‹ Souhaits de bonne anneeChapitre 7 sur 8 · ADIEU. — VIVE JÉSUS · texte numérisé non relu

ADIEU. — VIVE JÉSUS

Je vous dis de tout mon cœur : adieu ; à Dieu soyez-vous à jamais en cette vie mortelle, le servant fidèlement entre les peines qu'on y a. de porter la croix en sa suite, et, en la vie éternelle, le bénissant éternellement avec toute la cour céleste. Que puissions-nous tellement vivre cette année, qu'elle nous serve de mérites pour l'année éternelle !

Mais, n'est-ce pas ? dorénavant nous ne serons plus ces vieux nous-mêmes que nous avons été ci-devant ; mais nous serons des autres nous-mêmes qui, sans exceptions, sans réserve, sans condition, seront à jamais sacrifiés à Dieu et à son amour. Si nous n'avons pas correspondu jusqu'ici à l'amour de ce gracieux Sauveur par une sainte et inséparable union de nos affections à sa sainte volonté, faisons maintenant en sorte qu'au bout de cette année nous puissions mieux aimer cette bonté souveraine.

C'est le grand bien de nos âmes d'être à Dieu, et le très grand bien de n'être qu'à Dieu.

Qui n'est qu'à Dieu ne se contriste jamais, sinon d'avoir offensé Dieu : et sa tristesse pour

cala s s passe en une profonde mais tranf aille et paisible humiiitè et soumission, après laquelle on se relève en la bonté divine, par une douce et parfaite confiance, sans chagrin ni dépit.

Qui n'est qu'à Dieu ne cherche que lui et parce que Dieu n'est pas moins en la tribulation qu'en la prospérité, on demeure en paix parmi les adversités.

Qui n'est «qu'à Dieu pense souvent à lui parmi toutes les occupations de cette vie.

Qui n'est qu'à Dieu veut bien que chacun sache qu'il le veut servir, et se veut essayer de faire les exercices convenables pour lui demeurer uni.

Soyez donc tout à Dieu et ne soyez qu'à lui, ne désirant que de lui plaire, et à ses créatures . en lui, selon lui et pour lui. Quelle bénédiction plus grande vous puis-je souhaiter ! Mais elle se doit obtenir de la main de Notre-Seigneur, et je crois que sa divine Majesté vous l'octroiera si vous la demandez avec la soumission et humilité convenables.

Et, quant à moi, je prie Dieu qu'il comble vos années de bénédictions. Oh ! que de bénédictions mon âme souhaite à la vôtre ! Béni soyezvous en votre cœur et en votre corps, en votre personne et en celle de ceux qui vous sont plus ehers, en vos consolations et en vos travaux, en fcmt ce que vous ferez et que vous souffrirez pour Dieu. Adorant de tout mon cœur cette divine providence, je la supplie de répandre sur votre ©fleur l'abondance de ses faveurs, afin qu9 vous soyez béni en ce monde et en l'autre des bénédictions du ciel et de la terre, des bénédictions eu ciel et de la gloire éternelle. Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit. Amen.

Ainsi donc, par ce souhait que je ferai incessamment sur votre âme, je vous dis adieu.

A Dieu, soyons-nous, et à Dieu sans plus, puisque hors de lui et saas lui nous ne valons rien, non pas même nous-môme que, aussi bien, hors de lui et sans lui, ne sommes que de vrais riens.

A Dieu, mais à Dieu soyons à jamais comme il est nôtre éternellement.

A Dieu soyons-nous éternellement, et nous et nos affections, et nos petites peines, et les grandes et tout ce que la divine bonté veut être nôtre.

0 Dieu soyons-nous à jamais sans réserve, sans intermission, sans mesure et sans fin, au temps et à l'éternité. Qu'à jamais il vive et règne en nos cœurs !

Vive Jésus î et qu'à jamais vive Jésus !

Dites souvent : Vive Jésus ! n'est-ce pas notre mot du guet ? Non ! rien n'entrera dans nos cœurs, qui ne dise en vérité : Vive Jésus.

Vive Jésus ! c'est le grand mot de notre salut. Oui ! que puissions-nous au moins une fois prononcer saintement ce nom sacré de notre cœur ! Oh ! quel baume il répandrait sur toutes les puissances de notre espr.t î

0 Jésus ! remplissez notre cœur du baume sacré de votre nom divin, afin que la suavité de son odeur se dil Ue en tous nos sens et se répande en toutes nos actions. Mais pour rendre ce cœur capable de recevoir une si douce liqueur, reirinehpz-en tout ce qui peut être désagréable à vos saints yeux.

Que nous serions heureux de n'avoir en l'entendement que Jésus, que Jésus en l'imagination ! Jésus serait pa tout en nous et nous partout en lui ! Essayons-nous-en, prononçons-le souvent comme nous pourrons, que si, pour le présent, ce ne sera qu'en bégayant, à la fin néanmoins nous pourrons le bien prononcer.

Mais qu'est-ce que le binn prononcer, ce nom

sacré ? Hélas ! je ne sais pas ; mais je sais seule ment que jour le bien exprimer, il faut avoir une langue toute de Dieu ; c'est-à-dire au'il faut que ce soit par le seul amour divin oui exprime Jésus en noire vie, en l'imprimant daos le tond de notre cœur,

0 amour éternel ! mon âme vous reguiert et vous choisit éternellement ! Ou aimer, ou mourir ' Mourir a tout autre amour pour vivre à celui de Jésus. !

Vive Jésus ! vive son sang !

Vive Jésus ! et qu'il règne parmi nos douleurs puisque nous ne pouvons régner et vivre mi* par celles de sa mort ! d

Vive Jésus ! car c'est notre via.

Vive Jésus ! en tout ce que nous sommes Vive Jésus I et en lui toutes choses Vive Jésus en tout et partout, et surtout au milieu de nos cœurs.

Vive Jésus 1 qu'à jamais son saint nom soit béni ! qu a jamais le doux Jésus soit notre sucre et notre miel ! qu'à jamais il vive et règne en nos cœurs, afin que nous ne mourrions point éternellement.

0 Seigneur Jésus ! vivez à jamais, régnez et à jamais soyez Jbéni dans notre cœur.

G nom glorieux, que la bouche du Père céleste a nommé éternellement, soyez à jamais la superscription de ces âmes, afin que, comme vous êtes Sauveur, elles so?ent éternellement sauvées et que vivant en votre amour éternel, 6 Sauveur de nos âmes, elles chantent éternellement : Vivo Jésus! J'aime Jésus! Vive Jésus que j'aime l J'aime Jésus qui vit et règne dans les siècles des siècles ! Amen.

Vous m'avez commandé que toutes les années je vous écrive quelque chose de cette sorte ; me voilà quitte pour celle-ci, en laquelle je vous supplie d'ôter le plus de vos affections de ce monde que vous pourrez, et, à mesure que vous les arracherez, les transporter du ciel.

Dieu vous bénisse, mon cher lecteur, et vous fasse riche de son saint amour. Que ces choses qui par la grâce et faveur de la charité ont été écrites à votre charité puissent tellement s'arrêter en votre cœur, que cette charité trouve en vous le fruit des saintes œuvres. Vivez longuement, saintement et heureusement entre les vôtres ici-bas, parmi ces moments périssables, lesquels enfin aboutiront à l'année éternelle, en laquelle vous jouirez immortellement de l'auteur de toute vraie prospérité et bénédiction.

C'est le souhait de votre très humble et très affectionné serviteur en Notre-Seigneur.

François de Sales.

Bon jour et bonne étrenne. Vive Jésus 1

Page 1