‹ Souhaits de bonne anneeChapitre 4 sur 8 · UE DIEU ACCORDE A NOTRE AME SA DOUCE ET SAINTE PAIX · texte numérisé non relu

UE DIEU ACCORDE A NOTRE AME SA DOUCE ET SAINTE PAIX

Je prie notre doux Sauveur de répandre sa douce et agréable suavité sur vous, atin que vous vous reposiez saintement, sainement, tranquillement en lui, et qu'il veille paternellement sur vous, puisqu'il est prince de paix et le très-souverain amour de notre cœur; je le supplie qu'il vous préserve des noires tristesses et inquiétudes, et qu'il se repose en votre cœur, afin que votre cœur repose en lui

Demeurez en paix, mais en la sainte paix de Dieu. Je vous laisse ma paix, dit Notre-Seigneur à ses apôtres avant sa Passion, et en leur per-

sonne à tous les enfants de son Eglise ; je vous donne ma paix- mais je ne vous la donne point comme le monde la donne, mais comme mon Père Va donnée; comme s'il eût voulu dire : Le monde ne donne point ce qu'il n'a pas, quoi qu'il promette, car c'est un trompeur ; il amadoue les hommes, leur promettant beaucoup, et puis enfin il ne leur donne rien, se moquant d'eux après qu'il les a ainsi trompés Mais moi je ne vous promets pas seulement la paix, mais je vous la donne : et non pas une paix telle qu'elle, mais telle que je l'ai reçue de mon Père, par laquelle vous surmonterez vos ennemis et en demeurerez victorieux. Ils vous feront vraiment bien la guerre, mais nonobstant leurs assauts, vous conserverez la tranquillité et le repos en vousmêmes.

Hélas ! au lieu de demeurer fermes en cette confiance, il arrive que nous nous laissons aller à de vaines craintes de n'avoir pas assez de ceci ou de cela ; et, partant, les inquiétudes arrivent, et puis c'est une grande pitié des dégâts que ce manquement de paix fait dans l'âme ! Notre prudence doit demeurer doucement en paix, et faire hommage à la divine disposition qui fait tout tourner au bien des siens. Oh! que ses pensées sont différentes des nôtres et ses vues inconnues à nos sentiments !

En tout événement il faut demeurer en paix dans la volonté de Dieu, pour laquelle la nôtre est faite. Nous arrive-t-il de la peine, ou intérieure ou extérieure ? il la faut recevoir paisiblement. Nous arrive-t-il de la joie ? il la faut recevoir paisiblement, sans pour cela tressaillir. Faut-i! fuir le mal ? il faut que ce soit paisiblement, sans nous troubler ; car autrement, en fuyant, nous pourrions tomber et donner loisir à l'ennemi de nous tuer. Faut-il faire du bien ? il le faut faire paisiblement,

autrement nous ferions beaucoup de fautes en nous empressant ; jusque môme la pénitence, il la faut faire paisiblement. Voici, disait ce pénitent (David), que ma très amère amertume est en paix.

Remettez donc à la plus secrète providence de Dieu ce que vous trouverez malaisé, et croyez fermement qu'il fera une douce conduite de vous, de votre vie et de toutes vos affaires. Otez de 7otre imagination ce qui peut vous troubler ; ne pensez point à ce qui vous arrivera demain, car le même Père éternel qui a soin de vous aujourd'hui en aura soin demain et toujours ; ou il ne vous donnera pas de mal, ou s'il vous en donne, il vous donnera un courage invincible pour le supporter. Tenez-vous seulement bien à la main de sa Providence et il vous assistera en toutes occasions, et où vous ne pourrez marcher, il vous portera ; c'est le propre de ses enfants de se remettre à lui dans les orages et tempêtes. Que devrez-vous craindre, étant à Dieu qui vous a sî fortement assuré qu'à ceux qui V aiment tout revient à bonheur !

Dites souvent à Notre-Seigneur : 0 Dieu ! vous êtes mon Dieu, et je me confierai en vous ; vous m'assisterez et serez mon refuge, et je ne craindrai rien ; car non-seulement vous êtes avec moi, mais vous êtes en moi, et moi ea vous. Soyez tout assuré que plutôt Je ciel et la terre passeront, que Notre-Seigueur ne manque à votre protection, tant que vous serez sa créature obéissante ou au moins désireuse d'obéir.

0 mon Dieu ! que nous serions heureux, si nous pouvions nous accoutumer à faire cette réponse à nos cœurs, lorsqu'ils sont en souci de quelque chose : Notre-Seigneur y pourvoira ; et qu'après cela, nous n'eussions plus d'anxiété et de trouble !

Ainsi puissions-nous faire, car nous posséderons îa vraie paix, si nous ramassons bien toutei nos puissances et facultés intérieures, afin de les occuper toutes en l'amour de notre doux Sauveuf, lequel sans doute ne manquera de nous visiter, afin de nous donner cette paix qu'il donna à ses apôtres bien-aimés.

Or, c'est cette vraie paix que je vous désire, laquelle se conserve et s'accroît parmi îa guerre et les tourbillons des vents, des perse cul ions, humiliations, mortifications et contradictions que nous rencontrons en cette vie mortelle ; afflictions et peines qui serons enfin suivies d'un rebos éternel et de très douces consolations pourvu épie nous les ayons souffertes avec la paix intérieure de l'esprit ; paix de laquelle le prix n'est point au monde, non plus que la récompense, puisqu'elle vous est acquise par Je mérite du sang de notre Sauveur, et que, si vous la gardez bien, elle vous acquerra le Paradis éternel.

Dieu soit béni !

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