéétait las foule émerveiilée :

“uh! qu'elle est belle!” Ses funérailles furent un véritabie trioñaphe. On l’honore à Schiedam, sa patrie, sous le nom de la bien-

.-hevreuse Lidwine ; ses tsofrffrances sont pas-

sées, mais sa récompense ne passera Jamais, elle sera éternelle !

Souffrir passe!... avoir souffert demeure éternellement!

(je)

el

FN ts

Avis aux pauvres malades.

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